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Présentation de Jésus au Temple
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Morin Dominique
La Présentation de Jésus au Temple (Lc 2, 22-32)
Commentaire au fil du texte
 
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Luc, dans ce récit de la Présentation de Jésus au Temple, s'applique, à souligner le lien étroit qui rattache Jésus au Judaïsme...
 

Luc, dans ce récit de la Présentation de Jésus au Temple, s'applique, à souligner le lien étroit qui rattache Jésus au Judaïsme, et à mettre en lumière l'universalité du message dont le Messie sera porteur.

"Selon la Loi de Moïse... "

L'évangéliste, en insistant sur le respect scrupuleux des commandements de la Loi de Moïse par Marie et Joseph  — il y fait trois fois référence en quelques lignes — veut rappeler que Jésus s'inscrit bien dans la tradition de son peuple.

Le début de ce récit, en outre, rappelle une scène rapportée dans l'Ancien Testament : la présentation du jeune Samuel par Anne, sa mère, mystérieusement devenue enceinte alors qu'auparavant elle était stérile (voir le Premier livre de Samuel, chapitre 1, versets 20 à 28). De même que l'avait fait Anne pour son fils Samuel, Joseph et Marie, à leur tour, consacrent leur propre fils, Jésus, au Seigneur.

Syméon

Dans le Temple de Jérusalem, Jésus, contrairement à ce qu'on aurait pu attendre, n'est pas reçu par un prêtre, mais par un homme « juste et pieux », Syméon, qui attend avec ferveur « la consolation d'Israël ». Cette expression, classique chez le prophète Isaïe, désigne la venue du Messie, du Sauveur promis par Dieu depuis longtemps. Mais Syméon est aussi un prophète puisque l'Esprit Saint est sur lui, et un prophète privilégié car il a reçu l'assurance de voir le Messie avant de mourir. En prenant l'enfant, il sent monter en lui une immense joie. La promesse s'accomplit : il tient le Sauveur dans ses bras. Comme le dira si bien Saint Augustin : « Le vieillard portait l'enfant, mais c'est l'enfant qui menait le vieillard ».

« Lumière pour éclairer les nations »

Après avoir rendu grâce au Seigneur pour ses bienfaits, Syméon improvise une courte prière composée d'éléments empruntés au livre du prophète Isaïe où il était déjà dit que le salut de Dieu concernerait tous les hommes. Ainsi cette parole de Syméon : « Mes yeux ont vu ton salut que tu as préparé à la face de tous les peuples » fait-elle clairement écho à cet oracle d'Isaïe : « D'un bout à l'autre de la terre, les nations verront le salut de notre Dieu » (Isaïe chapitre 52, verset 10). Quant à la formule de Syméon : « Lumière pour éclairer les nations » elle évoque inévitablement le Serviteur du Seigneur désigné à plusieurs reprises dans le livre d'Isaïe comme « Lumière des nations ».

Cet universalisme ne diminue pas l'importance du peuple juif aux yeux de Luc, puisque Syméon affirme également, tout comme le livre d'Isaïe d'ailleurs, que ce salut sera « la gloire d'Israël ». Mais avec Jésus, ce n'est plus seulement le peuple d'Israël qui est concerné. Ce sont désormais tous les hommes qui formeront l'unique peuple de Dieu, et tous bénéficieront des promesses du Seigneur.

 

Renseignements complémentaires :

• La purification

Cette loi concerne en réalité seulement la mère de l'enfant, considérée comme impure à cause du sang versé à la naissance. La cérémonie de purification se faisait le quarantième jour après sa naissance pour un garçon, et consistait dans l'offrande d'un sacrifice au Temple : un agneau d'un an et une tourterelles ou une colombe pour faire un double sacrifice. Mais les pauvres — ce qui était vraisemblablement le cas de Joseph et Marie —, pouvaient se contenter de deux tourterelles ou de deux colombes.

• Verrait

Luc joue sur le mot "voir" : avant de voir la mort, cet homme âgé, Syméon verra le Messie, celui qui apporte la vie éternelle.

• Il vint donc au Temple

Ce récit de la Présentation de Jésus au Temple se présente comme le point d'aboutissement et le sommet des deux premiers chapitres de l'évangile de Luc où ce dernier évoque la naissance et l'enfance de Jésus. Venant d'une bourgade méprisée du nord, Nazareth, Jésus est reconnu comme le Messie, par un homme modeste mais poussé par l'Esprit, dans le Temple même de Jérusalem, lieu saint de la présence de Dieu au milieu de son peuple.

• Maintenant... laisser s'en aller

Le bref cantique de Syméon est souvent désigné sous le titre de "Nunc dimittis" (Maintenant... laisser s'en aller), qui sont les deux premiers mots de cette prière dans la traduction latine dite "de la Vulgate".

• L'Esprit Saint

Il est nommé trois fois dans ce passage, tout comme la Loi. On peut noter une étonnante convergence ici : conduits par la Loi vers le Temple, Marie, Joseph et Jésus y rencontrent Syméon qui, de son côté, y a été poussé par l'Esprit Saint.


SBEV. Dominique Morin

Sur ce même thème, voir aussi : Circoncision de Jésus et présentation au Temple

 
Lc 2,22-32
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org