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Elie
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Mission
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Prophète
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Sacrifice du Mont Carmel
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Violence
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Service Biblique catholique Évangile et Vie
Elie, le sacrifice du mont Carmel. Commentaire de 1 R 18,1-46
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http://www.carmel.asso.fr/ Icône du Prophète Elie au mont C ...
Deuxième épisode de l'histoire d'Élie. Qu'il est difficile de comprendre la mission !
 

Il s'agit ici d'un épisode de l'histoire du prophète Élie. Sans doute rédigée de façon indépendante, cette histoire a été intégrée ensuite dans un ensemble plus vaste appelé REF:466''histoire deutéronomiste''. Après un premier épisode qui a raconté le séjour d'Élie en terre étrangère et la découverte par le prophète que YaHWeH, le Seigneur, est le Dieu de la vie, voici le deuxième épisode consacré au culte de YaHWeH.

En effet celui-ci a nourri Élie au torrent du Kérith, puis la veuve de Sarepta et son fils pendant la famine ; il a enfin permis au prophète de rendre la vie au fils unique de la veuve. Maintenant, la parole du Seigneur envoie Élie qui part avec un ordre précis (aller trouver le roi Achab) et une promesse de vie (le don de la pluie). Mais les choses vont se compliquer…

Trois tableaux On peut distinguer trois tableaux principaux, déterminés par le décor :
1) sur la route, en pleine sécheresse : v. 1-20,
2) sur le mont Carmel : v. 21-40
3) en chemin vers Izréel, sous la pluie : 18,41 – 19,5a

Le tableau central, sur le mont Carmel, confronte les prophètes de Baal et le prophète du Seigneur, avec un enjeu de taille : convaincre le peuple de se rallier au dieu le plus fort. Un enjeu qui s'origine dans le conflit entre le roi et le prophète posé au début du chap. 17 : pas de pluie… sinon à la parole du prophète du Seigneur ! Au terme, le conflit semble résolu par le Seigneur en faveur d'Élie. C'est alors qu'intervient un rebondissement : la reine Jézabel menace Élie de mort. D'où la question : à quoi cela a-t-il servi que Le Seigneur soit le plus fort ? Élie n'a-t-il pas exécuté, en tous points, la parole divine ? Or, justement…

Un défi bien suspect À reprendre le début du récit, que demande le Seigneur à Élie ? De se présenter à Achab, un point c'est tout. La manière dont il va donner la pluie n'est pas indiquée. Demande-t-il d'organiser le concours sacrificiel sur le Mont Carmel ? Non. Alors, pourquoi Élie agit-il ainsi ? Serait-il prisonnier d'une logique de confrontation entre puissants, malgré son expérience du Dieu de la vie, en terre étrangère, au milieu des pauvres ?

Relisons maintenant le dialogue entre Ovadiayou et Elie. Incidemment, il nous renseigne sur la manière dont le prophète est perçu : quelqu'un qui amène la mort dans son sillage (v. 9.12.14 et surtout 17). De plus, Achab le recherche et Jézabel a déclenché une persécution.

C'est lors de sa rencontre avec le roi que le prophète lance un défi. Un défi qui concerne les 850 prophètes de Baal et d'Ashera nourris par la reine Jézabel. Par rapport au début de l'histoire (1 R 17,1) les choses ont bougé : le conflit n'est plus tant entre Achab et Élie qu'entre le Seigneur et Baal d'une part et Élie et Jézabel de l'autre. La reine qui, jusqu'à présent, n'est pas apparue sur le devant de la scène, emplit la rumeur. Elle pourrait bien être le contre-type de la veuve de Sarepta : étrangère comme elle, mais riche, puissante, mauvaise… Notons enfin qu'au lieu de transmettre au roi la bonne nouvelle divine de la fin de la sécheresse, Élie ordonne d'organiser un concours sacrificiel (n'outrepasse-t-il pas sa mission ?).

Super-Baal et son prophète Convoqué (de force ?), sommé de choisir entre Baal et Le Seigneur, le peuple avait observé un silence prudent. Après la victoire d'Élie, il prend le parti du plus fort, participant au massacre des prophètes du vaincu. Quelle image divine Élie cherche-t-il à imposer ? Le fait même du concours place Baal et le Seigneur sur un pied d'égalité. Vainqueur, le Seigneur ne risque-t-il pas d'apparaître comme un ''super-Baal'' ? Une question se pose : le Seigneur est-il vraiment entré dans cette perspective ? Réponse possible : peut-il faire autrement ? N'est-il pas piégé par son prophète ? Mais l'histoire n'est pas finie. Nous le savons, il lui donne rendez-vous, par delà le sang qui emplit le ravin du Qishôn, par-delà la haine de Jézabel (vers laquelle il le conduit, v. 46), par-delà l'orage et le feu, dans l'imperceptible douceur d'une brise au désert (1 R 19).

