539
Lectio Divina
164
Bianchi Enzo
La "Lectio divina" aujourd'hui, un défi pour la pastorale biblique
Théologie
 
Approfondir
 
Nous sommes aujourd'hui en mesure de constater la place centrale que l'Écriture a retrouvée dans la vie de l'Église catholique et de l'apprécier...
 
Dans ce bref exposé, j’aborderai moins la question de la lectio divina proprement dite que les problèmes qui se posent aujourd'hui au sujet de cette lectio. Je soulignerai quelques défis pour la pastorale biblique.

Introduction


Nous sommes aujourd'hui en mesure de constater la place centrale que l'Écriture a retrouvée dans la vie de l'Église catholique et de l’apprécier. Après des siècles de désaffection, nous assistons aujourd'hui à une redécouverte de la Bible de la part des croyants catholiques, qui n’avaient plus de contact direct avec elle et qui, par conséquent, n'avaient pas la possibilité d'en faire l'aliment quotidien de leur vie de foi et de leur témoignage dans le monde. L'Église catholique continuait, certes, à vivre de la "Parole de Dieu", surtout dans la liturgie, mais ce n'était plus une Parole de Dieu écoutée, célébrée, méditée, conservée dans le cœur de telle manière qu’elle nourrisse la foi des personnes et des groupes.

Replacée aujourd’hui au centre de la vie ecclésiale, la Bible réactive un processus resté statique et même atrophié pendant des siècles : à travers la fréquentation assidue des Écritures, le chrétien alimente sa foi, peut discerner quelle est sa place au milieu des autres hommes, et surtout se plonge dans ce processus d'epignosis, de pleine connaissance du Christ, et donc du mystère de Dieu, qui le conduit à une foi de croyant adulte (téleios, parfait). Aujourd'hui la prédication, en particulier dans le cadre de la liturgie, se nourrit des Saintes Écritures et fait résonner la Parole de Dieu dans la communauté chrétienne. Oui, la Parole de Dieu poursuit sa course : « Priez afin que la parole du Seigneur poursuive sa course » (2 Th 3,1). Sans risque de se tromper, on peut déceler une demande, une faim, un désir profond de la Parole de Dieu, surtout dans les pays latins.

Je suis convaincu que, parmi tous les fruits du Concile de Vatican II, le plus évident fut précisément cette restitution de la Parole de Dieu (1) au peuple de Dieu. Cependant, presque quarante ans après la fin du Concile, il y a encore des objectifs importants à atteindre. Et avant tout, il faut prendre conscience de ce qu’implique la fréquentation assidue des Écritures. Dans un bref exposé comme celui-ci, je ne puis que soulever quelques points que j’ai déjà traités par ailleurs dans plusieurs publications (2). 


Parole et Eucharistie


L’étroite connexion entre Parole et Eucharistie qui trouve ses racines dans le témoignage des Écritures, qui est attestée par les Pères de l'Église depuis Ignace d'Antioche, qui est confirmée par les auteurs cisterciens et victoriens au Moyen-Âge (3), a été solennellement réaffirmée en plusieurs documents du Concile Vatican II (SC 48.51.56; DV 21.26; AG 6.15; PO 18; PC 6). Des expressions comme :  Corpus Christi intellegitur etiam Scriptura Dei, Corpus Christi puto Evangelium, ou celles, peut-être moins connues, comme : « Se nourrir de la chair et du sang du Christ, non seulement dans le mystère de l'autel mais aussi dans la lecture des Écritures », ou bien : « Le pain du Christ et sa chair sont la Parole de Dieu », ces expressions, attestées et répétées de différentes manières par la grande tradition catholique (4), sont reprises aujourd'hui par la catéchèse. Et pourtant, il subsiste encore une sorte de timidité à affirmer qu'entre Écriture et Eucharistie il y a un rapport intrinsèque, une perichorèse. Encore trop souvent, la Parole n’est comprise que comme une simple introduction à la célébration du sacrement. On ne lui reconnaît pas la capacité de réaliser l'alliance : faire entrer le croyant dans une relation vivifiante avec Dieu. Dans une certaine mesure, l'idée persiste que c'est le sacrement qui donne la grâce, tandis que la Parole biblique donne un enseignement ou explique le sacrement.

Dans la réception de la Constitution Dei Verbum, cela me semble être un point crucial qui mérite d’être approfondi. La réception de ce document restera partielle et incomplète aussi longtemps que, du point de vue théologique, spirituel et liturgique, on n’aura pas exploré à fond l’étroite connexion entre Parole et Eucharistie. La Parole doit être englobée dans l'économie sacramentelle, jusqu'à être comprise elle-même comme un sacrement, c'est-à-dire comme une transmission de force et de grâce, et non pas seulement comme un moyen de communiquer des vérités, des enseignements ou des préceptes moraux. Il s'agit donc de faire mûrir la conscience chrétienne jusqu’à ce qu’elle soit en mesure de saisir le caractère sacramentel de l’Écriture. Dans la mesure où, par l’épiclèse, la Parole de Dieu devient tangible, elle provoque une rencontre entre l’auditeur et Dieu, provoquant ainsi une célébration de l'alliance (5). 

