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Jérémie
Dossier pour lire le livre de Jérémie - I
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Documents 1 à 4.
 

• Document 1

« La parole du Seigneur s’adressa à moi… » (Jérémie 1,4-10)

Chaque personne est en possession d’une photocopie de ce passage d’Isaïe

« La parole du Seigneur s’adressa à moi… ». Telle est l’une des premières phrases que rencontre le lecteur qui ouvre la Bible au livre de Jérémie.

C’est avec ces premiers mots que je vous invite à entrer dans la lecture de ce livre.

Chacun de nous va prendre le temps de lire ou relire ces quelques lignes (Jr 1,4-10), va les méditer. À chacun de recevoir ce texte comme bon lui semble.

Dans un second temps chacun partagera avec son voisin, sa voisine, le fruit de sa réflexion.

Après cet échange, nous élargirons le partage à l’ensemble du groupe et nous recueillerons les réactions, questions suscitées par cette lecture. Celles-ci nous accompagneront le temps de notre week-end et nous tâcherons d’y répondre


• Document 2

« Le contexte historique, biblique et théologique de la rédaction du livre de Jérémie », par Thomas Römer (1)

1. Qui a écrit le livre de Jérémie ?

Est-ce Jérémie qui a écrit ce livre ?

Les « confessions » (par exemple Jérémie 20) dans lesquelles Jérémie parle à la première personne peuvent laisser penser qu’il en est l’auteur. D’autres textes, très nombreux, où il est question du prophète à la troisième personne suggèrent que d’autres ont contribué à la rédaction du livre. De fait, il faut certainement abandonner l’idée du prophète écrivain, rédacteur de son propre livre. En effet, d’une manière générale, les prophètes - dont Jérémie - ont transmis oralement leur message.

On peut trouver une piste dans le chapitre 36 du livre de Jérémie (Jr). Celui-ci met en scène un scribe, Baruch, qui met par écrit un certain nombre de paroles de Jérémie.

La réalité historique du personnage de Baruch n’est pas prouvée. Il existe bien un sceau de l’époque royale qui porte l’inscription « pour Baruch fils de Nériya » et on ne peut exclure qu’il s’agit du Baruch du livre de Jérémie ; mais on ne peut pas avoir de certitude absolue puisque ce nom était très répandu.

Quoiqu’il en soit de l’historicité de Baruch, Jr 36 indique clairement que ce n’est pas le prophète qui a écrit le livre. Jérémie dicte à Baruch les paroles que le Seigneur lui a adressées. Puis Baruch porte lui-même le rouleau au roi car Jérémie a un « empêchement » ; ce dernier est ainsi absent du centre de l’histoire. Baruch est invité par des ministres et ils font la lecture au roi qui découpe et brûle le livre, ce qui provoque la colère de Yahvé et l’annonce de la destruction de Jérusalem et la fin de la dynastie davidique. Jérémie reçoit l’ordre, de la part de Dieu, de dicter un second livre avec beaucoup d’autres paroles à cause de ce qui s’est passé à la cour de Yoyaqim. Jr 36 est un texte qui indique que l’histoire de la rédaction du livre est compliquée.

Ce récit de Jr 36 fait écho au livre trouvé en 2R 22-23. Josias, lui, brûle les objets du culte idolâtre et apparaît comme le roi idéal 2, contrairement à Yoyaqim. En effet, Josias fait ce qu’il faut faire alors que Yoyaqim, à l’annonce de la catastrophe, ne déchire pas ses vêtements. La date de 605 rappelle la bataille de Karkémish à la suite de laquelle les Babyloniens vont devenir les nouveaux maîtres du monde (cf. l’annonce de «l’ennemi du Nord» en Jr 2-6). L’action de Yoyaqim déclenche la réalisation du jugement annoncé.

Notons encore qu’en Jr 36, le prophète est quasiment absent (il n’est là qu’au début). L’enjeu du récit n’est pas le comportement du roi par rapport au prophète comme chez Esaïe avec Achaz.  Le roi est interpellé par le livre, ainsi le livre se substitue ici au prophète (cf. en 2R 22 la prophétesse Houlda que l’on va consulter comme interprète du livre). À l’épo-que perse, le prophète ne va être accessible que via le livre ; le Talmud signale qu’à l’époque perse, le Seigneur a retiré l’esprit aux prophètes et a donné celui-ci aux sages et aux scribes qui donneront accès aux paroles du Seigneur via leurs écrits.

Jr introduit cette idée que la vraie prophétie est désormais écrite ; ce livre est la charnière entre le prophétisme pré-exilique (relation prophète/roi) et celui de l’époque perse (relation prophète/livre). La question du faux prophète se trouve en même temps réglée.

