1379
Résurrection de Jésus
1378
Resurrection de Lazare
112
Escaffre Bernadette
La résurrection de Lazare et celle de Jésus
Théologie
 
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La résurrection de Lazare est le dernier des signes racontés dans la première partie du quatrième évangile.
 
L’épisode, propre à l’évangile de Jean, occupe une place centrale dans cet écrit, non seulement par sa situation au chapitre 11, dans un évangile qui en compte vingt et un, mais par le contenu qu’il offre au lecteur.

La résurrection de Lazare est le dernier des signes racontés dans la première partie du quatrième évangile (Jn 1,18 - 12,50), appelée souvent "le livre des Signes". Ainsi, on peut parler de "sommet de la vie publique" de Jésus (A. Marchadour).

Vers la Passion


Mais cet épisode peut aussi être vu comme ouverture de la passion, la résurrection de Lazare formant une inclusion avec celle de Jésus. En effet, certains éléments du vocabulaire employé pour décrire le tombeau de Lazare et la façon dont il est enseveli, sont repris dans le passage de la découverte de la tombe vide : La tombe de Lazare est une grotte fermée par une pierre (Jn 11,38) comme celle de Jésus (Jn 20,1). Jésus demande d’enlever la pierre du sépulcre (Jn 11,39), Marie Madeleine trouve la pierre enlevée (Jn 20,1). À l’appel de Jésus, Lazare sort le visage entouré d’un suaire (Jn 11, 44) ; entrant dans le sépulcre vide, Pierre voit le suaire qui avait recouvert la tête de Jésus (Jn 20,5-6).

De plus, tout de suite après ce récit, Jean mentionne une réunion de "grands prêtres et pharisiens" au cours de laquelle ceux-ci prennent la décision de tuer Jésus (Jn 11, 47-53). Quelques versets plus loin, le narrateur mentionne à nouveau Lazare, convive muet d’un repas pendant lequel l’attitude de Marie, versant un parfum de grande valeur, est interprétée par Jésus comme geste devant être fait pour le jour de sa sépulture. Or Marie n’embaume pas le cadavre, mais le corps du vivant.

La gloire de Dieu


L’épisode de la résurrection de Lazare jouerait donc le rôle de charnière dans le développement de l’évangile. D’un côté, il est l’aboutissement de la première partie, en offrant une "conclusion" solennelle à la série des signes racontés par Jean et centrés sur la vie (cf. le discours du "Pain de vie", au chap. 6) ; de l’autre, il est une ouverture au récit de la Passion-Résurrection pour permettre au lecteur de mieux comprendre le sens de la mort de Jésus.

En tant que sommet de la vie publique, il présente Jésus comme "la résurrection et la vie" (Jn 11,25) et révèle qu’il n’est plus nécessaire d’attendre un temps à venir ou un événement futur. La résurrection est désormais quelqu’un à rencontrer et en qui croire. En tant qu’ouverture de la passion, cet épisode, sans faire un éloge de la mort, apprend que celle-ci n’est pas une défaite. Pas plus que la maladie de Lazare, la mort de Jésus ne débouche sur une impasse. Elle mène au contraire à la gloire de Dieu, c’est-à-dire au comble de la manifestation de l’amour (Jn 11,4 ; voir aussi Jn 13,1).


