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Arbre
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Vialle Catherine
L'arbre (« Ce que la Bible dit sur... »)
Recension
 
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Recension du livre de Catherine Vialle : "L'arbre (« Ce que la Bible dit sur... »), par Christophe Pichon
 

Catherine Vialle
L’arbre
« Ce que la Bible dit sur », Nouvelle Cité, 2016, 123 p., 13 €

Ce nouvel opus de la collection dirigée par Bénédicte Draillard invite le lecteur à arpenter les sentiers de la forêt biblique, guidé par Catherine Vialle (C.V.), professeur d’exégèse à l’Université catholique de Lille. Au cours de l’entretien, on croise le figuier, l’olivier, le chêne, le palmier dattier, le térébinthe, le sycomore, le cèdre du Liban etc. L’énumé­ration signale l’importance du motif dans la Bible, même s’il ne s’agit pas d’une singularité israélite (voir les détours par le Proche-Orient Ancien).

Au cours de la « promenade » (p. 6), on se rend attentif non seulement aux espèces mais à l’ombre, au feuillage, aux fruits. Les textes bibliques deviennent des catalyseurs d’attention pour les promeneurs contem­porains. Les écrivains bibliques sont eux aussi des observateurs. En Israël, « le sage […] encourage son fils à observer les éléments de la création » (p. 49). Les hagio­graphes interprètent ce qu’ils contemplent : ils mettent en « poème » ou en « prose » l’acte de création des végétaux. En Gn 1, les végétaux, antérieurs à l’animal et à l’humain, sont capables de se reproduire, mais Dieu ne s’adresse pas à eux. En Gn 2, l’humain est placé dans un jardin qu’il a mission de gar­der et cultiver.

La symbolique biblique de l’arbre permet de croiser, en cours de route, des person­nages des deux Testaments (depuis le palmier de Débora jusqu’au figuier de Nathanaël ou le sycomore de Zachée). Certains arbres sont un « lieu » avec un évènement : le ou les chênes de Moré, le chêne de Mamré. Ils sont aussi le « lieu du juste », « du choix », « où l’on rend la justice » (p. 63 et 73) ou parfois des hauts-lieux d’idolâ­trie pour la déesse de la fertilité Ashéra... Les arbres renvoient aussi à des fonctions (le sage et le roi) ou à des dispositions humaines. Le langage symbo­lique affectionne les comparai­sons et nombreuses sont celles que C.V. mentionne : l’homme heureux (Ps 1), le juste (Ps 92), l’homme qui compte sur le Sei­gneur (Jr 17), la bien-aimée du Cantique des Cantiques (Ct 7). De tous les arbres, c’est en définitive moins l’arbre du connaître bien et mal que l’arbre de vie qui apparaît le plus souvent durant la prome­nade : depuis le récit de Gn 2 jusqu’à l’Apocalypse (Ap 2,1- 2), il est l’objet de citations et de réécritures particulièrement chez les sages (Pr 3,18 ; 11,30).

Durant les 12 chapitres, l’arbre apparaît un symbole paradoxal dans la Bible, expression de la vie, mais aussi lieu de mort quand il est « justicier » ou prend la forme du bois de la croix : « […] La croix arbre de vie en vient à récapituler toute la symbolique de l’arbre telle qu’on la trouve dans la Bible, et même, plus largement, au Proche-Orient Ancien. Et c’est ainsi qu’un véritable résumé de toute l’histoire du Salut telle qu’on la trouve dans l’Écriture peut se faire à partir de l’arbre » (p. 121- 122).

                                                                                  Christophe Pichon

 Recension parue dans le Cahier Évangile n° 180

 
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org