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Bibles Pastorales... ou Bible(s) dans la Pastorale ?
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Les Bibles pastorales : la question est dans l'air...
 
Les Bibles pastorales : la question est dans l’air. Après la vague exégétique qui a porté l’étude de la Bible a un excellent niveau scientifique et critique, particulièrement dans le monde catholique, le renouveau d’utilisation intensive de la Bible en langue locale par les catholiques - surtout depuis Vatican II et la naissance de la Fédération Biblique Catholique (1969) - infléchit la problématique de la «lecture de la Bible dans l’Église» vers l’herméneutique et  vers la question de la place propre de la Bible dans la construction de la communauté chrétienne.

La demande d’une présentation plus «pastorale» du matériau biblique vient de la base. Le catholique en paroisse, les catéchètes, animateurs et pasteurs cherchent à nourrir leur foi à cette source. Ils y trouvent des obstacles malgré la mise à disposition d’excellentes traductions de différents niveaux de lecture.

Le mouvement biblique catholique, relayé depuis Vatican II par la mise en place, en de nombreux pays, d’une structure spécifique de pastorale biblique (Société biblique catholique ou autre exerçant ce mandat, responsable(s) diocésain(s), animateurs, etc.), a déjà proposé divers outils d’appropriation du texte et du message de la Bible en différentes situations socio-culturelles.  Des modes de lecture ou méthodes d’approches sont proposés ici et là (lectio divina, lecture sainte, etc.). Avec les animateurs de terrain, les éditeurs de Bibles cherchent comment répondre à cette requête.

Du 10 au 19 octobre, les représentants de la Fédération Biblique Catholique (FBC) de la Région «Europe-Latine» avaient leur réunion annuelle à Londres. Le thème central de cette réunion, présidée par Tom Osborne, coordinateur de ce groupe, était une réflexion sur «Les Bibles Pastorales».

Une importante étude du Frère R.-F. Poswick, osb, responsable du  Centre Informatique et Bible de l’abbaye bénédictine de Maredsous, qui présentait également la «Bible Pastorale», la nouvelle édition de la Bible de Maredsous, ouvrait la réunion. Ensuite le groupe a essayé de définir quelques critères pour la réalisation de Bibles Pastorales avant de passer en revue ce qui existait dans les différents pays.


I - Place de la Bible comme livre dans la pastorale de l’Église


1. Des origines au 19éme siècle

On parle ici de la Bible comme livre et non des citations de la Bible. La stabilité du livre, surtout à l’époque du manuscrit, en fera un objet daté, vieilli, dont la distance culturelle, surtout par rapport à l’évolution de la langue, pourra être sensible.

Historiquement, le livre, dans l’éventail des méthodes de communication possibles, a pris de plus en plus d’ampleur. Gutenberg a définitivement fait basculer l’équilibre vers le livre. La notion de scriptura sacra n’est concevable que sur cette base.

Mais l’existence du livre se heurte à d’autres véhicules traditionnels et surtout à la distance culturelle (15 siècles par rapport aux «modèles»); d’où la nécessité d’annotations et commentaires.

La présentation pastorale du message judéo-chrétien, y compris la Bible, présente trois aspects saisissables :

a) Le livre

Il y aurait beaucoup à dire sur le passage de l’oral à l’écrit : différence entre langue parlée et langue écrite, rôle des secrétaires, des scribes, rôle de l’écrit selon les milieux et les époques.

• Du rouleau au codex : de grands papyrologues comme Roberts ont lié la première prédication chrétienne et son succès à la généralisation de l’emploi du «codex». Si cette thèse ne peut être poussée trop loin, il reste le fait que l’emploi du codex se généralise au deuxième siècle après J.-C. et que la diffusion du Nouveau Testament est exclusivement sur codex. L’emploi de codices de petit format a permis une diffusion à bon marché avant que ne se perfectionne la copie de grands codices.

À cette époque, le livre illustré (peu sur des rouleaux de papyrus, pas d’exemple biblique; un peu plus sur des codices de parchemin) reste un grand luxe.L’illustration tend à se concentrer sur certains livres romancés comme Judith et Esther avec même un certain débordement de l’image par rapport au texte.

