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Epître aux Galates
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Vouga François
Le christianisme comme société ouverte à partir de l'épître aux Galates
Théologie
 
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La désignation de l'hérésie comme la prétention à l'orthodoxie sont des tentatives de définir et de qualifier son identité propre...
 
Aussi bien la désignation de l’hérésie que la prétention à l’orthodoxie sont des tentatives de définir et de qualifier son identité propre. La construction des hérésies, que l’on voit apparaître sous des formes diverses aux frontières canoniques du Nouveau Testament lui-même, définit son identité par exclusion. La prétention à l’orthodoxie s’affirme au contraire par tentative d’assimilation. Dans un cas l’identité se marque par la mise en évidence des différences. D’un côté, les différences ou, du moins, certaines différences sont reconnues, mais, de l’autre, elles servent de critère de discrimination. Dans l’autre cas, c’est l’égalité qui est reconnue. Mais l’égalité et la reconnaissance d’une appartenance commune rendent difficile la gestion des différences.

Cette tension entre unité et pluralisme, ou entre diversité et appartenance commune, est repérable dans presque la totalité des écrits chrétiens de la troisième génération. Les textes gnostiques se réclament de la succession des apôtres et de la singularité des révélations particulières qui leur ont été révélées (Épître de Pierre à Philippe, épîtres de Jean), tandis que la polémique antihérétique s’efforce de donner forme à une orthodoxie qui se veut à la fois universaliste, universelle et orthodoxe. Bien entendu, toute tentative d’imposer des consensus et de créer l’unanimité ne peut que contribuer à susciter de nouvelles divisions.

L’étude des phénomènes de définition par assimilation et exclusion, et de leurs présupposés anthropologiques, a été entreprises par Emmanuel Todd (1). L’intérêt de l’Evangile paulinien consiste à cet égard dans le fait qu’il développe une compréhension de l’universalisme et du pluralisme qui apparaît de manière particulièrement claire dans l’épître aux Galates et qui permet d’échapper à l’alternative malheureuse de l’assimilation et de l’exclusion. L’universalisme qu’il propose refuse de se définir par assimilation ou exclusion de l’autre, mais repose sur l’accueil et le respect des différences dans une vision pluraliste de la société.

À l’origine de cette proposition, on trouve dans les épîtres pauliniennes la systématisation d’une découverte : l’être humain existe tout d’abord comme individu, il ne se définit pas par l’appartenance à des catégories et des classes (2). L’individu a de la valeur pour lui-même.


1. L’invention du sujet individuel  comme instance de vérité

• Galates 1,1-5 : “Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus Christ et Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts, et tous les frères qui sont avec moi, aux Églises de Galatie : à vous grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ, qui s’est livré pour nos péchés, afin de nous arracher à ce monde du mal, conformément à la volonté de Dieu, qui est notre Père. À lui soit la gloire pour les siècles des siècles. Amen.”

Dès les premiers versets de l’épître aux Galates Paul met en place une opposition qui témoigne d’une structuration binaire du réel, entre ce qui est divin et ce qui est humain : de la part des hommes / de la part de Dieu (v.1), monde du mal / volonté de Dieu (v.4).  Il déclinera cette opposition dans toute l’épître : temps anciens / temps nouveaux, vivre selon la chair / selon l’esprit, justification par les œuvres de la Loi / par la foi, monde ancien / nouvelle création, …

Pour Paul, il y a en effet deux manières de comprendre l’existence humaine :

- trouver un sens à sa vie dans les œuvres de la Loi ; ou bien

- trouver un sens à sa vie dans la foi en Jésus Christ (3).

On passe d’un monde à l’autre (v.4), c’est une structure de pensée apocalyptique. Il y a passage, d’un régime où le sens de l’existence est recherché dans le service de la Loi, vivant ainsi “selon la chair”, à un régime où, justifié par la foi, l’homme libéré vit “selon l”esprit’. A ces deux temps, correspondent donc deux attitudes existentielles, et c’est la Croix qui permet le passage du temps ancien au temps nouveau (vv. 3-4) (4).

• Galates 2,14b-21 : « “Si toi qui es Juif, tu vis à la manière des païens et non à la juive, comment peux-tu contraindre les païens à se comporter en Juifs“. Nous sommes, nous, des Juifs de naissance et non pas des païens, ces pécheurs. Nous savons cependant que l’homme n’est pas justifié par les oeuvres de la Loi, mais seulement par la foi de Jésus Christ; nous avons cru, nous aussi, en Jésus Christ, afin d’être justifiés par la foi du Christ et non par les oeuvres de la Loi, parce que, par les oeuvres de la Loi, personne ne sera justifié. Mais si, en cherchant à être justifiés en Christ, nous avons été trouvés pécheurs nous aussi, Christ serait-il ministre du péché? Certes non. En effet, si je rebâtis ce que j’ai détruit, c’est moi qui me constitue transgresseur. Car moi, c’est par la Loi que je suis mort à la Loi afin de vivre pour Dieu. Avec le Christ, je suis un crucifié ; je vis, mais ce n’est plus moi, c’est Christ qui vit en moi. Car ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu  qui m’a aimé et s’est livré pour moi. Je ne rends pas inutile la grâce de Dieu; car si, par la Loi, on atteint la justice, c’est donc pour rien que Christ est mort. »

Pour Paul, l’événement de Jésus Christ constitue un changement d’identité (vv.19-21). Il intègre l’événement de la Croix dans son existence personnelle.