Sur le mont Carmel, Élie pourrait bien faire l'expérience d'une impasse. En effet, sa prière dévoile une soif de reconnaissance de pouvoir : ''… que l'on sache… que je suis ton serviteur et que c'est par ta parole que j'ai fait toutes ces choses, réponds-moi, Seigneur, réponds-moi…'' (1 R 18,36b). Ce ''moi'' n'est-il pas envahissant ? Dans son défi aux prophètes de Baal, puis en les égorgeant, il s'enferre dans une logique de violence et de spectaculaire qui s'avère, en fin de compte, un échec. Car, momentanément réalisé, le rêve d'unité autour d'un Dieu de feu se brisera vite sur la fureur de Jézabel. Alors le Seigneur pourra conduire son prophète vers la vérité de ce qu'il est : mystérieux, déroutant... Elie redécouvrira alors qu'il n'est pas aussi seul qu'il le croyait. Et il pourra recevoir une nouvelle mission.

© Service Biblique catholique Évangile et Vie

 
1 R 18,1-46
1De nombreux jours passèrent et la parole du SEIGNEUR fut adressée à Elie, la troisième année : « Va, montre-toi à Akhab ; je vais donner de la pluie sur la surface du sol. »
2Elie s'en alla pour se montrer à Akhab. La famine sévissait alors à Samarie.
3Akhab appela Ovadyahou qui était chef du palais. - Or Ovadyahou craignait beaucoup le SEIGNEUR  ;
4ainsi, lorsque Jézabel avait fait supprimer les prophètes du SEIGNEUR, Ovadyahou avait pris cent prophètes, les avait cachés par cinquante dans deux cavernes et les avait ravitaillés en pain et en eau.
5Akhab dit à Ovadyahou : « Va par le pays, vers toutes les sources d'eau, dans tous les ravins : peut-être trouverons-nous de l'herbe et pourrons-nous garder en vie chevaux et mulets et n'aurons-nous pas à abattre une partie des bêtes. »
6Ils se répartirent le pays à parcourir. Akhab partit seul par un chemin, et Ovadyahou partit seul par un autre chemin.
7Tandis qu'Ovadyahou était en chemin, Elie vint à sa rencontre. Ovadyahou le reconnut ; il se jeta face contre terre et dit : « Est-ce bien toi, mon seigneur Elie ? »
8Il lui répondit : « C'est moi ! Va dire à ton maître : Voici Elie ! »
9Ovadyahou dit : « En quoi ai-je péché pour que tu livres ton serviteur aux mains d'Akhab, et qu'il me fasse mourir ?
10Par la vie du SEIGNEUR, ton Dieu, il n'y a pas de nation ni de royaume où mon maître Akhab ne t'ait envoyé chercher ; quand on lui disait : "Il n'est pas ici", il faisait jurer ce royaume et cette nation qu'on ne t'avait pas trouvé.
11Et maintenant, tu me dis : "Va dire à ton maître : Voici Elie !"
12Mais, dès que je t'aurai quitté, l'esprit du SEIGNEUR t'emportera je ne sais où ; et moi j'irai aviser Akhab qui ne te trouvera pas, et alors il me tuera. Pourtant ton serviteur craint le SEIGNEUR depuis sa jeunesse.
13N'a-t-on pas rapporté à mon seigneur ce que j'ai fait lorsque Jézabel tuait les prophètes du SEIGNEUR  ? J'ai caché cent des prophètes du SEIGNEUR, par cinquante dans deux cavernes, et je les ai ravitaillés en pain et en eau.
14Et maintenant tu me dis : "Va dire à ton maître : Voici Elie !..." Mais il me tuera ! »
15Elie dit : « Par la vie du SEIGNEUR de l'univers au service duquel je suis, aujourd'hui même, je me montrerai à Akhab. »
16Ovadyahou s'en alla à la rencontre d'Akhab et le mit au courant ; Akhab s'en alla à la rencontre d'Elie.
17Quand Akhab vit Elie, il lui dit : « Est-ce bien toi, porte-malheur d'Israël ? »
18Il lui dit : « Ce n'est pas moi le porte-malheur d'Israël, mais c'est toi et la maison de ton père parce que vous avez abandonné les commandements du SEIGNEUR, et que tu as suivi les Baals.
19Maintenant fais rassembler près de moi Israël tout entier sur le mont Carmel, ainsi que les quatre cent cinquante prophètes du Baal et les quatre cents prophètes d'Ashéra qui mangent à la table de Jézabel. »
20Akhab envoya chercher tous les fils d'Israël et rassembla les prophètes au mont Carmel.
21Elie s'approcha de tout le peuple et dit : « Jusqu'à quand danserez-vous d'un pied sur l'autre ? Si c'est le SEIGNEUR qui est Dieu, suivez-le, et si c'est le Baal, suivez-le ! » Mais le peuple ne lui répondit pas un mot.