• Du manuscrit au livre imprimé : le passage de l’un à l’autre sera lent. Pour une plus grande diffusion, il faut plus de lecteurs. Seule l’élargissement de la masse des lecteurs permettra progressivement un abaissement des prix du livre. Mais l’imprimerie va toucher un public plus large grâce aux traductions qui ne limitait plus la lecture de la Bible aux lettrés latinistes.

b) La Bible traduite

Il n’est de Bible pastorale que dans la langue de son lecteur. Les phénomènes de traduction (targum) pour expliquer à la foule sont présents dans le corpus biblique déjà (Esdras-Néhémie). La Lettre d’Aristée et l’entreprise grecque des Septante sont antérieures au christianisme. Araméen, Syriaque, Latin, Goth seront très rapidement des langues de traduction de la Bible.

Les pays de langue latine ont été plus lents que les pays de langue germanique à créer des traductions pour la simple raison que les langues latines ne se sont distinguées que lentement du latin alors que le gothique, l’ancien anglais ou le Alt-hoch-Deutsch étaient très différents et sans parenté visible avec grec ou latin. Les premières traductions sont d’ailleurs souvent des adaptations versifiées ou des gloses marginales à un texte latin (celui de la «Vulgate» de Jérôme ne s’imposera vraiment qu’au 9ème siècle).

Au moment de la réforme, il n’y a jamais eu rejet total du principe de la traduction dans les pays de langues germaniques, car il en existait déjà de temps immémoriaux. Tandis que dans les pays latins où le phénomène de traduction était plus récent, il y a eu un phénomène de rejet accentué par les positions de la Réforme.  Le Concile de Trente ne tranchera pas, mais fixera le canon catholique sur base de la Vulgate.

c) La Bible commentée ou annotée

Les manuscrits étant toujours réservés aux riches (Bibles illustrées) ou aux savants (Bibles glosées), une pastorale de la Bible comme livre n'était évidemment pas possible avant l'invention de l'imprimerie. Mais, à partir de ce moment, ce fut très rapide. Dès le début de l’imprimerie (Lyon, 1473), on voit en effet apparaître des Bibles ou Histoires Saintes illustrées.

Introductions, sommes de la Foi, Arguments, etc., sont très répandus dans les Bibles protestantes au 16ème siècle et elles insinuent les idées réformées plus sûrement que la traduction du texte lui-même. À la même époque, les catholiques réduisent le plus souvent l’annotation au minimum : situation inverse de celle des 19ème et 20ème siècles.

Chez les Protestants, le «Manuel du Chrétien» comportera dès le 16ème siècle, surtout chez les Calvinistes, la Bible traduite, les Psaumes notés, diverses prières pour les circonstances de la vie, y compris les «Sacrements».

Pour accompagner la conversion des protestants français, notamment à l’époque de l’Édit de Nantes, l’Église catholique patronnera des instruments semblables.

Si la traduction de Le Maistre de Sacy paraît d’abord sans notes, après son séjour à La Bastille, le reste apparaît sous forme d’un abondant commentaire tiré des Pères de l’Église, attaché aux versets d’une traduction française. Cela deviendra pour de longues années le modèle de la Bible catholique. On peut penser que les décisions ultérieures (Benoît XIV et après) sur l’obligation d’avoir une annotation dans les Bibles catholiques  dérivent de l’usage établi par le Chancelier Le Tellier en France.

À la fin de cette période (début du 19ème siècle), les Sociétés Bibliques, pour des raisons de coût mais aussi sous l’influence du Calvinisme dur des Écossais, vont éliminer les livres deutéro-canoniques et les annotations. Cela devient une réalité en 1824-1825. Les Sociétés Bibliques vont même diffuser la traduction de Le Maistre de Sacy sans notes.

En considérant toute cette évolution, on pourrait dire qu’une Bible utilisable dans la pastorale est donc :

1) une Bible complète ou partielle, voire une histoire sainte, traduite. Jusqu’au 19ème siècle, cette traduction est toujours en bon langage (l’idée d’un français délibérément simple est récente);

2) une Bible mise en relation, d’une part, avec le lecteur (explications, mises à la portée, vie spirituelle) et, d’autre part, avec la tradition théologique (les Pères de l’Église chez les Catholiques, la théologie chez les Protestants);

3) une Bible largement diffusée et donc à bon marché. D’où l’apparition de Bibles partielles, du Nouveau Testament édité seul, voire la justification de Bibles sans les deutéro-canoniques.