L’existence ne peut être justifiée que par Dieu (v. 16), dans un vis à vis avec Dieu. Ceci est un présupposé commun à l’Ancien Testament, au judaïsme et à Paul, mais Dieu peut justifier l’existence de chacun de deux manières différentes : par le service de la Loi (existence sous la Loi) ; ou par la confiance dans le créateur (existence pour Dieu).

- Par le service de la Loi : Dieu place l’homme devant la Loi, sa responsabilité est de faire tout pour l’accomplir; l’existence humaine trouve sa dignité dans l’accomplissement de cette tâche, c’est là sa vocation. - Par la confiance dans le créateur : c’est-à-dire reconnaître que l’existence n’a pas son origine en elle-même (= “vivre selon la chair”), mais dans le créateur (= “vivre/marcher selon l”esprit’). La vocation de l’homme est l’accomplissement de sa propre individualité devant Dieu. Dit dans une autre langage : «Qu’est-ce que le moi ?»

Dans une de ses pensées, Pascal se demande si l’on peut aimer quelqu’un pour lui-même ?  en dehors de ses qualités ? Je trouve que cette distinction entre la personne et ses qualités est jusqu’à maintenant la meilleure clef que j’ai trouvée pour l’interprétation de ce texte de Paul.

Peut-être direz-vous : “Mais si on fait abstraction des qualités, il ne reste plus rien”. Parce que l’être humain est une combinaison de qualités. Ou plutôt de propriétés. Si on fait la soustraction de toutes les propriétés qui sont celles qui me définissent, alors il ne reste plus rien de moi.

Je crois que c’est exactement le point de Pascal, et je crois que c’est exactement le point de Paul : est-ce que la personne se considère comme une combinaison de qualités - homme et pas femme, juif et non païen, homme libre et non esclave -, ou bien est-ce qu’il y a autre chose dans l’existence humaine que quelque chose qui fait partie des propriétés ou des qualités ? Et au fond, la seule chose qui fait de la personne quelque chose d’autre que la combinaison des qualités et des propriétés, c’est la reconnaissance par Dieu de la personne. Cette reconnaissance de la personne, indépendamment de ses qualités, c’est ce que Paul appelle  la justification par la foi.

C’est un point très important. Tout d’abord, c’est une thèse théologique et pas un constat. C’est-à-dire que si on cherche de manière empirique ce qui fait la qualité d’une personne, indépendamment de ses qualités ou de ses propriétés, on ne trouve rien. Mais c’est une thèse théologique : la confiance en Dieu, la foi -- en tout cas pour Paul- a pour conséquence la conviction que la personne humaine est quelque chose d’autre que la somme ou la combinaison de ses qualités et de ses propriétés. La personne est donc constituée indépendamment de ses qualités. Et ce qui fait le sens de l’existence, ce n’est pas les qualités ou les propriétés, mais c’est le fait d’être reconnu et aimé de Dieu qui constitue la personne.

Revenons maintenant au texte de Galates 2 : qu’est-ce qui constitue le sens de l’existence, et qu’est-ce qui constitue la personne ? Réponse : ou bien vous pouvez trouver le sens de votre vie dans vos qualités et dans vos propriétés, mettre l’origine de ce qui fait votre vie dans vos qualités et dans les propriétés qui sont les vôtres, ou bien le sens de votre vie vous est donné comme le fait d’être reconnue comme personne unique par le Créateur qui vous constitue. Ma thèse est donc de dire : ce dont il en va dans les versets que nous avons lus, c’est le passage d’une époque ancienne à une époque nouvelle, c’est-à-dire d’une époque où l’existence trouvait son sens dans ses qualités et dans ses propriétés, à une époque nouvelle où Dieu nous est révélé comme celui qui reconnaît la personne, indépendamment de ses qualités et de ses propriétés. Donc pas contre, pas sans, mais indépendamment.

