16° dimanche du Temps ordinaire (23 juillet 2017)
 
 
"Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles... "
 

• Livre de la Sagesse 12,13.16-19

Le Seigneur n’utilise sa force que pour la mettre au service de sa justice. S’il s’impose à ceux qui lui résistent, il traite les hommes fragiles avec indulgence et ménagement parce qu’il croit que leur conversion est toujours possible. L’auteur du livre de la Sagesse tire ces enseignements de l’histoire de l’occupation de la terre de Canaan. Dieu n’a pas exterminé les païens, il s’est montré patient envers eux parce qu’il était sûr de sa force. Ce comportement divin doit nous servir d’exemple dans nos relations avec ceux qui ne partagent pas notre foi ou ceux qui se disent nos ennemis. Pour être un fidèle imitateur de Dieu, le juste, en toutes circonstances, « doit être humain ». Il peut ainsi garder « une belle espérance ». 

• Psaume 85

Le psalmiste fonde son espérance de voir sa prière exaucée, sur la bonté du Seigneur et sa capacité à pardonner. C’est pourquoi il invoque Dieu avec les mots par lesquels il s’est révélé à Moïse lors du renouvellement de l’alliance « Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d’amour et de vérité ».

• Matthieu 13, 24-43

Devant le mal commis par les hommes, nous sommes souvent tentés de demander un jugement de Dieu qui, sans plus attendre, mette fin au scandale. C’est le sens de la question poignante posée dans l’Apocalypse par ceux qui ont subi le martyre : « Jusques à quand, Maître saint et vrai, resteras-tu sans juger, sans venger notre sang sur les habitants de la terre ? » (Ap 6, 10). Le scandale du mal dans le monde, c’est ce dont Jésus nous parle dans la parabole de l’ivraie. A notre étonnement, le maître répond aux serviteurs qui proposent d’aller arracher la mauvaise herbe : « Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps » (v. 29). Jésus calme l’impatience de ses serviteurs. Il y a là une première leçon qui ressemble à celle du livre de la Sagesse (première lecture). Dieu n’est pas indifférent au mal mais sa patience est justifiée par le souci d’éviter le pire, la destruction du bien avec lequel le mal se trouve enchevêtré. Cette situation d’attente n’empêche d’ailleurs pas le Royaume de croître. Croissance illustrée par deux courtes paraboles, le grain de moutarde et le levain, qui interviennent alors dans le discours. Mais jusqu’à quand faudra-t-il patienter pour voir le mal disparaître définitivement ? Jésus nous éclaire sur ce point dans l’interprétation qu’il fait de la parabole : il est le Fils de l’homme, c’est lui qui sème le bon grain et c’est son ennemi, le diable, qui sème l’ivraie. C’est à lui qu’il appartiendra au temps de la moisson, de juger les hommes. Le Royaume des cieux est un corps mixte, composé de bons (les fils du Royaume) et de méchants (les fils du Mauvais). C’est à la fin des temps que le Fils d’homme demandera à ses anges d’enlever de son Royaume «  toutes les causes de chute » (littéralement : les scandales) et « ceux qui font le mal ». Le message à retenir c’est que le mal, à la fin, disparaîtra, il n’aura pas le dernier mot. Voilà qui doit soutenir, jusqu’au cœur des plus grandes épreuves, notre espérance.

On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Romains 8,26-27) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 8. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org