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Synode (XIIe, octobre 2008)
Propositions synodales sur Parole de Dieu et vie de l'Église
Théologie
 
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Voici quelques propositions tirées du chapitre 2 intitulé « La Parole de Dieu dans la vie de l'Église ».
 

Le XIIe Synode des évêques catholiques s'est tenu à Rome en octobre 2008. Il a porté sur « La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l'Église ». Nous avons fait écho à sa préparation (voir la contribution du SBEV envoyée à la Fédération Biblique Catholique dans le BIB  n°70, juin 2008) et à son déroulement (voir le compte-rendu de Mgr Pierre-Marie Carré dans le Cahier Évangile n° 147, mars 2009). Le 25 octobre 2008, les pères synodaux ont remis une liste de 55 propositions au pape Benoît XVI. Celui-ci a permis la publication d'une version provisoire et non officielle (traduite sur www.zenit.org du 11 au 26 novembre 2008).

 

Voici quelques-unes de ces propositions. Elles sont tirées du chapitre 2 intitulé « La Parole de Dieu dans la vie de l'Église ». Nous avons retenu ce qui concerne la liturgie, la catéchèse, la recherche exégétique et l'animation biblique de la pastorale.

Proposition 14 : Parole de Dieu et liturgie

L'Assemblée convoquée et réunie par l'Esprit pour écouter la proclamation de la Parole de Dieu, se retrouve transformée par l'action même de l'Esprit qui se manifeste dans la célébration. En effet, là où se trouve l'Église, se trouve l'Esprit du Seigneur ; et où se trouve l'Esprit du Seigneur, se trouve l'Église (cf. Saint Irénée, Adversus haereses, III, 24, 1).

Les pères synodaux répètent que la liturgie constitue le lieu privilégié où la Parole de Dieu s'exprime pleinement, aussi bien dans les célébrations des sacrements, que, surtout, dans l'Eucharistie, dans la liturgie des Heures et dans l'Année liturgique. Le mystère du salut raconté dans l'Écriture Sainte trouve dans la liturgie son lieu d'annonce, d'écoute et de mise en pratique.

À cette fin on demande par exemple que :

- le livre des Saintes Écritures occupe une place visible et à l'honneur dans l'église, même en dehors des célébrations liturgiques.

- le silence après la première et la deuxième lecture et à la fin de l'homélie, soit encouragé, comme cela est suggéré dans la Présentation générale du Missel romain (cf. n. 56).

- des célébrations de la Parole de Dieu centrées sur les lectures dominicales puissent être envisagées.

- les lectures des Écritures Saintes soient proclamées à partir de livres liturgiques dignes, par exemple le Lectionnaire et l'Evangéliaire, qui seront l'objet du plus profond respect pour la Parole de Dieu qu'ils contiennent.

- que soit valorisé l'Evangéliaire par une procession qui précède la proclamation, notamment en lui conférant un caractère solennel.

- que soit mis en évidence le rôle des serviteurs de la proclamation : les lecteurs et les chanteurs.

- les lecteurs et les lectrices soient formés de manière adaptée afin qu'ils puissent proclamer la Parole de Dieu de manière claire et compréhensible. Que ces derniers soient invités à étudier et à témoigner par leur vie les contenus de la Parole qu'ils lisent.

- la Parole de Dieu soit proclamée de manière claire, dans la connaissance de la dynamique de la communication.

- ne soient pas oubliées, en particulier dans la liturgie eucharistique, les personnes qui rencontrent des difficultés dans la réception de la Parole de Dieu transmise par les moyens usuels, comme les non-voyants ou les malentendants.

- l'on utilise de manière efficace les instruments sonores.

En outre les pères synodaux ressentent le devoir de rappeler la grave responsabilité de ceux qui président l'Eucharistie afin qu'ils ne remplacent jamais les textes de l'Écriture Sainte par d'autres textes. Aucun texte de spiritualité ou de littérature ne peut atteindre la valeur et la richesse contenues dans les Saintes Écritures qui sont Parole de Dieu.

Proposition 15 : Actualisation à travers l'homélie et « Directoire sur l'homélie »

L'homélie permet l'actualisation de la Parole proclamée : « Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture » (Lc 4, 21). Celle-ci conduit au mystère qui est célébré, invite à la mission et partage les joies et les douleurs, les espérances et les peurs des fidèles - préparant ainsi l'assemblée aussi bien à la profession de foi (credo) qu'à la prière universelle de la messe.