C’est la raison pour laquelle je crois que Paul écrit au verset 16 : “Sachant que personne n’est justifié par les œuvres de la Loi si ce n’est  par la foi en Jésus Christ” (5) ; ‘si ce n’est’ par la foi. C’est-à-dire que, pour Paul, il est clair que la justification par les œuvres de la Loi et la justification par la foi ne sont pas deux possibilités équivalentes, mais qu’elles sont complètement différentes. Une de ces alternatives est sans valeur, elle est révolue, et l’autre est celle qui crée la qualité nouvelle.

• Jetons un coup d’œil sur deux autres versets dans la suite de l’épître aux Galates.

Tout d’abord Galates 3,21b : “Si en effet une Loi avait été donnée, qui ait le pouvoir de faire vivre, alors c’est de la Loi qu’effectivement viendrait la justice.”

L’erreur des gens avec lesquels Paul discute ici, quand ils pensent pouvoir être justifiés par les œuvres de la Loi, c’est qu’ils surévaluent la Loi, qu’ils pensent que la Loi a une puissance de faire vivre, or la Loi n’a pas  la puissance de faire vivre, ils ont confondu le Créateur avec une réalité, la création.

• Le deuxième verset se trouve tout à la fin de l’épître aux Galates. L’épître aux Galates a été dictée à un secrétaire, comme à peu près toutes les épîtres de Paul, et puis dans les derniers versets Paul reprend la plume et écrit lui-même.

Et ce petit mot à la main se trouve en Galates 6,11 et suivants : “Voyez ces grosses lettre : je vous écris de ma propre main ! …”

Et puis il continue. Et les versets qui nous intéressent sont les versets 14 et 15 : “… Pour moi, non, jamais d’autre titre de gloire que la croix de Notre Seigneur Jésus Christ ; par elle, le monde est crucifié pour moi, comme moi pour le monde. Car, ce qui importe, ce n’est ni la circoncision, ni l’incirconcision, mais la nouvelle création.”

On a un passage du monde ancien et mauvais (Ga 1,4), à la nouvelle création. Ce qui constitue la nouvelle création, c’est la découverte que l’existence humaine trouve son sens dans la foi, et non pas dans les œuvres de la Loi.

• Maintenant, vient une question : d’où est-ce que Paul sait tout ça ?

Il faut revenir en arrière et lire Galates 1,10-12 : “Car, maintenant, est-ce que je cherche la faveur des hommes ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ?  Si j’en étais encore à plaire aux hommes, je ne serais plus serviteur du Christ. Car, je vous le déclare, frères : cet Évangile que je vous ai annoncé n’est pas de l’homme ;  et d’ailleurs, ce n’est pas par un homme qu’il m’a été transmis ni enseigné, mais par une révélation de Jésus Christ.”

Quelques versets plus loin on peut encore lire le commentaire (vv. 15 à 17) : “Mais, lorsque celui qui m’a mis à part depuis le sein de ma mère et m’a appelé par sa grâce a jugé bon de révéler en moi son Fils afin que je l’annonce parmi les païens, aussitôt, sans recourir à aucun conseil humain, ni monter à Jérusalem auprès de ceux qui étaient apôtres avant moi, je suis parti pour l’Arabie, puis je suis revenu à Damas.”

J’aimerais tout d’abord souligner deux points, un nouveau et un que j’ai déjà souligné tout à l’heure.

- Le premier point, tout repose sur la subjectivité de l’apôtre. Ce que j’entends par « subjectivité », c’est la compréhension nouvelle que l’apôtre a de lui-même à cause d’un événement donné - quel était cet événement, je vais en parler tout de suite - et qui le constitue comme sujet, conscient de lui-même, face au monde entier. L’histoire qu’il nous raconte ici est basée sur une prise de conscience, qui donne à Paul l’assurance et la tranquillité que la vérité lui a été donnée, quoi que les autres puissent en penser.

La conséquence, c’est que Paul va aller deux semaines rendre visite à Pierre pour faire sa connaissance… (v.18). Paul va rencontrer Pierre pour faire sa connaissance, mais pas du tout pour que Pierre lui raconte quoi que ce soit. Paul n’a pas besoin qu’on lui raconte quoi que ce soit, il sait. Donc il a la conviction d’avoir été constitué comme apôtre, et il a la conviction d’avoir reçu la vérité et de savoir ce qu’elle est, et il n’a besoin d’aucune confirmation.