22Elie dit au peuple : « Je suis resté le seul prophète du SEIGNEUR, tandis que les prophètes du Baal sont quatre cent cinquante.
23Qu'on nous donne deux taureaux : qu'ils choisissent pour eux un taureau, qu'ils le dépècent et le placent sur le bûcher, mais sans y mettre le feu, et moi, je ferai de même avec l'autre taureau ; je le placerai sur le bûcher, mais je n'y mettrai pas le feu.
24Puis vous invoquerez le nom de votre dieu, tandis que moi, j'invoquerai le nom du SEIGNEUR. Le Dieu qui répondra par le feu, c'est lui qui est Dieu. » Tout le peuple répondit : « Cette parole est bonne. »
25Elie dit aux prophètes du Baal : « Choisissez-vous un taureau et mettez-vous à l'ouvrage les premiers, car vous êtes les plus nombreux ; invoquez le nom de votre dieu, mais ne mettez pas le feu. »
26Ils prirent le taureau qu'il leur avait donné, se mirent à l'ouvrage et invoquèrent le nom du Baal, depuis le matin jusqu'à midi, en disant : « Baal, réponds-nous ! » Mais il n'y eut ni voix ni réponse. Et ils dansèrent auprès de l'autel qu'on avait fait.
27Alors à midi, Elie se moqua d'eux et dit : « Criez plus fort, c'est un dieu : il a des préoccupations, il a dû s'absenter, il a du chemin à faire ; peut-être qu'il dort et il faut qu'il se réveille. »
28Ils crièrent plus fort et, selon leur coutume se tailladèrent à coups d'épées et de lances, jusqu'à être tout ruisselants de sang.
29Et quand midi fut passé, ils vaticinèrent jusqu'à l'heure de l'offrande. Mais il n'y eut ni voix, ni réponse, ni aucune réaction.
30Elie dit à tout le peuple : « Approchez-vous de moi ! » Et tout le peuple s'approcha de lui. Il répara l'autel du SEIGNEUR qui avait été démoli :
31il prit douze pierres, d'après le nombre des tribus des fils de Jacob à qui cette parole du SEIGNEUR avait été adressée : « Ton nom sera Israël. »
32Avec ces pierres, Elie rebâtit un autel au nom du SEIGNEUR  ; puis, autour de l'autel, il fit un fossé d'une contenance de deux séas à grains ;
33il disposa le bois, dépeça le taureau et le plaça dessus.
34Il dit : « Remplissez quatre jarres d'eau et versez-les sur l'holocauste et sur le bois ! » Il dit : « Encore une fois ! » Et ils le firent une deuxième fois ; il dit : « Une troisième fois ! » Et ils le firent une troisième fois.
35L'eau se répandit autour de l'autel, et remplissait même le fossé.
36A l'heure de l'offrande, le prophète Elie s'approcha et dit : « SEIGNEUR, Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël, fais que l'on sache aujourd'hui que c'est toi qui es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur et que c'est par ta parole que j'ai fait toutes ces choses.
37Réponds-moi, SEIGNEUR, réponds-moi : que ce peuple sache que c'est toi, SEIGNEUR, qui es Dieu, que c'est toi qui ramènes vers toi le coeur de ton peuple. »
38Le feu du SEIGNEUR tomba et dévora l'holocauste, le bois, les pierres, la poussière, et il absorba l'eau qui était dans le fossé.
39A cette vue, tout le peuple se jeta face contre terre et dit : « C'est le SEIGNEUR qui est Dieu ! c'est le SEIGNEUR qui est Dieu ! »
40Elie leur dit : « Saisissez les prophètes du Baal ! Que pas un ne s'échappe ! » Et on les saisit. Elie les fit descendre dans le ravin du Qishôn où il les égorgea.
41Elie dit à Akhab : « Monte, mange et bois  ! Car le grondement de l'averse retentit. »
42Akhab monta pour manger et boire, tandis qu'Elie montait au sommet du Carmel et se prosternait à terre, le visage entre les genoux.
43Il dit à son serviteur : « Monte donc regarder en direction de la mer ! » Celui-ci monta, regarda et dit : « Il n'y a rien. » Sept fois, Elie lui dit : « Retourne ! »
44La septième fois, le serviteur dit : « Voici qu'un petit nuage, gros comme le poing, s'élève de la mer. » Elie répondit : « Monte, et dis à Akhab : "Attelle, et descends pour que l'averse ne te bloque pas." »
45Le ciel s'obscurcit de plus en plus sous l'effet des nuages et du vent, et il y eut une grosse averse. Akhab monta sur son char et partit pour Izréel.
46La main du SEIGNEUR fut sur Elie qui se ceignit les reins et courut en avant d'Akhab jusqu'à Izréel.
 
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