398
Jésus
666
Lettre aux Hébreux
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Carrière Jean-Marie
Le regard fixé sur Jésus
Commentaire au fil du texte
 
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Épître aux hébreux 12,1-2. Au centre de ces sept lignes : Jésus...
 

La disposition de ces deux versets (Épître aux hébreux 12,1-2) est soignée – c’est souvent le cas dans la lettre. Au centre de ces sept lignes, Jésus ; les trois premières lignes concernent « nous », et les trois dernières lignes concernent « lui », Jésus. Cette disposition indique d’entrée de jeu une conviction : il y a une relation étroite entre notre vie à nous et sa vie à lui, et cette relation, c’est la ligne centrale qui l’indique.

« Nous », nous ne sommes pas seuls, nous sommes entourés. Entourés de cette immense foule de témoins qui nous ont encouragé quant à la « manière » de la foi, et cette présence est de bien plus de poids que les occasions de pécher ou les fardeaux qui nous entourent – par péché, entendons retour en arrière, loin de la suite du Christ. Notre vie est une lutte, pour laquelle notre foi prend le nom d’endurance – c’est de cela dont nous avons besoin (relire 10,36).

Endurance qui consiste à tenir notre regard fixé sur Jésus, par où nous trouvons un puissant encouragement ; tenir notre regard sur Jésus, c’est aussi voir l’invisible, c’est-à-dire prendre appui sur la conviction à laquelle nous a introduit toute la partie doctrinale de la lettre : Jésus comme grand-prêtre, liturge de notre salut. Ici, Jésus est évoqué par rapport à la foi, dont il est dit qu’il est l’initiateur et qu’il la mène à son accomplissement. Commencement et fin : Jésus ouvre le chemin de la foi, et il le parcourt jusqu’à son achèvement ; dans la vie de Jésus, la foi commence, et atteint à sa pleine maturité. La foi, articulée à l’espérance, prenant à l’occasion le nom d’endurance, est le régime de notre vie, et c’est celui de la vie du Christ. Nous sommes invités à vivre de la foi du Christ, et c’est possible parce que c’est lui qui commence, et que c’est lui qui achève. Telle est la relation entre notre vie à nous et sa vie à lui, c’est une même foi, la sienne, qui leur donne sa « manière » et leur permet de vivre les luttes et les épreuves en quoi elles consistent.

La péricope s’achève sur la session du Christ à la droite de Dieu : citation à nouveau du Ps 110, nous le savons, c’est le signe de la victoire acquise. Victoire acquise par le mouvement (depuis son entrée dans le monde jusqu’à la session à la droite de Dieu), ou l’acte (son office de grand-prêtre dans l’alliance nouvelle), de la vie de Jésus ; l’indication nouvelle ici est qu’en cette vie, joie et honte s’entremêlent. Jésus n’a pas revendiqué la joie (d’une victoire éclatante et merveilleuse), mais il a méprisé la honte (de la Croix), obtenant par là une victoire réelle et définitive. En disant cela du Christ, la lettre aide ceux à qui elle s’adresse à faire face à cette épreuve du déshonneur social auquel sont confrontés les chrétiens. Peu à peu, toute cette partie d’exhortation touche aux points cruciaux de la vie de ceux à qui elle s’adresse : et, à chaque fois, nous constatons qu’elle les rapporte au mystère du Christ, qu’elle a déployé dans la partie doctrinale.


© Jean-Marie Carrière, SBEV / Éd. du Cerf, Cahier Évangile n° 151 (mars 2010), "Tenez bon ! Relire la Lettre aux Hébreux", pages 54-55. 

 
He 12,1-2
1Ainsi donc, nous aussi, qui avons autour de nous une telle nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui sait si bien nous entourer, et courons avec endurance l'épreuve qui nous est proposée,
2les regards fixés sur celui qui est l'initiateur de la foi et qui la mène à son accomplissement, Jésus, lui qui, renonçant à la joie qui lui revenait, endura la croix au mépris de la honte et s'est assis à la droite du trône de Dieu.
He 12,1-2
 
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