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Disciple
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Marie-Madeleine
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Pécheresse
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Debergé Pierre
Marie-Madeleine, pécheresse et disciple
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Mise au point sur des légendes et des récits apocryphes...
 
Bien qu'absente des plus anciennes confessions de foi (cf. 1 Co 15,3-8), Marie-Madeleine a toujours occupé une place importante dans le cœur des chrétiens, mais moins comme apôtre que comme pécheresse repentante. Mise au point.

Issus de milieux souvent marginaux, plusieurs évangiles "apocryphes" évoquent la figure de Marie-Madeleine. Dans l'évangile de Pierre (début du 2e siècle de notre ère), elle fait partie des femmes qui se rendent au tombeau pour oindre le cadavre de Jésus. Seule à être nommée, elle est qualifiée de disciple.

D'abord disciple du Ressuscité…
Dans l'évangile de Marie, un peu plus tardif, Marie Madeleine encourage les apôtres désespérés après le départ de Jésus. À la demande de Pierre, elle leur partage des révélations secrètes que le Sauveur lui a faites. Dans ces récits apparaît l'image d'une femme particulièrement proche du Seigneur ; à la tête des disciples, c'est elle qui les envoie en mission, mais non sans avoir auparavant réparti les champs missionnaires !

La plupart des Pères de l'Église s'accordent à dire que Marie-Madeleine a été un témoin privilégié de la Résurrection. Hippolyte de Rome (mort en 238) la qualifie même d'apôtre, un titre réservé principalement dans le Nouveau Testament aux Douze et à Paul ! Chez Ambroise de Milan (339-397), elle est considérée comme la nouvelle Ève qui ouvre les portes de la rédemption à toutes les femmes. Elle est le symbole de la force de la grâce du Christ, qu'elle transmet par l'annonce de la Résurrection.

…puis pécheresse pardonnée.
Avec Grégoire le Grand (540-604), pour la première fois, Marie est identifiée avec la pécheresse de chez Simon (Lc 7,37-50). Elle n'est plus alors le témoin privilégié de la Résurrection, mais un modèle de conversion et de pénitence que l'on propose aux pécheurs. S'ajoutent à cela d'autres traits, tirés pour la plupart de nombreuses légendes. Ainsi, d'après la Légende dorée (13e siècle), Marie-Madeleine aurait évangélisé Marseille puis se serait retirée dans une grotte (la Sainte Baume), vivant d'ascèse et de larmes, des anges l'emportant au ciel à sa mort.

Ces récits témoignent de la ferveur qui a entouré la figure de Marie-Madeleine ; ferveur qui se traduira par les nombreux sanctuaires que l'on érigera en son honneur, par des villes et même des quartiers que l'on mettra sous sa protection. Comment expliquer cet immense élan populaire ? Sans doute parce que ceux qui la vénéraient étaient sensibles au fait que Marie-Madeleine avait connu le péché et la souffrance. Plus qu'une autre, elle pouvait donc les aider à vivre et à surmonter leurs propres faiblesses. Enfin, en rendant un culte à celle qui avait côtoyé Jésus et rencontré le Ressuscité, ils entraient déjà, d'une certaine manière, dans le jardin de la Résurrection…

SBEV. Pierre Debergé


De la Bible à la théologie féministe, parcours au fil des âges :
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