20
Promesse
365
Barrios Dominique
Un Dieu qui promet
Gros plan sur
 
Commencer
 
La grande originalité du Dieu de la Bible : être un Dieu qui promet...
 

Aucun des dieux assyriens, babyloniens, égyptiens ne possède cette originalité du Dieu de la Bible : être un Dieu qui promet.

Lorsqu'après la sortie d'Égypte, Moïse s'adresse solennellement au peuple d'Israël pour lui donner une loi, après avoir retracé à grands traits les étapes de son histoire, il rappelle l`expérience unique de l'ancienne promesse à Abraham en ces termes : « C'est par amour pour vous et pour garder le serment juré à vos pères que le Seigneur vous a fait sortir... » (Dt 7,8).

Ainsi, quand, dans le Deutéronome, Israël médite sur son histoire et veut donner, pour les générations futures, une sorte de « charte » de ses relations avec Dieu, l'expérience fondamentale à laquelle il fait appel est celle de ce Dieu qui « garde le serment juré ».

Un Dieu original

Il est vrai que pour nous, héritiers d'une longue tradition façonnée par la Bible, le caractère extraordinaire d'une telle affirmation s'est progressivement estompé. Nous parlons facilement du « Dieu de la promesse », sans mesurer à quel point ce Dieu-là, le « Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob », diffère en cela des dieux égyptiens, assyro-babyloniens, etc. Tous les peuples du Proche-Orient connaissaient bien, eux aussi, l'idée d'un Dieu créateur ou encore d'un Dieu (ou de plusieurs!) veillant sur les hommes avec bonté, accessible à la prière, dispensateur de vie et de bénédiction. Mais leurs dieux, si l'on peut dire, gardaient toujours leur « liberté » vis-à-vis des hommes.

Le Dieu de la Bible, au contraire, entre vraiment dans l'histoire; il accepte de s'engager par une promesse qui le lie définitivement à un homme, à une tribu, à un peuple.

Dieu dit à Abraham

Lorsqu’on évoque la « promesse », c'est aussitôt le nom d'Abraham qui vient à l'esprit. Lui qui reçut l'annonce d'une terre et d'une descendance, et qui crut à cette parole proférée par un Dieu qu'il ne connaissait pas encore.

Cette promesse, cette alliance deviennent pour Abraham – et derrière Abraham se profile déjà l'ombre de tout Israël – la condition même de son existence comme partenaire privilégié de Dieu, tout au long de son histoire.

Une parole donnée une fois pour toutes, sans retour possible : tel sera le roc de fondation de la foi d'Israël. Elle lui permettra de maintenir cette foi vivante même dans l'épreuve : puisque Dieu est celui qui « se rappelle à jamais son alliance, la parole promulguée pour mille générations » (Psaume 105,8), il peut sembler s'éloigner, se détourner sans que défaille pour autant la foi de celui qui a entendu cette parole. Et même si l'épreuve est en apparente contradiction avec cette promesse même, la foi ne défaille pas. Il faut lire à ce sujet le très beau texte du sacrifice d'Isaac où l'on voit Dieu demander à Abraham en sacrifice le « fils de la promesse ». Le fils n'est pas sacrifié, et le sacrifice se transforme en épreuve pour la foi d'Abraham.

E, c'est encore ce serment juré par Dieu qu'invoquera Pierre : lorsque, devant la foule réunie à Jérusalem pour la fête de la Pentecôte, il proclamera la résurrection de Jésus, ou bien Paul, quand il annoncera « l'Évangile de Dieu, que d'avance il avait promis... ».

Le Dieu de la promesse, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob... Le Dieu de Jésus.

© SBEV. Dominique Barrios

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org