Il devrait y avoir une homélie au cours de toutes les messes « cum populo », même en semaine. Il faut que les prédicateurs (évêques, prêtres, diacres) se préparent dans la prière, afin qu'ils prêchent avec conviction et passion. Ils doivent se poser trois questions :

- Que disent les lectures proclamées ?

- Que me disent-elles à moi personnellement ?

- Que dois-je dire à la communauté, en tenant compte de sa situation concrète ?

Le prédicateur doit avant tout se laisser interpeller lui d'abord par la Parole de Dieu qu'il annonce. L'homélie doit être nourrie par la doctrine et transmettre l'enseignement de l'Église pour renforcer la foi, appeler à la conversion dans le cadre de la célébration et préparer à l'accomplissement du mystère pascal eucharistique.

Pour aider le prédicateur dans le ministère de la Parole, et dans la ligne de l'enseignement de l'exhortation apostolique post-synodale Sacramentum caritatis (cf. n. 46), les Pères synodaux souhaitent que soit élaboré un « Directoire sur l'homélie » dont le but serait d'exposer, outre les principes de l'homélie et de l'art de la communication, le contenu des thèmes bibliques récurrents dans les lectionnaires utilisés dans la liturgie.

Proposition 16 : Lectionnaire

On recommande d'entamer une analyse du Lectionnaire romain pour voir si la sélection actuelle et l'organisation des lectures sont vraiment adaptées à la mission de l'Église en ce moment de l'histoire. Le lien de la lecture de l'Ancien Testament avec la péricope évangélique doit être revu en particulier, de manière à ce qu'il n'implique pas une lecture trop restrictive de l'Ancien Testament ou l'exclusion de certains passages importants.

La révision d'un Lectionnaire pourrait être faite en dialogue avec les partenaires œcuméniques qui utilisent ce Lectionnaire commun.

On souhaite que soit analysée de manière autorisée, la question du Lectionnaire dans la liturgie des Églises catholiques orientales.

Proposition 17 : Le ministère de la Parole et les femmes

Les pères synodaux reconnaissent et encouragent le service des laïcs dans la transmission de la foi. Les femmes en particulier, jouent à ce niveau un rôle indispensable surtout dans la famille et dans la catéchèse. En effet, elles savent susciter l'écoute de la Parole, la relation personnelle avec Dieu et transmettre le sens du pardon et du partage évangélique.

On souhaite que le ministère de lecteur soit ouvert aussi aux femmes, de manière à ce qu'au sein de la communauté chrétienne soit reconnu leur rôle d'annonciatrice de la Parole de Dieu.

Proposition 18 : Célébrations de la Parole de Dieu

Selon les diverses formes reçues de la tradition liturgique, on recommande la célébration de la Parole de Dieu (cf. Sacramentum caritatis 35). De nombreuses communautés ecclésiales, qui n'ont pas la possibilité de célébrer l'Eucharistie le dimanche, trouvent dans la célébration de la Parole la nourriture pour leur propre foi et pour le témoignage chrétien.

La célébration de la Parole est un des lieux privilégiés de la rencontre avec le Seigneur, parce qu'au cours de cette proclamation, le Christ est présent et continue à parler à son peuple (cf. SC 7). Même au milieu du vacarme d'aujourd'hui, qui rend très difficile une écoute effective, les fidèles sont encouragés à cultiver une disposition au silence intérieur et une écoute de la Parole de Dieu qui transforme la vie.

Les pères synodaux recommandent que soient formulés des directoires des rites, en s'appuyant sur l'expérience des Églises dans lesquelles des catéchistes formés guident habituellement les assemblées dominicales autour de la Parole de Dieu. Leur but sera de faire en sorte que de telles célébrations ne se confondent pas avec la liturgie eucharistique.

L'accueil de la Parole, la prière des laudes, l'action de grâce et la prière de demande, qui composent les célébrations de la Parole de Dieu, sont des manifestations de l'Esprit dans le cœur des fidèles et dans l'assemblée chrétienne réunie autour de la Parole de Dieu. L'Esprit Saint en effet, fait que la Parole de Dieu proclamée et célébrée fructifie dans le cœur et dans la vie de celui ou celle qui la reçoit.

