17° dimanche du Temps ordinaire (30 juillet 2017)
 
 
"Le Royaumes des cieux est comparable à ... "
 

• 1 Rois 3,5.7-12

Salomon règne sur tout Israël de 972 à 933. Il succède à son père David au prix d’une intrigue dont sa mère a été l’instigatrice et dont la réussitedonnait à penser que telle était la volonté de Dieu. Cette conception est bien étrange pour nous. Cela n’empêche pas Salomon d’incarner le souverain doté d’une sagesse indéfectible.

A la lisière de la veille et du sommeil, il y a un moment où chacun peut descendre suffisamment loin en lui-même et expérimenter ce qu’il est en profondeur. Dans le même temps, Dieu se donne à lui dans une union particulière, mystique. C’est là que conduit la prière quand elle sort des demandes sans fin réitérées. Alors le silence enfin s’installe. Le besoin qu’on aimerait assouvir fait place au désir sur lequel un projet de vie peut se construire. Seul le long terme vérifie la solidité d’une telle expérience car elle aura été mise à l’épreuve de la vie.

C’est en cela que la prière de Salomon se trouve exaucée : tout au long de son règne, avec des hauts et des bas, il acquerra une capacité de juger avec l’intelligence du cœur et des situations, comme le montre, de façon éclatante, le récit que la tradition a retenu comme « jugement de Salomon ».

La prière, quand elle est authentique, quelle qu’en soit sa forme, nous fait grandir et nous façonne imperceptiblement. Elle révélera sa puissance dans la durée, laissant en nous ses marques comme les doigts du potier dans l’argile.


• Psaume 118

Le psaume 118 est le plus long du livre. C’est un modèle de prière car il consiste en une longue rumination sur l’amour de la Loi et des commandements, c’est-à-dire sur la Parole de Dieu dans son intégralité. La répétition obsessionnelle des versets engendre la paix du cœur et l’émerveillement devant l’action de Dieu. Ainsi la prière suppose la durée, le contraire de la hâte continuelle que la vie courante nous impose. D’où la nécessité pour nous de gagner « la chambre la plus retirée » (Mt 6, 6) et d’y demeurer assez pour acquérir une intelligence qui nous fera considérer les autres avec le cœur.

• Matthieu 13,44-52

Les petites paraboles lues ce jour sont, à première vue, simples à comprendre : le Royaume des Cieux serait identifiable à un trésor, une perle, ou encore à des poissons. Mais une telle lecture n’intègre pas le comportement de celui qui découvre le trésor et la perle, ou de ceux qui remplissent le filet et trient les poissons.

Pourquoi, en effet, celui qui a trouvé le trésor le cache-t-il à nouveau si ce n’est parce qu’il pense qu’une fois sa découverte connue, le propriétaire ne voudra pas vendre ? La découverte du Royaume supporterait-elle donc dissimulation, voire malhonnêteté ? Si on considère maintenant le négociant : une fois la perle acquise, il n’a plus rien, mais elle ne vaudra rien tant qu’il ne l’aura pas revendue.

Il ressort de ces deux paraboles que l’entrée dans le Royaume suppose une décision radicale sans retour possible, au risque de tout perdre. C’est ce que confirme l’image du filet. « La Loi et les Prophètes vont jusqu’à Jean le Baptiste ; depuis lors, le royaume de Dieu est annoncé, et chacun met toute sa force pour y entrer » (Lc 16, 16 ; cf. aussi Mt 11, 12).

Ainsi le disciple, s’appuyant sur la tradition qu’il a reçue et qui lui a ouvert le chemin vers Dieu, se confronte à une radicalité sans précédent s’il veut suivre le Christ. Ce texte nous renvoie à nos propres choix et nous interpelle. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour traduire en actes ce que nous avons reçu par la Parole ? Suivre Jésus demande de nous des réponses quotidiennes.

On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Romains 8,28-30) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 9. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org