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Marie
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Stricher Joseph
Le Nouveau Testament et Marie
Théologie
 
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Marie est peu évoquée dans le Nouveau Testament...
 

Les premiers écrits du Nouveau Testament ne la mentionnent pas. Dans ses lettres, Paul parle seulement de Jésus "né d’une femme" (Galates 4,4). C’est une façon de dire que Jésus a épousé la condition humaine comme chacun d’entre nous. Il ne parle jamais de Marie explicitement, signe que les premiers chrétiens ne se posent pas de questions particulières la concernant.

Jésus méprisé par sa parenté ?


La situation change dans les Évangiles, rédigés une ou plusieurs dizaines d’années après les lettres de Paul. En les parcourant dans l’ordre historique (probable) dans lequel ils ont été écrits, on constate une complexification croissante de la figure de Marie. Chez Marc, Marie est mentionnée dans le groupe familial qui veut faire sortir Jésus de la maison où il enseigne. Ce groupe se distingue nettement de celui des disciples qui entoure Jésus. Il ne semble pas comprendre l’action de Jésus. Celui-ci déclare lui-même, un peu plus tard à Nazareth : "Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, dans sa parenté et dans sa maison" (Marc 6,4). Dans ces textes, il n’y a pas une hostilité directe envers Marie, mais probablement la trace de relations difficiles entre la famille de Jésus et les disciples de Jésus au moment où ils ont été écrits.

Celle qui écoute


Changement de perspective avec Matthieu et Luc. Les deux Évangiles insistent sur la naissance virginale de Jésus. Marie apparaît comme un élément important dans la réalisation du plan de Dieu. Mais, chez Matthieu, l’Ange du Seigneur ne s’adresse qu’à Joseph alors que, chez Luc, il s’adresse à Marie qui devient ainsi une véritable partenaire de Dieu dans l’histoire du salut. Chez Luc, elle devient un modèle pour tous les croyants. Dans le récit de Noël, elle est celle qui "retient ces événements et les médite dans son cœur" (Luc 2,19). Marie n’est pas seulement "les entrailles qui ont porté et les seins qui ont allaités" Jésus mais celle "qui écoute la Parole de Dieu et qui la garde" (Luc 11,27-28). Dans cette optique, il est logique de retrouver Marie au début des Actes des Apôtres dans le groupe des disciples qui attend la venue de l’Esprit Saint (Actes 1,14). Avant l’irruption de l’Esprit de Dieu qui va dynamiser ce groupe et projeter ses membres jusqu’aux extrémités du monde, elle symbolise la face interne, "mystique", de l’Église.

Cette évolution trouve son aboutissement dans l’Évangile de Jean. La "mère" est présente au début et à la fin de la vue publique de Jésus. À Cana, elle est aux côtés de son fils dans le premier signe qu’il donne : "Faites tout ce qu’il vous dira." (Jean 2,5) Au pied de la croix, elle est confiée au disciple bien-aimé et devient sa mère. Elle est devenue le vivant symbole de l’Église.


© SBEV. Joseph Stricher.

 
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org