Pour contrebalancer cette conception statique de la prophétie, on annonce le retour du prophétisme à la fin des temps (cf. le retour d’Elie annoncé à la fin du livre de Malachie ; et la discussion sur l’identité de Jésus dans le Nouveau Testament, où certains voient en lui Elie revenu).

2. Les deux livres de Jérémie 

Il y a deux livres de Jérémie : le texte massorétique ( = TM) et le texte grec, la Septante ( = LXX).  Le texte de la Septante dérive d’un autre texte hébreu que celui que nous connaissons aujourd’hui et il est plus court d’1/6 (environ 3300 mots de moins).

Il est difficile d’imaginer qu’un traducteur ait pu prendre une telle liberté avec sa traduction, d’autant que la traduction n’est pas seulement plus courte mais organisée différemment,

En outre, l’ordre des nations n’est pas le même : dans le TM, il y a une progression géographique Sud - Ouest - Est – Nord, alors que la LXX énumère d’abord les 3 grandes puissances (Égypte, Babylone, Élam) puis les autres peuples.

Ces différences entre les deux textes de Jr soulignent la complexité de l’histoire de la rédaction de ce livre.

Dire que le prophète Jérémie n’a pas écrit lui-même le livre n’est pas prononcer un jugement de valeur. Il faut se défaire de nos critères modernes d’authenticité, de vérité. L’enjeu est celui de la valeur d’un texte ; en quoi celle-ci réside-t-elle ?

Les grands commentaires sur Jr au début du siècle estimaient qu’environ 1/8° du livre, c’est-à-dire 200 versets, était de Jérémie. Ils ne commentaient du coup que ces 200 versets, considérant que les versets rédactionnels n’avaient aucun intérêt. On a le droit de se demander si tel chapitre est de la main de Jérémie, mais la valeur des textes ne repose pas là-dessus dans le canon puisque les textes canoniques possèdent tous la même autorité.

Le plan du TM de Jérémie souligne la complexité du livre. Il a fallu beaucoup de temps pour mettre tout cela ensemble, constituer ce qui est maintenant un livre. Jr est donc une collection de livres, une petite bibliothèque contenant des textes anciens qui ont été complétés par d’autres.

Ces textes sont très variés : oracles, prédications, plaintes, récits, etc. Les grands discours constituent une particularité de ce livre si on le compare à d’autres ouvrages prophétiques ; il s’agit de prédications plus ou moins réussies (Jr 7, 11, 34, 35) qui se démarquent du genre littéraire traditionnel et font penser à des textes du Deutéronome et de l’ensemble de l’histoire deutéronomiste (les livres de Josué, Juges, Samuel et Rois). Il faut imaginer l’intervention de rédacteurs liés à ce milieu deutéronomiste ; on a en effet les mêmes style et vocabulaire dans le Deutéronome et en Jr 7, Jr11 et d’autres encore. La pensée est également identique : la catastrophe de l’Exil est interprétée par la désobéissance du peuple à l’alliance deutéronomiste. Ces textes de Jr sont donc écrits par des scribes liés au milieu deutéronomiste.

Un détour par 2 R 24-25 permet de préciser qui sont ces deutéronomistes. Dans ce passage, le prophète Jérémie n’est pas mentionné. Pourquoi ? Peut-être parce qu’il était assez critique vis à vis de la royauté et d’une certaine théologie de Sion selon laquelle Sion serait toujours protégée par Yahvé (cf. 2 R 18-19 avec Ezéchias). 

Ainsi peut-on formuler l’hypothèse suivante : il existerait deux groupes de deutéronomistes ; les pro-royauté, nationalistes, s’exprimant notamment en 2R 24-25, tandis que les deutéronomistes qui s’expriment dans le livre de Jr auraient eu une attitude plus critique par rapport à la royauté et l’institution du Temple.


3. Jérémie 1, 1-3
Ces premiers versets du livre contiennent au moins trois titres :

• « Paroles de Jérémie », verset 1 (comme dans le début du livre de Amos).

On peut aussi traduire par : « Tout ce qui concerne Jérémie », c’est-à-dire l’ensemble des faits, actes et paroles de Jérémie.

•  « La parole du Seigneur s’adresse à Jérémie », verset 2

Ce verset précise le précédent : ce ne sont pas les paroles de Jérémie mais celles du Seigneur.

La mention de la 13° année de Josias ( environ 627 av. J-C) retient l’attention. C’est l’époque qui précède la réforme de Josias ; or le livre de Jr ne parle quasiment jamais de Josias et de se réforme, si ce n’est deux ou trois fois, sans allusion claire à la réforme alors que Jérémie aurait dû être un supporter de celle-ci. Certains exégètes en concluent que la réforme de Josias n’a jamais existé ou que la date de 627 n’est pas biographique.

• Le verset 3

Ce verset est surprenant puisqu’il date la fin du ministère de Jérémie en 587 alors que le prophète continue à parler après cette date dans le pays et en Egypte, lorsqu’il y sera descendu.