- Deuxième point, d’où vient cette conviction ? L’origine de cette conviction est affirmée de manière extrêmement forte. On a vu que c’était ni une conviction qui lui venait d’hommes, ni une conviction qui lui avait été transmise par un homme (Ga 1,1). Cette opposition se retrouve en d’autres termes ici (1,12) : Paul n’a pas reçu l’Évangile d’hommes, et cet Évangile ne lui a pas été enseigné par des hommes. Tout ce qui nous a intéressés ces derniers jours, c’est-à-dire la transmission de la tradition de Jésus, tout cela n’intéresse absolument pas Paul. Il y a un événement dans sa vie qui lui a donné la révélation de la vérité, et c’est suffisant. On se pose souvent la question : pourquoi est-ce que Paul ne s’intéresse pas aux paroles de Jésus ? pourquoi l’enseignement de Jésus joue un rôle si restreint dans la théologie paulinienne ? Paul ne cite en effet que deux ou trois fois les paroles de Jésus, mais ça a toujours un aspect plutôt anecdotique et occasionnel. Ce ne sont pas les paroles de Jésus qui sont au centre de la théologie paulinienne - pourquoi ? Parce qu’il y a eu un événement qui lui a enseigné quelle était la vérité et qui l’a dispensé de reconnaître plus d’importance  la tradition qu’on enseignait sur Jésus.

On pourrait interpréter ce passage superficiellement et dire qu’en fait Paul cherche à garantir son autorité contre d’autres interprétations du christianisme. Ce serait donc c’est pour ça qu’il dit n’avoir pas besoin de l’Évangile ‘par les hommes’, mais que son Évangile lui vient de Dieu. Je crois que cette vision des choses passe à côté de l’essentiel. Et, si je dis ça, c’est à cause du verset 11. Parce que, le fait que l’Évangile paulinien ne lui vienne pas de tradition humaine n’est que l’explication d’une affirmation plus fondamentale : l’Évangile paulinien n’est pas de caractère humain. Nous avons lu tout à l’heure que l’Évangile annoncé par Paul n’est pas “de la part des hommes”, ni “par un homme” (Ga 1,1), mais maintenant nous apprenons que cet Évangile n’est pas “selon” les hommes. L’Évangile paulinien n’est pas de caractère humain, mais il vient directement de Dieu. Quand Paul dit que son Évangile ne vient pas des hommes mais de Dieu, c’est pas pour dire qu’il aurait une autorité particulière, mais c’est pour dire qu’il a qualité particulière. C’est-à-dire que dans tout le concert des paroles humaines, l’Évangile tel que Paul l’annonce vient d’ailleurs. Il n’est donc pas comparable avec d’autres paroles humaines.

Dire que l’Évangile ne vient pas des hommes mais vient de Dieu ne veut pas d’abord dire qu’il a une plus grande autorité mais une autre qualité, un autre contenu. C’est une affirmation sur le contenu de l’Évangile, et non pas une affirmation sur sa provenance.

D’où vient cet Évangile ? Il vient d’une révélation. C’est d’abord une révélation de Jésus Christ, et ensuite Paul nous explique : « Dieu a révélé son fils en moi ».

Je pense que si on essaye d’interpréter cette révélation, les premiers textes qui s’imposent à nous, en dehors de l’épître aux Galates, sont les textes où Paul affirme avoir vu le Ressuscité. C’est dans la première épître aux Corinthiens  d’une part chap. 9 v.1, et d’autre part chap. 15 v. 8. Qu’est-ce que ça voulait dire pour Paul d’avoir vu le Ressuscité ?

Revenons dans l’épître aux Galates et essayons de comprendre ce que ça veut dire pour Paul d’avoir vu le Ressuscité. Nous avons trois versets dans l’épître aux Galates, qui sont trois interprétations de cette vision. Le premier texte, déjà lu, est Galates 2,19 : “Je suis mort à la Loi par la Loi... et avec le Christ, je suis un crucifié”.

Ces métaphores sont toujours assez énigmatiques.

Cherchons un texte plus clair. Le deuxième texte qui me paraît éclairant est Galates 3,13 : “Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi en devenant malédiction pour nous , car il est écrit : Maudit quiconque pend au bois.”

Le troisième texte se trouve au chap. 4, vv. 4 et 5 : “Mais, quand est venu l’accomplissement du temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et assujetti à la Loi, pour payer la libération de ceux qui sont assujettis à la Loi, pour qu’il nous soit donné d’être fils adoptifs.”

On a toujours le changement des temps : “lorsque le temps arrive à son accomplissement”. Il y avait le temps ancien et le temps nouveau, le monde mauvais ancien et la création nouvelle. Et deuxièmement, ce qui caractérise le monde nouveau, c’était le fait d’être devenus enfant de Dieu, le fait d’être adoptés.

De manière très intéressante, Alain Badiou, dans son livre(6), dit : le passage du monde ancien au monde nouveau, c’est un passage du temps du père au temps des fils. On est passé d’un temps qui était le temps de la Loi, c’est-à-dire du père qui règne par la Loi, soit dans le système grec par les éléments du monde, soit dans l’Ancien Testament par la Loi juive, au temps où nous sommes des frères, des sœurs du Fils. Alors Badiou dit : le père est devenu fils et il est mort pour nous, pour nous laisser la liberté de devenir des fils.