Par ailleurs, la transmission du message, au moins dans la période avant la Réforme et de façon continue dans le Catholicisme, a largement débordé le cadre du livre comme en témoignent l’art et le culte notamment.

2) De l’Apostolat biblique à l’animation biblique de la Pastorale

L’histoire des Sociétés Bibliques protestantes, leur rejet catégorique par l’Église catholique au siècle dernier, le progressif changement d’attitude que marquent les encycliques Spiritus Paraclitus  (1920), puis Divino Afflante Spiritu (1943) permettent de considérer le «mouvement biblique catholique», appuyé sur tous les contacts multiconfessionnels de la guerre 40-45, comme une explosion d’Esprit.

Ce phénomène a été bien mis en lumière par Olivier Beguin, alors Secrétaire Général de l’United Bible Societies, à l’occasion du Concile Vatican II dans Roman Catholicism and the Bible, Lutherworth Press, London, 1963.

La création de la Fédération Biblique Catholique en 1969 marque une étape importante. Son premier nom World Catholic Federation for the Biblical Apostolate (WCFBA) souligne la perspective de l’époque dans laquelle l’apostolat biblique venait s’aligner à côté d’autres apostolats sectoriels : apostolat de la prière, apostolat liturgique, apostolat de la mer, etc.

En référence permanente à la Constitution conciliaire Dei Verbum, la Constitution de cette Fédération Biblique Catholique (FBC) indique dans son objectif la «mission de rendre la Parole de Dieu accessible à tous», notamment par la promotion de «traductions et d’une large diffusion de l’Écriture Sainte», par la promotion d’une «lecture sacrée assidue et une étude poussée» des Écritures auprès des clercs et des fidèles et d’un ministère pastoral «nourri et guidé par la Sainte Écriture».

En changeant de nom à sa 4ème Assemblée Plénière à Bogota (1990), la FBC tranchait un débat déterminant pour l’évolution de sa vision et de ses objectifs : s’agit-il de promouvoir un «apostolat spécialisé» au sein de l’Église ou bien s’agit-il de viser une animation biblique de toute la Pastorale (y compris la «mission» en direction du «monde», des non-chrétiens, etc.) ?

La seconde vision prévaut clairement à l’Assemblée Plénière de Hongkong (Juillet 1996). Dans les interventions de ses réunions, on voit, en outre, le passage d’une référence très spécifique à la Bible comme texte telle qu’elle doit animer et structurer les communautés d’Église, vers une insistance sur le témoignage personnel en référence à la personne de Jésus telle que connue, notamment par les Écritures.

Cette expression de la FBC peut avantageusement être complétée par le Chapitre 4 du texte de la Commission Biblique Pontificale : L’interprétation de la Bible dans l’Église (1993) qui affirme que l’apostolat biblique «a comme objectif de faire connaître la Bible comme Parole de Dieu et source de vie».

Cette vision de l’apostolat biblique s’insère dans un ensemble d’observations concernant l’accueil de la Bible comme Parole de Dieu «adressée au monde entier, dans le temps présent».

«Cette conviction de foi a pour conséquence la pratique de l’actualisation et de l’inculturation du message biblique, ainsi que divers modes d’utilisation des textes inspirés, dans la liturgie, la lectio divina, le ministère pastoral et le mouvement oecuménique».

Cette attitude étend le «ministère d’interprétation» dans l’Église à «Ceux qui, dans leur impuissance et leur privation de ressources humaines, se trouvent poussés à placer leur unique espoir en Dieu et sa justice (et) ont (de ce fait)  une capacité d’écouter et d’interpréter la Parole de Dieu qui doit être prise en compte par l’ensemble de l’Église et demande aussi une réponse au niveau social».

3. Animation biblique de la Pastorale, actualisée et inculturée

Une bonne vision de la réalité de cette animation biblique de la Pastorale telle qu’elle est pratiquée dans sa diversité peut être trouvée dans le recueil publié par la FBC pour son 25ème anniversaire : Audiens et Proclamans, Stuttgart, CBF, 1994, 175 pp.

Les 18 expériences de pastorale biblique dans les quatre régions couvertes par la FBC reflètent  le «mouvement biblique catholique» tel qu’il s’est déployé surtout depuis Vatican II.