La lecture assidue de l'Écriture


Si l'Écriture a retrouvé, grosso modo, une place centrale en certains domaines de la vie ecclésiale (liturgie, pastorale, catéchèse) il faut bien reconnaître que c’est loin d’être le cas dans la vie personnelle des fidèles catholiques qui ne pratiquent pas une lecture quotidienne et zélée des Écritures.

Certes il y a des clercs, des religieux, des laïcs qui sont d’avantage sensibilisés à la Bible parce que mieux préparés culturellement ; il y a des mouvements d'Église, dont la spiritualité s’appuie sur la lecture biblique, mais la plus grande partie des fidèles n'a aucun contact personnel avec l’Écriture Sainte. Même si la Bible se trouve dans chaque famille, elle n’est bien souvent qu’un élément décoratif et il est plutôt rare qu'elle soit utilisée pour prier ou pour écouter la Parole de Dieu. Il y a même une certaine méfiance à l'égard d’une lecture assidue de la Bible parce que c’est une pratique étrangère à la tradition catholique. En outre, elle est entravée par le manque de formation des prêtres qui, de ce fait, font preuve de peu de zèle pour inviter les fidèles à cette lecture et surtout ne peuvent pas leur donner une initiation vraiment suffisante.

Et pourtant une lecture personnelle de la Bible est particulièrement bienvenue dans le cadre de la société actuelle pluraliste, diversifiée,  multi-religieuse et multi-culturelle où les chrétiens ne forment plus un ensemble cohérent et où leur situation de diaspora apparaît de plus en plus évidente. Pour que la foi ait un enracinement solide et profond il faut la fréquentation permanente de cette source vive de vie spirituelle. Un peu partout on enregistre une baisse de fréquentation de la messe quotidienne. Le chrétien doit donc trouver un aliment pour sa foi dans l'écoute directe de l'Écriture. Il n’y a plus une intense vie communautaire qui permet au chrétien de façonner sa foi et qui l'aide à la vivre dans le monde. C’est donc la Parole de Dieu dans l’Écriture Sainte, qui lui permettra de nourrir sa foi, de trouver des règles de conduite, de discerner les signes des temps et de prier.

Ici, j’aimerais bien dire deux mots concernant les jeunes générations qui vivent aujourd'hui une crise de leur vie spirituelle dans l’Église catholique. La pastorale de l’Église catholique est de plus en plus confrontée à un déclin de la vie spirituelle. La codification institutionnelle de la foi et la réduction de l’évangile à des principes moraux ont fait naître l'idée que la vie chrétienne consistait plus en un vague engagement social et en un style de vie altruiste, fondé sur des valeurs comme l'honnêteté, la tolérance, la générosité que dans une relation personnelle avec Dieu par l'intermédiaire du Christ. Au lieu d'être le Dieu révélé par Jésus-Christ et connu à travers les Écritures, le Dieu chrétien est réduit à une espèce de symbole chargé d’exprimer l’altruisme des relations. Les instances ecclésiales ne semblent plus capables d'initier à la vie spirituelle. Elles semblent beaucoup plus intéressées par la pastorale de la charité, en faveur de laquelle elles investissent beaucoup d’argent et dépensent beaucoup d'énergie, que par une croissance dans la foi et la sainteté.

Pourquoi beaucoup de jeunes (surtout en France et en Suisse), dans leur recherche de spiritualité, de méditation et de contemplation, se tournent-ils vers l'Orient orthodoxe et même vers l'Extrême-Orient ?  N'est-ce pas, entre autre, à cause du manquement de notre Église ?  Qu’est-il proposé, concrètement, comme moyens d'écoute et de méditation de l'Écriture, à une génération qui comprend la prière beaucoup plus comme une écoute et une méditation que comme un parler à Dieu ? C'est là un point crucial dans la transmission de la foi aux générations futures. Le judaïsme nous a montré comment la foi peut survivre dans la diaspora grâce à la fréquentation personnelle et assidue de l'Écriture et grâce à la sanctification du sabbat qui lui est liée. Dans une intervention mémorable, au Conseil des Conférences Épiscopales Européennes, le cardinal Ratzinger a souligné avec force que, de nos jours également, le sensus fidei grandit par la fréquentation assidue de l'Écriture. Citons une de ses paroles : « Je suis persuadé que la lectio divina est un élément fondamental dans la formation du sensus fidei et par conséquent notre tâche la plus importante » (6). 