Il y a passage de l’esclavage de la Loi  (Ga 3,23-25) à un temps nouveau où nous sommes adultes, indépendants de la loi. Comment s’opère ce passage ? Par la mort de Jésus, “Christ nous a racheté” (Ga 3,13). La traduction ‘Payer pour’ (TOB,…) est une interprétation, car ici la mort de Jésus est désignée comme une malédiction, et qui maudit ? La Loi, “puisqu”il est écrit…” (Dt 21,23). L’envoi du Fils est un piège qui a été envoyé au texte ancien, à la Loi ; c’est le crucifié qui est révélé comme Fils de Dieu :

- ou bien il n’est pas vrai que Jésus est le Fils, il est un imposteur, et la Loi a raison de le condamner ; - ou bien Jésus est le Fils de Dieu, et la Loi à maudit le Fils de Dieu. La Loi s’est mise ‘échec et mat’ dans l’événement de la Croix.

Le Crucifié a été révélé à Paul comme le Ressuscité. Jésus, le Ressuscité est le Fils de Dieu, et si c’est vrai, alors on est plus sous la Loi. La mort de Jésus signifie donc la fin de la Loi. Paul vit un véritable retournement de son système de convictions, et cette révélation constitue Paul comme un sujet nouveau, l’apôtre de païens.

On passe ainsi d’un temps ancien à un temps nouveau. “Ce n”est plus moins qui vit, mais Christ qui vit en moi” (Ga 2,20). Ce ne sont plus mes qualités (les œuvres de la Loi) qui me constituent, mais le fait que Dieu m’a aimé.

Remarque de transition : quand on dit que l’homme est justifié, que la femme est justifiée par la foi et non par ‘les œuvres’, on pense en général tout de suite au ‘faire’.

J’aimerais juste votre attention sur le fait que, dans le cadre de l’épître aux Galates, ce n’est qu’une toute partie du problème. En effet, ce que les gens, qui veulent trouver leur justification par les œuvres de la Loi aimeraient, c’est que les Galates soient circoncis. De quel ‘faire’ s’agit-il ? Pour les femmes de la communauté de Galatie, rien du tout, et, pour les hommes, juste un actes symbolique ; mais si c’est comme ça qu’on définit le ‘faire’, c’est assez limité !

De fait, le problème dans les œuvres de la Loi, ce n’est pas tellement le ‘faire’, mais alors qu’est-ce que c’est ? C’est toujours le problème des qualités : ce qu’on demande aux Galates, c’est d’adopter les qualités d’être juif. C’est ça, le problème. Et quand on dit ‘par les œuvres de la Loi’, on ne pense pas tellement à toutes sortes de prouesses et d’œuvres extraordinaires qu’il s’agirait de faire. Mais ce qu’on demande, c’est  d’obtenir les qualifications qui qualifient comme membre du peuple élu, du peuple de Dieu, du peuple de l’Alliance. Être justifié par les œuvres de la Loi, ça signifie d’abord appartenir au peuple de l’Alliance. Il ne s’agit pas tellement d’œuvres à faire, mais il s’agit d’abord de qualités. Il faut être qualifié pour le faire. Si vous n’êtes pas circoncis, vous ne pouvez pas accomplir la Loi, la Loi n’est pas pour vous. Il ne s’agit donc pas d’un légalisme, mais de l’appartenance au peuple de l’Alliance. C’est une opposition être/être et non faire/être. Il s’agit du problème de l’identité de la personne.

Le point où on en est, est le suivant : quand on dit “pas par les œuvres de la Loi, mais par la foi”, cela signifie : les qualifications et les disqualifications appartiennent au monde ancien, et pas au nouveau. Dans le monde nouveau, il n’existe que des personnes, des individus, des sujets, c’est-à-dire des êtres qui parlent en première personne. Et puis dans le monde ancien, il existe des gens qualifiés, et des gens disqualifiés.

Il y a une très belle prière d’un philosophe stoïcien qui remercie Dieu d’être né comme homme et pas comme femme, d’être né comme être libre et pas comme esclave, etc. Pour lui, ce qui fait l’identité de quelqu’un, ce sont ses qualifications. Je pense que vous connaissez ça : on est d’abord ou bien travailleur, ou bien chômeur, on est d’abord etc. La qualification, et puis ensuite la personne. A l’inverse, le centre de l’Évangile paulinien, c’est qu’il n’existe que des individus et des personnes, des êtres parlant à la première personne et non pas des gens qui sont qualifiés ou disqualifiés par des appartenances quelconques. La pointe de l’Évangile est de dire : chaque personne est qualifiée. Parce qu’elle est créature de Dieu, chaque personne peut se comprendre comme personne qualifiée. Se comprendre comme créature de Dieu, c’est-à-dire comme ayant son identité par la reconnaissance de Dieu.