Des traits communs peuvent être dégagés des expériences décrites. S’il ne faut pas les énoncer comme des «règles générales» on peut cependant en déduire quelques principes qui définissent une pastorale biblique catholique et peuvent fournir des critères pour publier des Bibles selon ces perspectives.


II - Définitions de critères pour la réalisation de Bibles Pastorales

Voici, en vrac, et dans leur formulation spontanée, les définitions d’une «Bible Pastorale» par chacun des responsables de pastorale biblique dans leur pays ou leur région.

• Une Bible pastorale doit refléter les langages et symboles des peuples pour lesquels ces textes ont été écrits et les transposer et les expliquer pour le monde actuel;

• Ce doit être une Bible avec un langage simple et direct, aussi fidèle que possible au texte original, avec une annotation qui, au-delà de l’explication, donne des orientations pour la vie des chrétiens d’aujourd’hui dans la société. Cette Bible doit être agréable et abondamment illustrée.

• Ce doit être, si possible, une traduction commune à tous les chrétiens d’une aire linguistique donnée, mais déclinée, dans sa présentation, selon les milieux socio-culturels que l’on veut atteindre.

• C’est une Bible qui doit stimuler la réflexion du lecteur et la renvoyer vers des situations actuelles.  Aujourd’hui, tous les sens sont sollicités dans le processus de la communication. Une Bible Pastorale devrait rejoindre ces habitudes de réception des messages et s’inspirer des meilleurs standards de la communication (qualité d’image, qualité graphique, diversité des présentations, etc.).

• Pour les croyants, elle ne doit pas seulement être culturellement proche des habitudes du public. Elle doit permettre une lecture croyante qui rapproche le texte de la vie.

• Elle devrait être une Bible qui aide à l’animation pastorale des communautés plus que des individus. Une Bible qui invite à chercher le sens du texte plutôt que de l’imposer.

L’un des participants s’est demandé si une Bible Pastorale ne devait pas être tout simplement «une Bible qu’on a envie de lire»...

Michael Prior, Président de l’Association Biblique Catholique anglaise, a pris le contre-pied de tous en exprimant l’opinion que toute tentative de créer une Bible Pastorale était celle d’une évasion vers une Bible ad usum delphini. La Bible demande un si long parcours d’intelligence que, ou bien on l’édulcore et on est sélectif, ou bien elle reste inintelligible pour une bonne partie des gens, même croyants cultivés.

Plus formellement, le Fr. R.-F. Poswick a proposé la définition suivante : Une Bible Pastorale devrait être une Bible utile pour un groupe socio-culturel déterminé, Bible qui soit directement accessible pour être une source de vie pour les individus de ce groupe et le «sens» qu’ils ont à donner à leur vie.

La discussion a fait clairement apparaître qu’il y avait deux façons de présenter le texte biblique :

a) Le texte est au centre et un apparat l’entoure pour expliquer le texte. Le texte est dans l’acte de communication du côté de ceux qui le comprennent (exégètes, biblistes) pour être transmis aux autres (qui ne le comprennent pas). Ce type de communication peut s’étendre, éventuellement vers la vie sacramentelle, liturgique, voir les implications sociales/morales du texte, pour dire aux gens le sens du texte pour leur vie.

b) Le texte est dans un réseau de communication comme un élément parmi d’autres (expression de la vie d’aujourd’hui et de la Bible aujourd’hui au même niveau). La juxtaposition met en réseau ces éléments et provoque la recherche de sens. Il y a donc lieu de ne pas tomber dans une canonisation du texte de la Bible qui irait jusqu’à sa sacralisation en tant que texte. C’est la Parole, le message biblique qui a force sacramentelle (Dei Verbum). Et cette Parole déborde largement le texte : elle est explicitement reconnue comme présente dans le livre de la création, dans le livre des événements du monde et de l’histoire avant d’être spécifiquement présente dans l’histoire du salut qui culmine en une personne (non un texte) Jésus-Christ.


III - Quelques éditions récentes de la Bible qui cherchent à rejoindre des critères énoncés dans cette étude


Une étude systématique des différentes propositions de présentation du texte et du message biblique sur base des perspectives esquissées jusqu’ici mériterait d’être menée.