Nous considérons en outre que les pèlerinages, les fêtes, les diverses formes de piété populaire, les missions, les rites spirituels et les jours spéciaux de pénitence, de réparation et de pardon sont aussi une opportunité concrète offerte aux fidèles pour célébrer la Parole de Dieu et approfondir sa connaissance.

[...]

Proposition 21 : Parole de Dieu et petites communautés

Le synode recommande la création de petites communautés ecclésiales d'écoute et d'étude et de prière de la Parole de Dieu, également sous la forme du chapelet comme méditation biblique (cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae). Dans de nombreux pays il y a déjà des petites communautés composées de familles, enracinées dans les paroisses ou liées aux divers mouvements ecclésiaux et nouvelles communautés. Celles-ci se réunissent régulièrement autour de la Parole de Dieu pour la partager, et ils en reçoivent de la force.

Certaines n'ont que rarement la possibilité de célébrer l'Eucharistie. Ils font l'expérience de la communauté et rencontrent la Parole de Dieu personnellement. À travers la lecture de la Bible ils font l'expérience d'être aimés personnellement de Dieu. Le service des laïcs qui guident ces communautés doit être pris en considération et promu, car ils rendent un service missionnaire auquel tous les baptisés sont appelés.

Proposition 22 : Parole de Dieu et lecture orante

Le synode propose que l'on exhorte les fidèles, également les jeunes, à aborder les Écritures à travers une « lecture orante » et assidue (cf. Dei Verbum 25), afin que le dialogue avec Dieu devienne une réalité quotidienne du peuple de Dieu.

Pour cela, il est important :

- que l'on relie profondément la lecture orante à l'exemple de Marie et des saints dans l'histoire de l'Église, qui ont fait la lecture de la Parole selon l'Esprit ;

- d'avoir recours à des maîtres en la matière ;

- de s'assurer que les pasteurs, prêtres et diacres, et de manière particulière les futurs prêtres, aient une formation adaptée afin de pouvoir à leur tour former le peuple de Dieu dans cette dynamique spirituelle ;

- que les fidèles soient initiés en fonction des circonstances, des catégories et des cultures, à la méthode de lecture orante la plus appropriée, personnelle et/ou communautaire (Lectio divina, Exercices spirituels dans la vie quotidienne, Seven Steps en Afrique et ailleurs, diverses méthodes de prière, partage en famille et dans les communautés ecclésiales de base, etc.) ;

- que l'on encourage la pratique de la lecture orante à partir des textes liturgiques que l'Église propose pour la célébration eucharistique dominicale et quotidienne, pour mieux comprendre le rapport entre Parole et Eucharistie ;

- que l'on veille à ce que la lecture orante, surtout communautaire, des Écritures, débouche sur un engagement de charité (cf. Lc 4,18-19).

Conscients de la large diffusion actuelle de la Lectio divina et d'autres méthodes analogues, les pères synodaux y voient un véritable signe d'espérance et encouragent tous les responsables ecclésiaux à multiplier les efforts en ce sens.

Proposition 23 : Catéchèse et Écriture sainte

La catéchèse doit s'enraciner de préférence dans la révélation chrétienne. Elle doit prendre comme modèle la pédagogie de Jésus sur le chemin d'Emmaüs.

Sur le chemin d'Emmaüs Jésus ouvre le cœur des disciples à l'intelligence des Écritures (cf. Lc 24, 27). Sa manière de procéder montre que la catéchèse qui s'enracine dans la révélation chrétienne suppose l'explication des Écritures. Elle nous invite aussi à rejoindre les hommes d'aujourd'hui pour leur transmettre l'évangile du salut :

- aux enfants les plus petits avec une attention particulière ;

- à ceux qui ont besoin d'une formation plus approfondie qui s'enracine dans les Écritures ;

- aux catéchumènes qu'il faut accompagner dans leur cheminement, en leur montrant le plan de Dieu à travers la lecture de l'Écriture sainte, en les préparant à rencontrer le Seigneur dans les sacrements de l'initiation chrétienne, à s'engager dans la communauté et à être missionnaires.

Le catéchuménat pré-baptismal doit être suivi d'une mystagogie post-baptismale, une formation continue au centre de laquelle doivent se trouver l'Écriture sainte et le Catéchisme de l'Église catholique.

[...]

Proposition 25 : Deux niveaux sont nécessaires dans la recherche exégétique

L'herméneutique biblique proposée dans Dei Verbum 12 reste très actuelle et efficace. Elle prévoit deux niveaux de méthode distincts et corrélés, pour un travail exégétique adéquat.