 © SBEV. Bernadette Escaffre
 
Jn 11,1-54
1Il y avait un homme malade ; c'était Lazare de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe.
2Il s'agit de cette même Marie qui avait oint le Seigneur d'une huile parfumée et lui avait essuyé les pieds avec ses cheveux ; c'était son frère Lazare qui était malade.
3Les soeurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
4Dès qu'il l'apprit, Jésus dit : « Cette maladie n'aboutira pas à la mort, elle servira à la gloire de Dieu  : c'est par elle que le Fils de Dieu doit être glorifié. »
5Or Jésus aimait Marthe et sa soeur et Lazare.
6Cependant, alors qu'il savait Lazare malade, il demeura deux jours encore à l'endroit où il se trouvait.
7Après quoi seulement, il dit aux disciples  : « Retournons en Judée. »
8Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment encore les autorités juives cherchaient à te lapider  ; et tu veux retourner là-bas ? »
9Jésus répondit : « N'y a-t-il pas douze heures de jour ? Si quelqu'un marche de jour, il ne trébuche pas parce qu'il voit la lumière de ce monde  ;
10mais si quelqu'un marche de nuit, il trébuche parce que la lumière n'est pas en lui. »
11Après avoir prononcé ces paroles, il ajouta : « Notre ami Lazare s'est endormi, mais je vais aller le réveiller. »
12Les disciples lui dirent donc : « Seigneur, s'il s'est endormi, il sera sauvé. »
13En fait, Jésus avait voulu parler de la mort de Lazare, alors qu'ils se figuraient, eux, qu'il parlait de l'assoupissement du sommeil.
14Jésus leur dit alors ouvertement : « Lazare est mort,
15et je suis heureux pour vous de n'avoir pas été là, afin que vous croyiez. Mais allons à lui ! »
16Alors Thomas, celui que l'on appelle Didyme, dit aux autres disciples : « Allons, nous aussi, et nous mourrons avec lui. »
17A son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau ; il y était depuis quatre jours déjà.
18Comme Béthanie est distante de Jérusalem d'environ quinze stades,
19beaucoup d'habitants de la Judée étaient venus chez Marthe et Marie pour les consoler au sujet de leur frère.
20Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie était assise dans la maison.
21Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.
22Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera. »
23Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »
24- « Je sais, répondit-elle, qu'il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier jour. »
25Jésus lui dit : « Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra  ;
26et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
27- « Oui, Seigneur, répondit-elle, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. »
28Là-dessus, elle partit appeler sa soeur Marie et lui dit tout bas : « Le Maître est là et il t'appelle. »
29A ces mots, Marie se leva immédiatement et alla vers lui.
30Jésus, en effet, n'était pas encore entré dans le village ; il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe l'avait rencontré.
31Les Judéens étaient avec Marie dans la maison et ils cherchaient à la consoler. Ils la virent se lever soudain pour sortir, ils la suivirent : ils se figuraient qu'elle se rendait au tombeau pour s'y lamenter.
32Lorsque Marie parvint à l'endroit où se trouvait Jésus, dès qu'elle le vit, elle tomba à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. »
33Lorsqu'il les vit se lamenter, elle et les Judéens qui l'accompagnaient, Jésus frémit intérieurement et il se troubla.
34Il dit : « Où l'avez-vous déposé ? » Ils répondirent : « Seigneur, viens voir. »
35Alors Jésus pleura  ;
36et les Judéens disaient : « Voyez comme il l'aimait  ! »
37Mais quelques-uns d'entre eux dirent : « Celui qui a ouvert les yeux de l'aveugle n'a pas été capable d'empêcher Lazare de mourir. »
38Alors, à nouveau, Jésus frémit intérieurement et il s'en fut au tombeau ; c'était une grotte dont une pierre recouvrait l'entrée.
39Jésus dit alors : « Enlevez cette pierre. » Marthe, la soeur du défunt, lui dit : « Seigneur, il doit déjà sentir... Il y a en effet quatre jours... »
40Mais Jésus lui répondit : « Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? »
41On ôta donc la pierre. Alors, Jésus leva les yeux et dit : « Père, je te rends grâce de ce que tu m'as exaucé.
42Certes, je savais bien que tu m'exauces toujours, mais j'ai parlé à cause de cette foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé. »
43Ayant ainsi parlé, il cria d'une voix forte : « Lazare, sors ! »
44Et celui qui avait été mort sortit, les pieds et les mains attachés par des bandes, et le visage enveloppé d'un linge. Jésus dit aux gens : « Déliez-le et laissez-le aller ! »
45Beaucoup de ces Judéens qui étaient venus auprès de Marie et qui avaient vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.
46Mais d'autres s'en allèrent trouver les Pharisiens et leur racontèrent ce que Jésus avait fait.
47Les grands prêtres et les Pharisiens réunirent alors un conseil et dirent : « Que faisons-nous ? Cet homme opère beaucoup de signes.
48Si nous le laissons continuer ainsi, tous croiront en lui, les Romains interviendront et ils détruiront et notre saint Lieu et notre nation. »
49L'un d'entre eux, Caïphe, qui était Grand Prêtre en cette année-là, dit : « Vous n'y comprenez rien
50et vous ne percevez même pas que c'est votre avantage qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière. »
51Ce n'est pas de lui-même qu'il prononça ces paroles, mais, comme il était Grand Prêtre en cette année-là, il fit cette prophétie qu'il fallait que Jésus meure pour la nation
52et non seulement pour elle, mais pour réunir dans l'unité les enfants de Dieu qui sont dispersés.
53C'est ce jour-là donc qu'ils décidèrent de le faire périr.
54De son côté, Jésus ne circulait plus ouvertement à portée des autorités juives : il se retira dans la région proche du désert, dans une ville nommée Ephraïm, où il séjourna avec ses disciples.
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org