« Divina eloquia cum legente crescunt »


Quand la Parole de Dieu résonne dans une communauté, elle suscite, renouvelle et soutient la fides ex auditu (Rm 10,17). Elle cherche aussi à conduire les auditeurs à l'obéissance de la foi (oboeditio fidei : Rm 1,5), grâce à la puissance de l'Esprit Saint qui accompagne toujours la Parole et entraîne les croyants dans une croissance spirituelle. La Parole du Seigneur édifie donc la communauté en édifiant chaque fidèle. Nous pourrions même dire avec Luc que : « La Parole de Dieu croît pendant que le nombre des disciples augmente » (Ac 6,7) ou bien que la Parole de Dieu croît dans la mesure où elle se répand : « La Parole de Dieu croissait et se multipliait » (Ac 12,24). Croissance de la communauté signifie croissance de la Parole, parce que la communauté est le fruit de la Parole efficace de Dieu, mais aussi le lieu où cette Parole est vécue. S'il est vrai que scripturae faciunt christianos  (7), il est également vrai que divina eloquia cum legente crescunt (8), ce qui veut dire que la Parole de Dieu croît par la lecture qui en est faite en Église et trouve son explication vivante par la vie même de l’Église. Nous connaissons bien les paroles de Grégoire le Grand : « Beaucoup de passages de la sainte Écriture que je n’arrivais pas à comprendre seul, je les ai compris en me mettant en face de mes frères (coram fratribus meis positus intellexi)… Et je me suis rendu compte que l'intelligence m'en était donnée grâce à eux » (9). C’est pourquoi la fréquentation assidue des Écritures, en particulier sous la forme de la lectio divina, doit être une occupation personnelle et collective, dans les paroisses et les groupes chrétiens, et non pas seulement, comme c'est le cas habituellement, dans les communautés religieuses. Que l'on pense à la signification profonde que pourrait avoir une lectio divina qui préparerait la célébration eucharistique du dimanche et qui ferait de l'homélie l’aboutissement de cet acte de lecture ! Il est donc important et souhaitable que se répande la pratique de la lectio divina communautaire, aujourd’hui trop rare. Un plus grand effort est nécessaire en ce domaine. Il faut avoir le courage d’instaurer de nouvelles manières de faire, susceptibles de produire des fruits.

La communauté, du reste, est inséparable de l'Écriture, car le livre sans la communauté n'est rien, mais la communauté sans le livre ne peut pas subsister ; c'est en lui qu'elle trouve son identité et sa vocation. Il est impossible de s’en tenir au principe de la sola Scriptura, et la raison en est l’Église. Liber et speculum : par cette formule Saint Bernard définit la communauté comme miroir du livre et le livre comme miroir de la communauté (10). 

Parole et histoire


Il faut enfin parler du rapport entre la Parole de Dieu et l’histoire, et de la meilleure manière d’aborder ce problème. On pourrait faire une pathologie de la lecture en repérant trois tentations.

1. La tentation fondamentaliste qui prétend comprendre la Parole de Dieu sans la fatigue et la patience de l’étude biblique, sans le recours à l’analyse historico-critique et aux autres méthodes exégétiques, sans une herméneutique sous la conduite de l'Esprit. Il n’est pas inutile de rappeler ici le jugement porté par le document de la Commission Biblique Pontificale, L'interprétation de la Bible dans l'Église, sur le fondamentalisme : « Le fondamentalisme invite, sans le dire, à une forme de suicide de la pensée » (11).

2. La tentation spiritualiste qui pense atteindre le message sans confrontation avec la lettre du texte, avec la dure écorce de la parole humaine. Il y a alors un grand risque de manipulation de la Parole de Dieu, de subjectivisme, de réduction du texte biblique à une dimension psychologique ou affective.

3. La tentation de s’en tenir à l'histoire, à l'analyse de ce qui est écrit, sans s’intéresser au message. Le risque, dans ce cas, est de faire une coupure entre la lecture biblique et le problème du sens.

Ces tentations se manifestent surtout là où l’on ne tient pas compte des deux chemins possibles pour toute lecture biblique : celui qui va de l'Écriture à la vie (cf. Lc 4,16-30) et celui qui va de la vie à l'Écriture (Lc 24,13-35). Le chemin qui va de l'Écriture à la vie est certainement le plus emprunté par les communautés chrétiennes, et à juste titre. Lui donner une primauté signifie qu’on reconnaît la Seigneurie de la Parole de Dieu sur la communauté. La Parole inspire, suscite l’adhésion, provoque la foi. Il est pourtant nécessaire d’emprunter également l’autre chemin qui demande une attention aux événements, une analyse des situations pour y déceler un appel, un signe aussi bien dans l’espace que dans le temps. Il comporte certes le danger d'instrumentaliser la Parole de Dieu, d'en faire le support d'une pré-compréhension idéologique. Dans ce cas, la Parole n’est plus le critère pour discerner les signes des temps, mais elle devient l’objet d’une interprétation tendancieuse. Dans ce cas, la lecture devient réductrice et idéologique.