Le premier niveau correspond à ce que l'on appelle la méthode historico-critique, qui a souvent porté du fruit dans la recherche moderne et contemporaine et qui est entrée dans le domaine catholique, surtout à partir de l'Encyclique du serviteur de Dieu Pie XII Divino Afflante Spiritu. Cette méthode a été rendue nécessaire par la nature même de l'histoire du salut qui n'est pas une mythologie mais une histoire vraie avec son sommet dans l'incarnation du Verbe, divin et éternel, qui vient habiter dans le temps des hommes (cf. Jn 1,14). Il est par conséquent nécessaire d'étudier également la Bible et l'histoire du salut avec les méthodes de la recherche historique sérieuse.

Le deuxième niveau méthodologique, nécessaire pour une interprétation juste des Saintes Écritures, correspond à la nature également divine des paroles bibliques humaines. Le Concile œcuménique Vatican II rappelle à juste titre que la Bible doit être interprétée avec l'aide de ce même Esprit Saint qui a guidé sa mise par écrit.

L'herméneutique biblique ne peut être considérée accomplie si - parallèlement à l'étude historique des textes - elle ne recherche pas aussi de manière adéquate leur dimension théologique. Dei Verbum identifie et cite les trois points de référence décisifs pour parvenir à la dimension divine et donc au sens théologique des Saintes Écritures. Il s'agit du contenu et de l'unité de toute l'Écriture, de la tradition vivante de toute l'Église et enfin, de l'attention à l'analogie de la foi. « Seulement dans le cas où les deux niveaux méthodologiques, celui de nature historique et critique et celui de nature théologique, sont observés, on peut alors parler d'une exégèse théologique - d'une exégèse adaptée à ce Livre » (Benoît XVI, 14 oct 2008).

Proposition 26 : Élargir les perspectives de l'étude exégétique actuelle

Rien ne vaut les fruits apportés par l'utilisation de la recherche historico-critique moderne ; en même temps, on ne peut pas considérer les études exégétiques actuelles sans un regard attentif aux difficultés également. L'actuelle exégèse académique, également catholique, travaille à un très haut niveau pour ce qui concerne la méthodologie historico-critique, y compris avec ses heureuses intégrations plus récentes (cf. Commission biblique pontificale, L'interprétation de la Bible dans l'Église), mais on ne peut pas en dire autant de l'étude de la dimension théologique des textes bibliques. Le niveau théologique indiqué par les trois éléments de Dei Verbum 12, est malheureusement très souvent presque absent.

La première conséquence de cette absence est que la Bible devient pour les lecteurs d'aujourd'hui un livre du passé uniquement, désormais incapable de parler à notre monde actuel. Dans ces conditions, l'exégèse biblique risque de devenir de l'historiographie pure et une histoire de la littérature.

La deuxième conséquence, peut-être encore plus grave, est la disparition de l'herméneutique de la foi indiquée par Dei Verbum. Une herméneutique positiviste et séculariste qui nie la possibilité de la présence du divin et de l'accès au divin dans l'histoire de l'homme, tend alors, de fait, à prendre la place de l'herméneutique croyante.

Les Pères synodaux remercient sincèrement les nombreux exégètes et théologiens qui ont apporté et continuent d'apporter une aide essentielle dans la découverte du sens profond des Écritures mais ils demandent à tous de s'engager davantage pour que l'on parvienne avec plus de force et de clarté au niveau théologique de l'interprétation biblique.

Pour réussir vraiment à faire grandir cet amour pour les Écritures, comme le souhaite le Concile, il faudra appliquer avec davantage de soin les principes indiqués de manière exhaustive et claire dans Dei Verbum

Proposition 27 : Surmonter le dualisme entre exégèse et théologie

Pour la vie et la mission de l'Église et pour l'avenir de la foi au sein des cultures contemporaines, il faut surmonter le dualisme entre exégèse et théologie. Il n'est malheureusement pas rare, même aux niveaux académiques les plus élevés, que l'on sépare exégèse et théologie de manière stérile.

Une conséquence préoccupante de cela est l'incertitude et le manque de solidité qui caractérisent le cheminement de formation intellectuel, notamment de certains futurs candidats aux ministères ecclésiaux. La théologie biblique et la théologie systématique sont deux dimensions de cette réalité unique que nous appelons théologie.

