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Saint Paul
Paul, un épistolier
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Dans l'antiquité, la lettre n'est pas un genre littéraire aussi codifié que la tragédie, l'histoire ou le dialogue philosophique...
 
Dans l'antiquité, la lettre n'était pas un genre littéraire aussi codifié que, par exemple, la tragédie, l'histoire ou le dialogue philosophique…

Cependant, la correspondance du philosophe Sénèque montre qu'au 1er siècle, elle était devenue une manière de diffuser et discuter des opinions philosophiques ou religieuses. La simplicité de ton donnait un tour plus attractif à ce qui restait au fond un enseignement.

Forme et contenu

Les règles de l'art épistolaire étaient simples. En tête, la date et les noms du rédacteur et du destinataire puis des formules de salutation (Paul introduit des formules de bénédiction). Ensuite, une phrase pour attirer l'attention sur le sujet à discuter, la présentation de celui-ci et la suite de l'argumentation. Enfin, des vux et une formule de conclusion (Paul y joint parfois quelques mots pour authentifier l'écrit).

De Paul, il nous reste une lettre privée (lettre à Philémon). On peut appeler les autres ''dogmatiques'' car, à l'instar de la correspondance de Sénèque, elles apparaissent comme des substituts du dialogue philosophique ou, plus exactement, théologique. Le chef d'uvre en est sans doute la lettre aux Romains. Celle aux Philippiens comporte une familiarité touchante.

S'il en est bien ainsi, si les lettres véhiculent d'abord un enseignement, on comprend le désir des destinataires de les conserver, de les recopier, de les faire circuler. Cicéron (1er siècle av. J.-C.) et Sénèque avaient publié leur correspondance. Pour Paul, ce sont les communautés chrétiennes qui s'en sont chargé.

Une lettre écrite dans les règles

Juif, Paul sait utiliser des procédés d'argumentation à la manière des docteurs de la Loi. Mais il maîtrise aussi parfaitement les subtilités de la rhétorique gréco-latine. Au service de l'intention de l'orateur, il y a alors trois genres principaux : le judiciaire (convaincre de la justesse d'une cause), le délibératif (faire réfléchir sur une situation en cours, une décision à prendre) et l'épidictique (chercher à louer ou blâmer quelqu'un ou quelque chose). Certains savants disent que la lettre aux Galates est un bon exemple de lettre écrite ''dans les règles'' (d'autres lettres sont de composition plus complexe). Son genre est délibératif puisqu'il s'agit de convaincre les Galates de rester fermes à l'enseignement reçu et de les dissuader d'accepter la circoncision. Son plan comporterait cinq points, après l'adresse épistolaire (1,1-5) :

1) exorde (1,6-12)
2) narratio (1,13-2,14). Il s'agit de l'exposé des faits ; le dernier fait raconté constitue le point culminant. Notons que la narratio n'est pas raconté pour elle-même mais en vue d'une ''argumentatio'', elle-même conclue par une ''peroratio'' (2,15-21)
3) confirmatio (exposé des arguments – la partie principale est dite argumentatio) qui est en fait ici une réfutatio de la position adverse (3,1-4,31 ; avec peut-être une digressio en 3,19-25)
4) exhortatio (5,1-6,10)
5) épilogue (6,11-18)

© Service Biblique catholique Évangile et Vie

À lire :
''L'épître aux Galates'', Cahiers Évangile n° 34 (1980)
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org