Les indications chronologiques de ce verset ne correspondent donc pas aux données du livre. Comment expliquer ce décalage ?

Selon ces versets, le ministère de Jérémie aurait duré de 627 à 587 av. J-C, c’est-à-dire 40 ans, un chiffre qui n’est pas dû au hasard. On retrouve en effet cette durée de 40 années, par exemple, avec Moïse qui a guidé le peuple dans le désert, c’est encore la durée du règne de David. Dans ce récit de vocation, Jérémie est donc mis en parallèle avec Moïse ainsi qu’avec une figure royale.

La situation de Jérémie, inscrite entre 627 et 587 av. J-C, rappelle la réforme de Josias qui met en place une organisation de la société conformément à l’alliance et la catastrophe de Jérusalem, où le jugement a effectivement lieu. L’importance du jugement apparaît encore en Jr 1,9 qui contient  4 verbes de destruction contre 2 de (re)reconstruction - en contraste, Esaïe 40-55 décrit un total renouvellement. En Jr 52, comme en 2R 25, on récapitule l’histoire jusqu’au jugement ; le roi déporté et prisonnier est finalement réhabilité et traité en « ami » par le souverain babylonien, mais reste en exil. Il revient au lecteur d’interpréter cette fin du livre de Jr.


• Document 3

Guide pour la lecture en groupe de Jérémie 1,1-19

1. Lire à voix haute le texte de Jérémie (une personne pour le groupe).

2. Mettre en évidence la construction de ce chapitre.

3. Comparer Jr 1 avec Ex 3,1- 4,17 ; Jg 6,11-24 ; 1 S 3,1-4,1 ; Es 6 ; Ez 1,1-4 . 2,1-3,15. Relever les similitudes et les différences.

4. Questions pour lesquelles proposer des réponses :

- Comment parole et vision sont-elles articulées dans le récit de Jr 1 ?

- Pourquoi avoir mis par écrit des vocations ?


• Document 4
« Jérémie 1 et autres récits bibliques de vocation », par Thomas Römer (1)


1. Récits bibliques de vocation

Plusieurs textes sont comparés à celui de Jérémie 1 : Esaïe 6 ; 1 Samuel 3 ; Ex 3,10-12 ; Jg 6,14-17 ; Ezéchiel 2,3-10

• Jr 1 et Es 6

Dans les deux textes, il y a un jeu entre vocation et vision. En Es 6, le prophète accède à la cour céleste et celle-ci est décrite.

La différence fondamentale entre les deux textes réside dans l’acte de vocation : Esaïe se désigne lui-même comme envoyé, ce qui n’est pas le cas de Jérémie. De plus, en Es 6, la mission du prophète est annoncée comme vaine alors que en Jr 1 la mission, certes difficile, consiste en deux actions : détruire et bâtir.

La vocation d’Esaïe rappelle, dans le livre de l’Exode, l’histoire sacerdotale des plaies et de l’endurcissement, par Dieu, du cœur de Pharaon qui ne peut rien faire.

Es 6 développe une réflexion sur les limites de la prédication prophétique, une réinterprétation du ministère d’Esaïe qui est menée après la destruction de Jérusalem. La vocation prophétique apparaît comme un programme qui n’aboutit pas nécessairement à un succès. La finale « la souche est une semence sainte » est une glose tardive positive.

• Jr 1 et 1 Sam 3

Samuel ne sait pas qui lui parle alors que Jérémie le sait. Samuel est adolescent, Jérémie l’est également. Samuel a besoin d’un initiateur, d’un médiateur. Comme en Es 6, la scène se déroule dans un sanctuaire. L’adolescent est initié par un prêtre. Le récit ne contient pas de refus. La vocation légitime la parole de jugement. On retrouve dans ces récits l’insistance sur l’assistance divine (« je serai avec toi »).

• Ex 3,10-12 ; Jg 6,14-17 ; Ez 2, 3-10

Ce sont les textes les plus proches. Ils appartiennent à un même genre littéraire : tout en gardant leur spécificité, ils possèdent les mêmes motifs :

- envoi

- refus, objection

- Dieu promet l’accompagnement

- concrétisation de cette promesse.

On conclut de cette parenté que tous ces textes appartiennent à un même milieu théologique de production.

Ex 3,10-12 est un mini-récit de vocation intégré dans le grand ensemble d’Ex 3. Il contient les motifs suivants : l’envoi ; l’objection ; l’assurance, la parole d’accompagnement ; le signe mais dans Ex 3, il ne sert à rien, puisqu’il s’agit de l’annonce d’une action future.

En Jg 6, 14-17, on a le même schéma : l’envoi (« c’est moi qui ... ») ; l’objection (« mon clan est le plus faible ») ; l’assurance, la parole d’accompagnement (« Je suis avec toi ») ; le signe réclamé par Gédéon.

