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Isaïe
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Joie
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Prince de la paix
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Roi
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Le Saux Madeleine
Le Prince de la paix. Au fil du texte : Isaïe 8,23-9,6
Commentaire au fil du texte
 
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Psautier Chludov : Ézéchias en empereur romain, porté sur le ...
Isaïe 9 : un superbe chant poétique pour le jeune roi Ézéchias à Jérusalem, en 728 av. J.C.
 

Is 9 : chant pour le roi

Un écrit prophétique écrit comme un poème, voilà Isaïe 9. Il joue sur les mots, les images, les symboles et cisèle des formules. Cela est perceptible même en traduction.

Quand a-t-il été écrit ? Sans doute à l'occasion du sacre du jeune roi Ézéchias à Jérusalem, en 728 ou en 719 av. J.C. (les historiens hésitent sur les deux dates). On peut y voir quatre strophes, chacune portant sur un point particulier : la lumière, la joie, la destruction du mal, le rituel royal. Elles vont crescendo, sur un tempo de plus en plus large, avant de se conclure sur un point d'orgue : l'amour du Seigneur.

La lumière (v. 1) Première strophe. Le poète raconte l'illumination progressive d'un peuple qui marche dans les ténèbres. La métaphore est simple. Mais de quel peuple s'agit-il ? La fin du chapitre 8 donne une indication en parlant des régions du Nord d'Israël, déjà sous domination assyrienne. Le nouveau règne serait ainsi lumière pour tout le peuple de Dieu, royaumes d'Israël et de Juda réunis. Une lumière qui augmente d'intensité : d'abord qualifiée de ''grande'', elle ''resplendit'' à la fin. Avec ce verbe, le changement de situation s'affirme et s'installe.

La joie (v. 2) Dans la deuxième strophe, Isaïe s'adresse à l'auteur du changement – non mentionné jusqu'à présent – et lui décrit les effets de son action. Un même sentiment domine sous des mots différents : ''allégresse'', ''joie'', ''se réjouir'', ''jubiler''. Ce vocabulaire – utilisé en 1 Rois 1,40 pour le récit du sacre de Salomon – est amplifié par deux comparaisons qui mettent l'accent sur la joie après l'effort : l'une agricole (la moisson), l'autre militaire (le partage du butin).

La destruction du mal (v. 3 et 4) Pourquoi une telle joie ? La troisième strophe va lever un coin du voile. C'est toute l'importance du petit mot ''car'' qui désormais rythme la suite du poème : v. 3, 4 et 5.

D'abord la fête est possible ''car'' les instruments de l'oppression sont brisés : le joug, le bâton et le gourdin. À eux trois, ils symbolisent les travaux imposés et les corvées, qu'il s'agisse de bâtir ou de cultiver. ils sont brisés par le libérateur auquel le poète s'adresse. La mention du ''Jour de Madiân'' en laisse apparaître l'identité : le Seigneur (cette expression, proverbiale, désigne la victoire du Seigneur sur les forces du mal).

Ensuite la fête est possible ''car'' les objets guerriers – ''brodequin'' et manteau – deviennent inutiles et vont disparaître. ''Brûler'' (v.4) fait écho à ''briser'' (v.3) : c'est la fin d'un monde basé sur la violence, aussi bien dans le quotidien des jours que dans les relations entre nations.

Le rituel royal (v. 5 et 6) La quatrième strophe lève définitivement le voile sur les raisons de la liesse. Tout ce qui précède est possible ''car''… ''un enfant nous est né''. Naissance symbolique d'un roi pour le peuple, précisée par la phrase suivante : ''un fils nous a été donné'' (à l'époque le roi était en effet ''adopté'' par Dieu lors de son sacre, devenant son ''fils''). Du milieu de la foule d'où il suit la cérémonie (cf. le ''nous'') le poète ralentit son tempo pour deux moments du rituel : la souveraineté déposée comme un manteau, la titulature des noms de règne proclamée.

L'action du Seigneur est omniprésente. Le nom donné au roi est tout un programme mais ne décrit-il pas d'abord le Seigneur ? N'est-ce pas le Seigneur qui a donné au peuple ce ''fils'', et, par le fait même, liberté, joie et lumière à tous ? Enfin les mots du rituel – souveraineté et paix – ouvrent sur le futur, franchissent les limites de l'espace et du temps. Mais ils s'ancrent dans la réalité grâce au ''trône de David''. Tout est donné par Dieu, mais tout dépend de celui qui règne.

Isaïe peut bien affirmer en conclusion que ''l'amour jaloux du Seigneur, le tout-puissant, fera cela'', la responsabilité royale reste donc entière. Il ne suffit pas de chanter la fin de la guerre, de l'oppression et de la nuit pour que cela existe. il reste au roi à devenir ce qu'il est désormais aux yeux de Dieu. Et cela est une autre histoire...

© SBEV. Madeleine LE SAUX

 
Is 8,23-9,6
23Mais ce n'est plus l'obscurité pour le pays qui était dans l'angoisse. Dans un premier temps le Seigneur a couvert d'opprobre le pays de Zabulon et le pays de Nephtali, mais ensuite il a couvert de gloire la route de la mer, l'au-delà du Jourdain et le district des nations.
1Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre, une lumière a resplendi.
2Tu as fait abonder leur allégresse, tu as fait grandir leur joie. Ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit à la moisson, comme on jubile au partage du butin.
3Car le joug qui pesait sur lui, le bâton à son épaule, le gourdin de son chef de corvée, tu les as brisés comme au jour de Madiân.
4Tout brodequin dont le piétinement ébranle le sol et tout manteau roulé dans le sang deviennent bons à brûler, proie du feu.
5Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné. La souveraineté est sur ses épaules. On proclame son nom  : « Merveilleux - Conseiller, Dieu - Fort, Père à jamais, Prince de la paix. »
6Il y aura une souveraineté étendue et une paix sans fin pour le trône de David et pour sa royauté, qu'il établira et affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours - l'ardeur du SEIGNEUR de l'univers fera cela.
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org