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Exode
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Nouveau Testament
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Wiéner Claude
Rayonnement de l'Exode dans le Nouveau Testament
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L'Exode tient une grande place dans le Nouveau Testament...
 

L'Exode tient une grande place dans le Nouveau Testament. Dans les relevés qui ont été faits des citations et allusions venant de l'Ancien Testament dans le Nouveau, l'Exode vient presque en tête, derrière Isaïe et les Psaumes, à peu près à égalité avec la Genèse. Mais ces indications quantitatives sont bien insuffisantes.

Les relations des deux Testaments se situent à divers plans, avec pourtant une ligne commune : l'Ancien s'accomplit dans le Nouveau qu'il préparait sans le savoir : « Si vous croyiez Moise, vous me croiriez aussi, car c'est de moi qu’il a parlé. Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? », dit Jésus dans Jean (5,46-47).

La Torah de Moise est donc un chemin – voire un chemin obligé – vers la foi au Christ. Celui-ci, que Moise accompagne à la Transfiguration (Mt 17,3), est le nouveau Moïse, qui donne la nouvelle loi à son peuple (Mt 5).

L'accomplissement joue de plusieurs façons, qu'on ne peut présenter ici que très rapidement.

• Les événements de l'Exode peuvent n'être qu'une étape dans une histoire dont chaque moment prépare les suivants. C'est peut-être le cas pour le discours d'Étienne, où le long passage sur l'Exode (Ac 7,17-44), à la suite du souvenir des patriarches amorce cependant la diatribe finale sur la révolte permanente d'Israël. En Hébreux 11,23-29, Moïse prend place parmi ceux qui ont cru avant le Christ. En contraste, Paul évoque en 1 Co 10,1-11 les infidélités du peuple « pour nous servir d'exemple à nous qui touchons à la fin des temps ».

• On peut aussi décrire les réalités chrétiennes à travers des figures tirées de l'Exode. On parlera ainsi du Christ Agneau pascal comme le fait Paul en 1 Co 5,7 (dans un développement qui utilise aussi l'image des pains sans levain), et de même Jean appliquant au Christ en croix (Jn 19,36) les mots du rituel pascal (Ex 12,46). L'Apocalypse, à son tour, donne une place considérable à l’ « Agneau debout comme égorgé » (Ap 5,6 à 22,1). L'épître aux Hébreux, elle, s'empare de l'image du prêtre et du sanctuaire pour décrire, en continuité et en contraste, le rôle du Christ offrant le sacrifice unique et définitif (He 3,1 à 10,21). L'Eucharistie est éclairée à la fois par l'image de la manne (Jn 6, 31-58) et celle du « sang de 1'alliance » (Mt 26,28; cf. Ex 24,8). Plus largement, on peut noter que l'Apocalypse fourmille d'images tirées de l'Exode, qu'une lecture attentive décèle presque à chaque pas, qu'il s'agisse par exemple des plaies (Ap 8,7.8.12; 9.3), du culte (8,3; 9,13; 15,5-8), des images théophaniques (4,5; 11,19).

• L'Exode est aussi le livre de la Loi. Pour le Nouveau Testament, il s'agit souvent du Décalogue : le Christ en rappelle les exigences (Mc 7,10), invite à les dépasser (Mt 5,21 s; 12,1-14; 19,16-26), les résume dans le commandement de l'amour (Mt 22,34-40; cf. Rm 13,8-10). Le Décalogue et la Loi qui le prolonge restent bien le terreau sur lequel se développent les exigences nouvelles. Cependant le rôle de la loi est modifié de manière fondamentale, comme le montre Paul dans des réflexions d'importance capitale, qu'on ne peut que mentionner ici (Rm 3-8; Ga 3-4). « Personne n'est justifié par la loi » (Ga 3,11), mais il reste que celle-ci est « sainte » (Rm 7,12). « La loi a été donnée par Moise, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ » (Jn 1,17).

 

© Claude Wiéner, SBEV

 
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org