2. L’universalisme comme conséquence de l’invention de l’individu

Ma première thèse, est donc la mise en valeur de l’individu, et la conséquence immédiate, maintenant, c’est l’universalisme. Chaque personne est qualifiée comme individu, c’est-à-dire qu’on a une compréhension radicalisée de l’universalisme. Il ne s’agit pas d’une théorie de l’universalisme, mais d’une reconnaissance de chaque individu. L’universalisme, c’est la reconnaissance de chaque être humain comme individu qui parle en première personne.  C’est ma deuxième thèse.

• Galates 3,26-28 : “Car, tous , vous êtes, par la foi, fils de Dieu, en Jésus Christ. Oui, vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ.  Il n’y a plus ni Juif, ni Grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ;  il n’y a plus l’homme et la femme ; car tous, vous n’êtes qu’un en Jésus Christ.”

Qu’est-ce que ça veut dire ?

La frontière dans le christianisme, c’est le baptême, symbole de l’appartenance à la communauté. C’est très important pour la raison suivante, qui joue un rôle dans toute l’épître aux Galates : quand on a été baptisé, on en fait partie. Point. Et donc Paul dit aux Galates “Vous avez reçu l’Esprit, et vous êtes dans l’Esprit, quoi que vous croyiez”. Et ensuite, “Conformez-vous à l’Esprit, portez les fruits de l’Esprit. Marchez dans l’Esprit”. Si on disait “Vous qui croyez”, nous poserions tout de suite la question : est-ce qu’il faut croire très fort, quelle est la force suffisante de la foi pour faire partie de la communauté ? Or par le baptême, tout ça nous est enlevé, nous sommes déchargés de cette question. Le baptême est un signe qui nous est posé comme signe extérieur, et qui nous dit : vous êtes dedans, c’est comme ça.

Par quoi se caractérise l’espace défini par le baptême ? Par la référence à Christ - on a vu ce qu’elle signifie -, et par le fait que, tout d’abord, les différences sont reconnues. J’aimerais attirer votre attention sur le fait que Paul ne dit pas que nous sommes tous égaux. Mais Paul écrit : il y a des Juifs, et il y a des Grecs, et il y a des hommes et il y a des femmes, et il y a des hommes libres et il y a des esclaves. Nous ne sommes pas dans une perspective de différencialisme et d’exclusion. Tout le monde peut se faire baptiser. Tout le monde peut faire partie de la création nouvelle. Mais en même temps, il n’y a pas de tentative d’assimilation, pas d’uni-versalisme au sens d’uniformisation. C’est-à-dire  que les Juifs sont sujets individuels, et êtres qui parlent à la première personne comme Juifs, et les femmes sont sujets, personnes individuelles, êtres qui parlent à la première personne comme femmes, et les esclaves sont des sujets individuels, etc. Nous avons ici un système extrêmement fort qui est à la fois universaliste dans le sens que chacun peut en faire partie, que tout le monde est reconnu et tout le monde est qualifié. Il n’y a pas besoin de devenir homme, homme libre, et Juif pour être qualifié. C’est-à-dire que chacun est qualifié dans la situation qui est la sienne. Raison pour laquelle je dirai que l’émergence du sujet ou l’émer-gence  de l’individu apparaît comme le fondement à la fois d’un universalisme et d’un pluralisme.


3. Le pluralisme comme conséquence  de l’invention de l’individu

Rappelons cette alternative que posait E. Todd : ou bien un universalisme qui exige de l’autre qu’il se conforme à la perspective universaliste, ou à la perspective dominante ; ou bien une définition par exclusion qui reconnaît à l’autre son identité, mais ne reconnaît pas comme faisant partie de l’ensemble celui qui veut garder son identité. Il me semble que nous avons dans le modèle paulinien un modèle original, où à la fois chacun est reconnu comme personne, et où  chacun est reconnu comme personne tel qu’il est.

Ce qui est intéressant dans ce modèle c’est qu’il reconnaît l’identité de l’autre comme le modèle de ségrégation, et qui reconnaît l’égalité de l’autre comme le modèle d’assimilation. Donc il joint universalisme et pluralisme.

Paul introduit donc un modèle assez subtil. Et ce pluralisme et cet universalisme se retrouvent dans l’organisation de la mission paulinienne. Pas seulement dans les communautés de Galatie, mais aussi dans l’organisation de la mission paulinienne : d’abord, ce qui caractérise la mission paulinienne dans le Nouveau Testament, c’est que Paul ne travaille jamais isolé mais qu’il a tout une entreprise. Et dans cette entreprise, il y a quatre types de collaborateurs.

- D’abord, il y a les collaborateurs réguliers. Paul agit toujours par paires : il y a Paul et Barnabas, Paul et Sylvain, ou bien Paul et Timothée. Paul travaille avec un collaborateur régulier qu’il considère comme son égal, et comme le représentant des deux.