Conclusion

J'ai énuméré quelques problèmes qui se dressent sur le chemin de la lecture assidue des Écritures et de la lectio divina.  Mais il est certain que, malgré les difficultés et les problèmes, l'avenir de l'Église sera marqué par la pratique de plus en plus répandue de la lecture des Écritures. Si le second millénaire a été marqué par une sorte de mise en quarantaine de l'Écriture, les prochaines décennies, au début du troisième millénaire, continueront à être marquées par l'impulsion dynamique donnée par la Constitution Dei Verbum. C'est ce que requièrent la nouvelle situation de diaspora des chrétiens, la confrontation avec les autres religions, ainsi que le besoin de donner toujours davantage une forme méditative et réceptive à la prière.

En donnant une place accrue à la Parole de Dieu dans la vie de chaque chrétien comme dans la vie des communautés on va droit à l’essentiel : que la sequela sancti Evangelii façonne de plus en plus l'existence des croyants. La vie des chrétiens doit devenir une exégèse vivante de l'Écriture, de la Parole faite chair dans le monde et dans l'histoire, au milieu des hommes !


BIB n° 54 (Juin 2000), p. 10.

(Trad. J. Stricher)


_____________


1. E. Bianchi, La centralità della Parola di Dio, dans Il Vaticano II e la Chiesa, éd. G. Alberigo et J.-P. Jossua, Paideia, Brescia 1985, p. 159-187.

2. Cf. E. Bianchi, La lettura spirituale della Bibbia, Piemme, Casale Monferrato 1998; Id., L'essere povero come condizione essenziale per leggere la Bibbia, Qiqajon, Bose 1991; Id., Dall'ascolto della Parola alla preghiera liturgica, Qiqajon, Bose 1990; Id., Lectio divina e vita religiosa oggi, Qiqajon, Bose 1995.

3. Y. M.-J. Congar, Les deux formes du pain de vie dans l'évangile et dans la tradition, dans AAVV, Parole de Dieu et sacerdoce, Mélanges Weber, Desclée & Cie, Paris-Tournai-Rome-New York 1962, p. 21-58; E. Lipinski, La Parole et le Pain, dans Id., Essais sur la révélation et la Bible, Cerf, Paris 1970, p.65-90; W. Vogels, La parole de Dieu comme nourriture, dans La Pâque du Christ, Mystère de salut, Mélanges offerts au P. F.-X. Durwell pour son 70e anniversaire, Cerf, Paris 1982, p. 33-50. Une perspective historico-théologique se trouve dans A. Milano, La Parola nella Eucaristia, Dehoniane, Rome 1990.

4. Références et citations dans E. Bianchi, La lettura spirituale della Bibbia, op. cit., p. 42-64.

5. Sur le thème de l'efficacité et de la puissance de la Parole, voir :  I. de la Potterie, L'efficacité de la Parole de Dieu, dans Lumen Vitae 10 (1955), p. 57-62; F. L. Moriarty, Word as Power in the Ancient Near East, dans A Light unto My Past, Old Testament Studies in Honor of Jacob M. Myers, éd. H. N. Bream, R. D. Heim, C. A. Moore, Temple University Press, Philadelphie 1974, p. 345-362; A. C. Thiselton, The Supposed Power of Words in the biblical Writings, dans Journal of Theological Studies 25 (1974), p. 283-299; F. E. Crowe, The Power of Scriptures :  An Attempt at Analysis, dans Word and Spirit, Essays in Honor of David Michael Stanley on His 60th Birthday, éd. J. Plevnik, Regis College Press, Willovrdale (Ontario), 1975, p. 323-347.

6. Cité dans E. Bianchi, Ai presbiteri, Qiqajon, Bose 1999, p. 6.

7. Ainsi J. Caillot paraphrasant Augustin : J. Caillot, L'évangile de la communication, Cerf, Paris 1989, p. 162.

8. Grégoire le Grand, Hom. in Hiezechielem 17,8. Cf. P. C. Bori, L'interpretazione infinita. L'ermeneutica christiana antica e le sue trasformazioni, Il Mulino, Bologna 1987.

9. Hom. in Hiezechielem II,1.

10. Cf. E. Bianchi, La parola construisce la comunità, Qiqajon, Bose 1993. Sur le rapport entre écoute et communauté, voir les intéressantes observations de Gh. Lafont, Dieu, le temps et l'être, Cerf, Paris 1986, p. 126 et passim.

11. Pontificia Commissione Biblica, L'interpretazione della Bibbia nella Chiesa, dans Il Regno-documenti 5 (1994), p. 140. Le document a été publié le 18 novembre 1993.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org