Il n’est pas possible de le faire dans le cadre de cette note où l’on se contentera d’évoquer surtout le domaine francophone. Dans ce cadre, et de façon «typologique» on peut classer ces éditons récentes de la Bible en cinq groupes principaux.

1. Textes complets de la Bible ou portions avec texte complet pour lesquels l’aspect «pastoral» est inscrit dans le niveau de traduction.

La forme de la traduction tente de rejoindre des classes de lecteurs déterminés dont la culture littéraire ne pourrait accéder à une traduction de type scientifique, académique ou théologique.

On rangera dans cette catégorie (pour la francophonie) :

• les traductions orientées vers l’animation catéchétique de communautés spécifiques : Bible de la liturgie (catholicisme), Bible du Rabbinat (judaïsme), Traduction du monde nouveau (Témoins de Jéhovah), Darby (Darbistes);

• les traductions faites en fonction du niveau littéraire des lecteurs : Bible en français courant, Bible en français fondamental.

2. Textes complets de la Bible ou portions avec texte complet pour lesquels l’aspect «pastoral» se trouve dans l’annotation et la présentation.

Ici, la diversité même des présentations de la Bible sert des besoins divers et rejoint des publics variés. Cette diversité a donc, en soi, une portée pastorale importante et doit absolument être respectée et promue à ce titre.

Mais au-delà de toutes les grandes traductions littéraires (Segond-Colombe, Jérusalem, TOB, Osty, Pléiade, Chouraqui), quelques  bibles tentent de rejoindre le monde culturel de publics actuels peu préparés à cette confrontation.

La Bible de Pierre de Beaumont (Fayard-Mame, 1981), la Bible des Communautés Chrétiennes des frères Hurault (Paolines, 1994) dérivée de la Biblia latino-americana, la Bible de Jérusalem avec Guide de lecture (Cerf, DDB, 1979), la Bible Pastorale de Maredsous (Brepols, 1997).

3. Textes complets avec illustrations

On peut rappeler ici  En ce temps-là, la Bible de Frossard (vendu en kiosque en 96 fascicules de 1969 à 1972, traduit de la Vulgate); La Bible dans la traduction d’Osty (29 volumes); L’Univers de la Bible d’André Chouraqui (Lidis-Brepols, 1982-1985); la Bible 2000 (en cours de parution, en fascicules, avec la traduction de la Bible de Jérusalem - souvent vendu avec la proposition d’une cassette vidéo en parallèle, cassette qui n’a rien à voir avec l’illustration imprimée, ni avec l’esprit de la traduction).

4. Résumés, condensés, sélections, histoires saintes

La bibliographie est ici trop abondante pour établir une liste satisfaisante. Évoquons seulement trois exemples. 

• La compilation de la Bible par le Readers Digest.

• Biblica : Un exemple récent et appréciable car il inscrit la Bible au milieu d’une iconographie très actuelle et comme un élément de réponse dans le questionnement multiple de la vie.

• Un autre genre, destiné à l’inculturation des jeunes qui abordent le niveau post-scolaire :Lectures bibliques aux sources de la culture occidentale  d’A.-M. Pelletier.

5. Bibles multimédiatisées

De très nombreuses présentations en bandes dessinées mériteraient une évaluation critique consciente  de la culture «B.D.» telle qu’elle se développe depuis une trentaine d’années.

Les présentations filmées (cinéma, vidéo, TV) de la Bible se multiplient et la filmographie de la Bible remonte aux frères Lumière avec une Passion de Jésus. Mais la prise en compte de ce mode de communication n’a pas encore acquis toute l’attention des responsables de pastorale biblique. Certaines émissions comme la série Corpus Christi présentée par ARTE (1997, 1998) mériteraient l’attention des exégètes, des théologiens et des animateurs bibliques.

Enfin l’informatique, en se banalisant depuis l’avènement des micro-ordinateurs (1980-85) et la généralisation progressive des réseaux (1994-95), apporte de vraies possibilités multimédiatiques et interactives que ni le livre, ni le film n’apportent seuls.

CD-ROMs et sites Internet méritent également d’être suivis avec intérêt. Mais en sachant que, pour un certain temps encore en tout cas, ils resteront l’apanage des plus riches. 


(Compte-rendu rédigé par Fr. R.-F. Poswick)
BIB n° 50, p. 7.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org