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David et Bethsabée
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Enfant
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Mort
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Debergé Pierre
La mort du premier enfant de David et Bethsabée
Théologie
 
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Dieu a-t-il fait mourir l'enfant né de l'adultère de David ? Cette question mérite un éclaircissement.
 
Dans cette histoire, on est souvent choqué par le fait que Dieu semble provoquer la mort de l'enfant né de l'adultère de David. Bien que secondaire cette question mérite un éclaircissement.

La lecture des versets consacrés à la maladie et à la mort de l'enfant (2 Samuel 12,15-23) le montre bien : ce n'est pas la relation entre la faute de David et la mort de l'enfant qui est au cœur de ce récit, mais la description de l'attitude de David. Avec beaucoup de détails, l'auteur note en effet que David prie et jeûne avant la mort de l'enfant. On apprendra ensuite qu'il espérait que le Seigneur aurait ainsi pitié de lui et que l'enfant vivrait. Mais, lorsque l'enfant meurt, David n'accomplit pas le rites funéraires habituels. Cela suscite l'étonnement de son entourage. A ceux qui s'étonnent, David répond par une déclaration empreinte de sagesse et de résignation (2 Samuel 12,22-23).

Le châtiment
Quel est donc le véritable châtiment : la mort de l'enfant ou celle de David ? C'est la question que posent ceux qui voient dans la déclaration finale de David : "Maintenant, c'est moi qui vais vers lui, mais lui ne me reviendra pas", (v. 23) l'annonce de son châtiment futur. Pour étayer leur thèse, ils se réfèrent à la suite du récit, c'est-à-dire la naissance de Salomon et la double nomination de celui-ci.

En nommant son fils "Salomon" (où l'on retrouve la racine du mot "shalom", "paix") David, selon eux, évoquait la paix qu'il espérait pouvoir retrouver. Mais, en donnant un autre nom à cet enfant : "Yedidya – c'est-à-dire : Aimé de Dieu, à cause du Seigneur" (v. 25), Dieu a destitué symboliquement David en faveur de son fils. Car tel est le véritable châtiment de David. Pourquoi ? Parce que sa faute n'a pas été seulement d'avoir fait tuer Urie, elle a été d'avoir méprisé la parole du Seigneur et le don de la royauté(v.9-10). La "parole du Seigneur" méprisée est moins le Décalogue que la promesse dynastique transmise par Natan (2 Samuel 7) et que David, par ses crimes, a mis en danger.

"Je ne prends pas plaisir à la mort de celui qui meurt " (Ez 18,32)
Qu'il s'agisse de la mort de l'enfant ou de celle – symbolique – de David, il faut comprendre que ceux qui ont écrit ce récit avaient une conception différente que la nôtre du péché, et donc du châtiment. Pour eux, selon la sentence bien connue d'Ezéchiel – "les pères ont mangé du raisin vert et les dents des fils ont été agacées" (Ez 18,2) – une même responsabilité unissait parents et enfants. De ce fait, il était naturel que les enfants paient les fautes de leurs parents.

Si l'on découvrira progressivement que chacun est responsable de ses actes, on n'abandonnera jamais l'idée d'une solidarité dans le bien comme dans le mal. Progressivement, on découvrira surtout que Dieu ne veut pas la mort de ses enfants, surtout s'ils sont innocents. Et l'on apprendra même à prier pour qu'au plus profond de l'épreuve, surtout lorsqu'il s'agit de la mort d'un enfant, on ne doute jamais de la présence de Dieu et de son amour.

© SBEV. Pierre DEBERGÉ
 
Monastère Ste Catherine, Sinaï.
2 S 12,15-23
15Et Natan s'en alla chez lui. Le SEIGNEUR frappa l'enfant que la femme d'Urie avait enfanté à David, et il tomba malade.
16David eut recours à Dieu pour le petit. Il se mit à jeûner et, quand il rentrait chez lui pour la nuit, il couchait par terre.
17Les anciens de sa maison insistèrent auprès de lui pour le relever, mais il refusa et ne prit avec eux aucune nourriture.
18Le septième jour, l'enfant mourut. Les serviteurs de David redoutaient de lui annoncer que l'enfant était mort. Ils se disaient en effet : « Lorsque l'enfant était vivant, nous lui avons parlé et il ne nous a pas écoutés. Maintenant comment lui dire : "L'enfant est mort" ? Il ferait un malheur ! »
19David vit que ses serviteurs chuchotaient entre eux et David comprit que l'enfant était mort. David dit alors à ses serviteurs : « L'enfant est-il mort ? » Ils dirent : « Il est mort. »
20Alors, David se leva de terre, se baigna, se parfuma et changea de vêtements ; puis il entra dans la Maison du SEIGNEUR et se prosterna. Rentré chez lui, il demanda qu'on lui servît un repas et il mangea.
21Ses serviteurs lui dirent : « Qu'est-ce que tu fais là ? Quand l'enfant était en vie, tu jeûnais et pleurais à cause de lui, et maintenant que l'enfant est mort, tu te relèves et tu prends un repas ! »
22Il dit : « Quand l'enfant était encore en vie, je jeûnais et je pleurais, car je me disais : "Qui sait ? Peut-être que le SEIGNEUR aura pitié de moi et que l'enfant vivra."
23Mais maintenant, il est mort. Pourquoi jeûnerais-je ? Est-ce que je puis encore le faire revenir ? C'est moi qui m'en vais vers lui, mais lui, il ne reviendra pas vers moi. »
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org