- Deuxièmement, il y a des collaborateurs ponctuels pour des tâches particulières. Par exemple, Tite est un collaborateur ponctuel qui est, comme pagano-chrétien, responsable de l’organisation et de la réalisation de la collecte pour Jérusalem.

- Ensuite, il y a des envoyés qu’on appelle des « apôtres des Églises ». Alors, c’est Epaphrodite, etc. Ce sont les communautés elles-mêmes qui envoient auprès de Paul des délégués qui sont des collaborateurs pour un certain temps, et qui ensuite réintègrent leur communauté.

- Enfin, quatrièmement, il y a des collaborateurs appartenant à d’autres entreprises. Je pense à Priscille et Aquilas, à Apollos, que Paul considère comme étant ses collaborateurs. Tous visiblement ont leurs propres programmes, leurs propres projets. C’est très intéressant, avec Apollos, pour deux raisons : la première raison, c’est que Paul ne maîtrise pas l’agenda d’Apollos, Apollos vient si il veut. Et Paul trouve très bien qu’Apollos vienne à Corinthe, mais en fait Paul n’a rien à dire sur le programme d’Apollos. On a donc des collaborations ponctuelles sur des projets précis et limités.

Ce est aussi très intéressant avec Apollos, c’est qu’on est sûr qu’il n’a pas les mêmes positions théologiques que Paul. Quelle est la théologie de Thimotée ? On n’en sait rien. Quelle est la théologie de Sylvain ? On n’en sait rien. Mais avec Apollos, la première épître aux Corinthiens nous laisse comprendre que la théologie d’Apollos n’a rien à voir avec la théologie paulinienne. Mais ça n’empêche pas… Il est clair qu’Apollos est un autre apôtre, il est clair qu’Apollos est reconnu entièrement dans son travail Et Paul critique la manière dont les Corinthiens exploitent les différences théologiques, mais Paul ne critique pas les différences théologiques. Le problème, c’est que les Corinthiens se réclament de Paul ou d’Apollos à la place de se réclamer de Jésus Christ. Ça, c’est le problème. C’est-à-dire que les Corinthiens ont confondu le Seigneur et l’apôtre. Mais Paul ne confond pas le Seigneur et l’apôtre, et donc Apollos est reconnu comme collaborateur. Paul se réjouit qu’Apollos continue son travail à Corinthe, et donc nous voyons s’établir, dans l’entreprise missionnaire de Paul, un pluralisme théologique. Un pluralisme théologique qui correspond au pluralisme sociologique que nous avions dans l’épître aux Galates.


4. La société ouverte et ses ennemis

Selon la formule de Popper, la société ouverte a ses ennemis ; c’est-à-dire qu’une société pluraliste a ses limites. Il est très intéressant de voir où sont ces limites. Je vois trois limites précises dans les épîtres pauliniennes :

- C’est d’abord Barnabas.

- C’est les gens qui veulent réintroduire la Loi et ses discriminations dans la communauté.

- Et la troisième limite, c’est les faux apôtres à Corinthe.

• Les faux apôtre à Corinthe

 Si nous avions encore un peu de temps, nous lirions maintenant la deuxième épître aux Corinthiens pour regarder quel est le problème des faux apôtres à Corinthe. Si on y regarde de près, on voit que le point, sur lequel Paul fait des reproches aux faux apôtres de Corinthe, c’est qu’ils ont médit sur la collecte (2 Co 12). C’est le seul endroit où on a vraiment un reproche précis, factuel fait aux faux apôtres. Ce qu’ils ont fait, c’est qu’ils disent aux Corinthiens : nous, nous sommes payés. Paul ne s’est pas fait payer. Et si Paul ne s’est pas fait payer, c’est parce que c’est un rusé. En fait, il ne s’est pas fait payer pour passer la consigne parce qu’il s’agirait d’organiser la collecte. Alors de cette manière, les adversaires de Paul devant les Corinthiens discréditent la collecte. Quelle est la fonction de la collecte ? C’est précisément d’affirmer symboliquement l’universalisme. Par la collecte, les communautés pagano-chrétiennes reconnaissent leur appartenance commune avec l’église de Jérusalem, et si l’église de Jérusalem veut bien accepter la collecte, elle reconnaîtra son appartenance commune. Vous voyez que c’est très intéressant : pourquoi est-ce qu’il y a tout à coup un seuil ? Pourquoi est-ce que des apôtres sont tout à coup des faux apôtres ? C’est parce qu’ils agissent de manière telle qu’ils rendent le pluralisme impossible.