Les Pères synodaux lancent donc un appel, avec estime, aussi bien aux théologiens qu'aux exégètes afin que grâce à une collaboration plus claire et harmonieuse, ils ne privent pas la théologie contemporaine de la force des Écritures et ne réduisent pas l'étude des Écritures à la seule révélation de la dimension historiographique des textes inspirés. « Là où l'exégèse n'est pas théologie, l'Écriture ne peut être l'âme de la théologie et, vice versa, là où la théologie n'est pas essentiellement interprétation de l'Écriture dans l'Église, cette théologie n'a plus de fondement » (Benoît XVI, 14 oct 2008).

Proposition 28 : Dialogue entre exégèse, théologiens et pasteurs

On demande aux Conférences épiscopales de promouvoir des rencontres régulières entre les pasteurs, les théologiens et les exégètes pour promouvoir une plus grande communion au service de la Parole de Dieu. Les Pères synodaux souhaitent qu'exégètes et théologiens puissent partager toujours mieux les fruits de leur science pour l'augmentation de la foi et l'édification du peuple de Dieu, en conservant toujours à l'esprit les dimensions caractéristiques de l'interprétation catholique de la Bible (cf. Commission biblique pontificale, L'interprétation de la Bible dans l'Église, III).

Proposition 29 : Difficulté de la lecture de l'Ancien Testament

Des difficultés dans la lecture de l'Ancien Testament surgissent parfois à cause de textes contenant des éléments de violence, d'injustice, d'immoralité, de figures bibliques, parfois même importantes, peu exemplaires.

Une préparation adéquate des fidèles pour la lecture de ces pages est donc nécessaire ainsi qu'une formation qui permette de lire les textes dans leur contexte historique et littéraire pour favoriser la lecture chrétienne. La clé herméneutique centrale de cette lecture chrétienne est l'Évangile et le commandement nouveau de Jésus Christ qui s'est accompli dans le mystère pascal. On recommande par conséquent de ne pas négliger la lecture de l'Ancien Testament qui, malgré quelques difficultés, est essentiel à la compréhension totale de l'histoire du salut (cf. Dei Verbum 15).

Proposition 30 : Pastorale biblique

Dei Verbum exhorte à faire de la Parole de Dieu non seulement l'âme de la théologie mais aussi l'âme de toute la pastorale, de la vie et de la mission de l'Église (cf. DV 24). Les évêques doivent être les premiers promoteurs de cette dynamique dans leurs diocèses. Pour annoncer la Parole, pour l'annoncer de manière crédible, l'évêque doit se nourrir lui le premier, de la Parole de Dieu, pour soutenir et rendre toujours plus féconde son ministère épiscopal. Le synode recommande d'intensifier la « pastorale biblique » non pas en la juxtaposant à d'autres formes de la pastorale mais comme animation biblique de toute la pastorale.

Tous les baptisés participent à la mission de l'Église sous la conduite des pasteurs. Les Pères synodaux souhaitent exprimer leur plus vive estime, leur reconnaissance et leurs encouragements pour le service à l'évangélisation que tant de laïcs, en particulier des femmes, offrent avec générosité et esprit d'engagement, dans les communautés dispersées à travers le monde, à l'exemple de Marie Madeleine, premier témoin de la joie pascale.

[...]

Proposition 33 : Formation biblique des chrétiens

L'amour de la Bible est une grâce de l'Esprit Saint qui imprègne toute la vie du croyant. Il faut donc former les chrétiens à apprécier ce don de Dieu : « Si tu savais le don de Dieu... » (Jn 4,10), dit le Seigneur.

Il est par conséquent souhaitable que dans chaque région culturelle soient établis des centres de formation pour les laïcs et pour les missionnaires de la Parole où l'on apprenne à comprendre, vivre et annoncer la Parole de Dieu. Par ailleurs, selon les diverses nécessités, il faudrait fonder des instituts spécialisés en études bibliques pour exégètes afin qu'ils aient une solide compréhension théologique et qu'ils soient sensibles aux contextes de leur mission. Ceci peut être fait aussi en réexaminant ou en renforçant les structures qui existent déjà, comme les séminaires ou les facultés. Il est enfin nécessaire d'offrir une formation adéquate dans les langues bibliques, aux personnes qui traduiront la Bible en différentes langues modernes.

© SBEV, Bulletin Information Biblique n° 73 (Décembre 2009), p. 1.

 

 
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org