En Jr 1 : l’envoi (« partout où je t’envoie »), avec une particularité puisque Jérémie est choisi dès avant la naissance ; l’objection (« je ne sais pas parler, je suis trop jeune ») ; l’assurance, la parole d’accompagnement (« Je suis avec toi ») ; le signe (« toucha ma bouche »).

Ez 2,3-10 : l’envoi (« je t’envoie ») ; l’objection ici sous-entendue (« ne sois pas rebelle ») n’est pas transmise mais provoque la réaction de Dieu ; l’assurance, la parole d’accompagnement sous-entendue au verset 6 ; le signe concret du live à manger (à rapprocher du livre qui devient de plus en plus important avec le temps en Jr 36).

Ez 2 reprend le genre littéraire « deutéronomique » avec une certaine liberté.


2. Pourquoi écrit-on des récits de vocation ?

Il s’agit d’abord de légitimer le prophète.

Dans le livre de Jr il est beaucoup question de faux et vrai prophète. Il existait des prophètes payés par la cour - ceux-là n’ont pas de problèmes de légitimation.

Pour les autres - qui se trouvent souvent en opposition avec le pouvoir, il faut expliquer pourquoi leur parole est vraiment d’inspiration divine et non celle d’un faux prophète. En effet, le critère établi en Dt 18 (ce n’est que si la parole annoncée par le prophète se réalise qu’il s’agit d’un prophète envoyé par Yahvé) ne fonctionne pas, comme le montre la finale du livre de Jonas.

Le récit de vocation répond à ce problème théologique ; en racontant l’objection de l’appelé, on accentue la véracité de sa prophétie car l’objection montre qu’il est prophète contre son gré. Ont besoin de récit de vocation ceux dont la légitimité est contestée (cf. 1R 22 : avant de dire la prophétie, Michée fait appel à une vision dans laquelle il a été introduit à la cour céleste. Il faut comprendre cette vision dans le sens : « je ne dis pas ça parce que ça me plaît mais parce que cela m’est demandé par Dieu »).


3. Le lien entre les visions et la parole

Dans la vocation de Jérémie, il y a le début d’une vision puisque le Seigneur approche sa main. Ce que la TOB traduit par «sache» est en fait « vois ».

Après Jr 1,4-9 on trouve la vision végétale de l’amandier qui permet un jeu de mot - en hébreu, le terme « amandier » vient d’une racine qui signifie « veiller » : Dieu veille sur l’accomplissement de sa parole comme l’atteste l’amandier.

À cette explication il faut ajouter l’importance de l’arbre dans le Proche Orient Ancien : l’arbre y symbolise la fertilité et constitue le signe d’une divinité. Ainsi dans l’Ancien Testament, le terme « ashéra » qui désigne un poteau sacré est en fait une divinité dont le symbole est l’arbre. Ici, en vision, Jérémie est confronté avec le divin.

La seconde vision met en scène un chaudron.

On peut rapprocher cette vision de l’image d’une divinité qui tient dans sa main un vase contenant soit de l’eau de vie soit quelque chose de maléfique, une force d’anéantissement (pouvant provoquer le déluge par exemple).

L’association avec le Nord prépare les chapitres suivants (2 à 6) où l’on trouve encore des  images ; le prophète y est comparé à une ville ou une ville assiégée (cf. dans l’iconographie la  représentation classique des villes qui insiste sur les fortifications), confronté à ce qui va arriver ou l’est déjà ; Jérémie est encore comparé à un pilier du Temple - la parole prophétique se substitue ici à cet édifice et donne un nouveau repère.

Dans le Proche Orient Ancien, ces images sont utilisées pour le roi. En Jr 1, Jérémie apparaît donc à la fois comme une figure royale et comme le dernier des prophètes dans la lignée de Moïse (cf. Dt 18,18 qui annonce la venue d’un prophète comme Moïse, à qui Dieu promet « je mettrai mes paroles dans sa bouche » - propos repris en Jr 1,9).

On retrouve de plus dans le livre de Jr des termes et thèmes chers au livre du Deutéronome : alliance, mise en garde contre les autres dieux. Dans la pensée deutéronomiste, Jérémie est le dernier des prophètes que Dieu a envoyés, mais le peuple ne l’écoute pas.

Dans le Nouveau Testament, Luc utilise la même veine pour Jésus.


© Service Biblique de la Fédération Protestante de France / SBEV, Bulletin Information Biblique n° 60 (Juin 2003) p. 3.


Pour lire la suite de ce dossier sur Jérémie

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(1) Toutes les interventions de Thomas Römer dans ce dossier ne reproduisent pas des textes écrits par T. Römer lui-même, mais des notes prises en cours de séance lors de ses interventions orales, et qu'il a relues ensuite.

 
Jr 1
Jr 10,1-4
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org