• Les gens qui veulent réintroduire la Loi en Galatie

Le problème est analogue, c’est-à-dire ce que ces gens veulent faire en Galatie, c’est réintroduire le service de la Loi pour obliger les Galates, qui sont des pagano-chrétiens, à se faire juifs pour être chrétiens, c’est-à-dire à se faire circoncire pour être chrétiens. Ce que les adversaires de Paul en Galatie font, c’est qu’ils contestent la qualification des païens. Alors que pour Paul, tout le monde est qualifié, qu’il soit juif ou qu’il soit grec. Pour les adversaires de Paul en Galatie, il faut se faire circoncire pour être qualifié, donc, de nouveau, le danger est la remise en question du pluralisme.

• Barnabas

Pourquoi Paul se sépare-t-il de Barnabas ? On retombe sur la même question, Barnabas s’est joint aux gens qui, à Antioche, ont décidé de faire des tables séparées pour éviter des chrétiens qui, selon eux, n’étaient pas qualifiés. De nouveau, la même question.

Je conclurai en disant que selon le principe énoncé en Galates 3,28, la mission paulinienne ou l’entreprise missionnaire de Paul est une société ouverte, c’est-à-dire où particularités et universalités sont reconnues. Les points sur lesquels se bat Paul, c’est quand la reconnaissance d’une part de l’universalisme, et d’autre part du pluralisme, est mise en question. Nous trouvons donc dans la théologie paulinienne, un excellent exemple du modèle développé par Popper, selon lequel la société doit être ouverte, et selon lequel la défense de la société ouverte signifie que l’on refuse les systèmes de pensée qui mettent en question le pluralisme, la reconnaissance des différences, et l’universalisme.


5. Orthodoxies et hérésies

Si nous suivons Paul, alors nous avons une définition très claire de la distinction entre orthodoxie et hérésie. C’est-à-dire que la distinction se fait non pas sur des sujets divers de théologie (sur les deux natures, ou sur l’eschatologie, ou sur je ne sais quoi). L’Église est un lieu de pluralisme et de reconnaissance mutuelle, mais les points décisifs sont les suivants :

• Premièrement, la reconnaissance de chaque personne comme individu et comme sujet, et comme être parlant à la première personne.

• Deuxièmement, la conséquence immédiate de cette reconnaissance de la subjectivité individuelle, c’est l’universalisme : chacun, qui demande son baptême, en fait partie.

• Et troisièmement, le pluralisme comme reconnaissance de l’individu, de la personne dans les qualités qui le caractérisent. C’est-à-dire que chacun est reconnu comme sujet tel qu’il est, parce que chaque personne est reconnue comme individu indépendamment de ses qualités et propriétés.

Si on adopte les propositions pauliniennes, on est donc libéré de la problématique orthodoxie / hérésie parce qu’on admet que le christianisme est un lieu de débat où chacun s’efforce de savoir ce qu’il pense. Dès lors, défendre cette société ouverte que doit être le christianisme, c’est affirmer ses convictions pour les mettre en débat.

Texte mis en forme par Patrice Rolin sur la base du décryptage des cassettes par Pascale Cheminée,  et des notes de plusieurs participants à la session pour les parties inaudibles (1er 1/4 et fin).

 
© François Vouga, FPF / SBEV, Bulletin Information Biblique n° 50 (juin 1998) p. 12.

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Notes :

(1) Le livre d’Emmanuel TODD, Le destin des émigrés, offre une typologie des rapports à l’émigré, qui sert ici d’arrière-fond pour comprendre les différents modèles de définition du christianisme dans les épîtres étudiées durant la session (Jude, épître de Pierre à Philippe, 2 Pierre, 1 Jean, Jacques).

Todd montre que la culture allemande se définit par ségrégation. Aujourd’hui par exemple, les Turcs deviennent de plus en plus turcs quand ils sont en Allemagne. Ils sont obligés, par le pays d’accueil, de manifester leur propre identité, de la manifester parce que c’est la tradition allemande sur le plan religieux. A l’inverse, l’universalisme français, attend que les musulmans se conduisent comme déjà laïcisés. On les reconnaît comme égaux, mais qu’on attend d’eux qu’ils se conforment tradition française.

(2) A l’inverse, il est significatif que les philosophes de l’Antiquité qui se penchent sur la psychologie humaine (Aristote, les stoïciens, …) ne s’intéressent pas à des comportements particuliers, mais à des catégories générales.

(3) Paul n’oppose pas, comme on le dit parfois, la foi et les œuvres mais la justification par la foi et la justification par les œuvres.

(4) voir le commentaire en anglais de Galates par MARTYN : “L”essentiel du message de l’épître au Galates réside dans la question : Qu’elle heure est-il?”

(5) il y a là un petit problème exégétique : dans la plupart des traductions on trouve “… mais par la foi …” ; ce ‘mais’ est une imprécision de traduction. Il vaudrait mieux traduire “…si ce n’est par la foi …”.

(6) Alain BADIOU, Saint Paul - L’invention de l’universalisme, PUF 1997.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org