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Miracles
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Autané Maurice
Les miracles d'Élie et d'Élisée
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Les récits populaires des miracles d'Élie et d'Élisée veulent démontrer que c'est le Seigneur qui fait vivre Israël, et non Baal...
 

Les récits populaires des miracles d'Élie et d'Élisée veulent démontrer que c'est le Seigneur qui fait vivre Israël, et non Baal, mais aussi dessiner les contours de la vie prophétique. Le Seigneur et son prophète sont étroitement associés dans ces récits, au po~nt que les « miracles » sont l'œuvre des deux.


LES MIRACLES D'ÉLIE

Élie rassasie la veuve de Sarepta (1 R 17,8-16)

Le lieu a une importance : Sarepta, une ville du territoire de Sidon (l’actuelle Saïda), donc soumise à Baal et non au Dieu d'Israël. Notez la puissance du Seigneur : il provoque une sécheresse même en dehors de son « territoire », et il protège celle qu'il a choisie, une veuve, en lui procurant à manger, un 'peu comme avec la manne au désert. La parole d'Élie est importante car elle est la parole de Dieu; lui obéir, c'est recevoir la protection de Dieu. Élie approuve le projet de la veuve : « fais ce que tu as dit », mais il y ajoute une touche personnelle, qu'il affirme venir de Dieu (v. 14) : « car ainsi parle le Dieu d Israël »... Le miracle de la nourriture à satiété lors d'une famine résulte de l'obéissance à la parole d'Élie, parole de Dieu.

Élie ressuscite le fils de la veuve (1 R 17.17 24)

Franchissons un pas de plus dans la découverte de la puissance du Seigneur dans le territoire de Baal : celle-ci s'étend aux frontières de la vie et de la mort. Au v. 18 la femme semble croire que la mort de son fils est une punition divine. Or, Élie adopte la même attitude : « Seigneur, veux-tu du mal même à cette veuve... au point que tu fasses mourir son fils ? » Le Seigneur répond par le miracle : il rend la vie à l'enfant. Cette « résurrection » montre à la femme l'intervention bénéfique d’Élie, et elle retourne son jugement initial en confessant, elle, une fidèle de Baal, la puissance de Yahvé; elle reconnaît l'autorité d'Élie : maintenant je sais que tu es un homme de Dieu.

LES MIRACLES D'ÉLISÉE

Le miracle de l'huile (2 R 4,1-7)

Ce récit rappelle le miracle d'Élie avec la farine et l'huile (1 R 17,8-16). Il n'est plus question de famine mais de dettes. Un créancier veut prendre les deux fils d'une femme endettée; c'est la loi (Exode 21,7). Élisée va faire couler l'huile en abondance, assez pour que la femme puisse payer ses dettes et vivre elle et ses fils avec ce qui restera. Notons cependant qu'Élisée n'est pas présent lorsque se produit le miracle. C'est la puissance de Dieu qui agit seule, parce qu'Élisée l'avait annoncée.

Le fils de la Shounamite (2 R 4,8-37)

On retrouve dans ce récit des motifs rappelant d'autres histoires, et d'abord le même miracle accompli par Élie (1 R 17,17 24). Mais aussi la promesse d'un enfant à cette femme de Shounem rappelle la promesse faite à Sara, l’épouse d'Abraham (Gn 18,10). Comme avec Élie, l’enfant revient à la vie grâce à la prière et au contact du corps du prophète. Mais ce récit diffère aussi : l'éternuement à sept reprises – le souffle de vie qui revient dans l'enfant. Ce n'est pas Élisée qui ramène l'enfant à sa mère, mais celle-ci qui vient le chercher. Une fois de plus est affirmée la puissance du Seigneur par son prophète.

L'eau salée : le potage empoisonné (2 R 2,19-22 ; 4,38 41)

Comme dans les récits sur Élie, il s'agit de montrer en même temps la puissance du Seigneur et d'attester qu'Élisée est bien son prophète. C'est la puissance de Yahvé qui purifie l'eau – à travers le sel – mais c'est selon la parole qu'avait dite Élisée. La purification d'un plat empoisonné joue le même rôle, avec en plus un aspect didactique. C'est en effet devant les fils de prophètes rassemblés qu'Élisée assainit le potage.

La multiplication des pains (2 R 4,42 44)

Ce récit a plusieurs ressemblances avec celui de la multiplication des pains, dans les évangiles. La disproportion entre la petite quantité de nourriture et le nombre important de personnes à nourrir est bien indiquée : ici, 20 pains pour 100 personnes, mais beaucoup plus de monde avec moins de pains dans les évangiles. Élisée est confiant dans la puissance de son Dieu qui donne en abondance. Comme pour les galettes de pain et l'huile de la veuve, il y a trop.

La guérison de Naaman le lépreux (2 R 5,1-16)

Une fois de plus le pouvoir d'Élisée sur la vie des autres est affirmé; ici, c'est sur un étranger, un païen - qui plus est, le chef ennemi d'Israël ! La puissance de Dieu ignore les frontières; d'autre part les païens peuvent aussi reconnaître à l'œuvre la puissance du Dieu d'Israël.

Les v. l-9 racontent comme Naaman en est venu à demander le secours d'Élisée, alors que les deux rois sont totalement impuissants. La conséquence de la guérison c'est la foi : « Je sais qu'il n'y a pas de Dieu sur toute la terre si ce n’est en Israël. Si c'est bien par l'obéissance – difficile – aux ordres du prophète que Naaman a été guéri, c'est la puissance de Dieu qui en est à l'origine. À cause de cela Élisée refuse de recevoir les présents offerts en remerciement : c'est Dieu seul qui a guéri.

© SBEV. Maurice Autané

 
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