28° dimanche du Temps ordinaire (15 octobre 2017)
 
 
"Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus... "
 

• Isaïe 25,6-10a

Le prophète se fait poète pour nous communiquer sa folle espérance. Avec des images simples mais prisées des apocalypses, il nous décrit la vie rêvée qui surgira définitivement au Jour du Seigneur. Ce jour-là, souvent évoqué par les prophètes comme celui d’un jugement redoutable, se révèle en fait comme celui du salut.

Une vie toute nouvelle s’inaugure alors. Elle est emprunte de communion avec Dieu et entre tous et n’est entachée d’aucune limite. Elle s’apparente à un festin abondant et délicat préparé par Dieu lui-même, sur sa montagne, autrement dit, chez lui. Sa caractéristique première est d’être destinée à tous les peuples, toutes les nations. Cela est répété à l’envi. L’autre trait marquant, qui peut-être nous touche davantage, c’est que ce repas célèbre la disparition à jamais de l’humiliation, de la souffrance et de la mort. Une réalité que nous peinons encore à discerner dans l’abrupt de nos vies mais qui cependant est déjà initiée puisque le Crucifié nous a arrachés à la mort pour nous introduire avec lui dans la vie divine.


• Psaume 22,1-6

Le psaume 22 fait bel écho aux prophètes par qui le Seigneur s’affirme être le vrai berger de son peuple. Il résonne particulièrement bien avec la 1ère lecture qui nous introduit aux délices de la vie divine qui nous est destinée. Sur le chemin qui le conduit à sa propre demeure, il l’accompagne, le guide, le protège de tout danger, le nourrit.

Les rédacteurs des évangiles ont emprunté à ce psaume pour évoquer Jésus prit de pitié devant les foules sans berger ou décrire les scènes de multiplication des pains. La tradition chrétienne y a lu des anticipations de la résurrection, du baptême et de l’eucharistie et de la vie du royaume.

• Matthieu 22,1-14

La parabole des invités au festin fait suite à celle des vignerons homicides. Toutes deux pointent un certain échec de la relation que Dieu a voulu établir avec le peuple dont il s’est fait le berger jusqu’à le convier aux noces de son fils. Celles-ci évoquent la Cène et l’eucharistie, repas de l’alliance nouvelle, auquel beaucoup de juifs refusent de participer. La parabole interprète la destruction de Jérusalem comme une conséquence de cette opposition. Elle se poursuit avec l’interpellation lancée à tous et le remplissage de la salle de noces suite à cette ouverture qui ne laisse place à aucune discrimination.

En arrière-fond, s’entend la souffrance de Matthieu et de sa communauté issue du judaïsme. Pourquoi leurs frères refusent-ils d’adhérer au Christ et de rejoindre la communauté alors que des impies et des païens s’y engouffrent ?

Mais la parabole ne s’arrête pas là. La nécessité de revêtir le vêtement de noces renvoie au baptême qui nous conforme au Christ et nous engage à sa suite. Au-delà des contemporains de Jésus, tous les hommes y compris les chrétiens sont questionnés.

D’âge en âge, inlassablement, la Parole de Dieu sème à tout va la même invitation : venez au banquet, Dieu veut vous combler, Dieu veut vous sauver ! Rien ni personne en dehors de lui ne vous rassasiera réellement ! Personne ne répondra vraiment aux aspirations les plus profondes de votre cœur ! Nul n’est exclu ! Bien au contraire, la fête ne sera vraiment telle que lorsque tout le monde sera présent. Si vous êtes démunis, venez comme vous êtes, le festin est offert gratuitement, le Seigneur lui-même vous revêtira de sa lumière et de sa gloire. Si vous connaissez tant soit peu le maître, honorez-le, revêtez vos plus beaux atours : abandonnez votre premier genre de vie et dépouillez-vous du vieil homme pour vous renouveler par une transformation spirituelle et revêtir l’Homme nouveau, qui a été créé selon Dieu (Ép 4, 22-23) ; vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ (Ga 3, 27). Peu sont élus, mais c’est notre réponse qui instaure la différence. Aujourd’hui, écouterons-nous ta Parole ? Choisirons-nous la joie et la fête ou ferons-nous tapisserie ?


On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Philppiens 4,12-14.19-20) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année A / 2016-2017). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org