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Charismes
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Dons
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Paul
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Dubreucq Marc
Paul, les dons et les charismes dans la première Épître aux Corinthiens (1 Co 12 – 14)
 
 
Le place des dons et des charismes dans les communautés chrétiennes selon saint Paul...
 

Pour Paul, comme pour les Corinthiens, la présence agissante de l'Esprit Saint est une évidence, tellement sont nombreuses ses manifestations, les « charismes ». Mais cela ne va pas sans créer des troubles dans l'assemblée. Paul doit donc intervenir et rappeler quelques vérités essentielles.

L'Esprit des temps nouveaux (ch. 12)

Depuis la résurrection de Jésus, l'Esprit de Dieu répandu sur tous les croyants signifie que les promesses s'accomplissent (Joël 3,1-2). L'Esprit Saint n'est-il pas l'ultime « cadeau » de Dieu attendu pour la fin des temps ? « Je vous donnerai un cœur neuf... Je mettrai en vous mon Esprit » (Ez 36,26-27). C'est cet Esprit qui rassemble la communauté des croyants et lui fait exprimer sa foi en Jésus ressuscité, Seigneur : « Personne ne peut dire : “Jésus est Seigneur”, si ce n'est par l'Esprit Saint » (12,3).

Mais à Corinthe, tous ne reçoivent pas les mêmes dons. Certains ont des dons spectaculaires : le pouvoir de faire des miracles, de guérir ou de « parler en langues ». Ne vont-ils pas se croire supérieurs aux autres ? Tout cela vient-il bien de l'Esprit ? Comment vivre ces manifestations dans la communauté chrétienne ?

L'unique Esprit et la diversité des dons

Paul prend acte de la diversité des dons, mais il garde le souci de l'unité de la communauté (12,4-5). Dans la seconde partie du chapitre il développe la comparaison du corps : celle-ci fait droit à la diversité des dons, tout en les intégrant dans un ensemble. Les dons de chacun sont ainsi au service de tout le corps : « Vous êtes le corps du Christ et vous êtes ses membres, chacun pour sa part » (12,27). L'insistance porte alors sur l'unique Esprit qui est à l'origine de tous ces dons si variés (v. 13). L'enjeu n’est-il pas très actuel ? Chacun pourra, dans l'Église, exercer son propre charisme, répondre. à son appel particulier, dans la mesure où il sait reconnaître celui des autres, différent mais nécessaire pour la vie du corps.

Le don le plus important (Ch. 13)

Dans ce développement sur les dons spectaculaires de l'Esprit, Paul ramène ses lecteurs vers le centre : l'amour de Dieu chanté dans le célèbre « hymne à la charité » (ch 13). La prophétie ou le parler en langues, si merveilleux soient-ils, prendront fin un jour, mais l'amour « ne disparaît jamais » (13,8). Cet amour est entièrement déterminé par des verbes d'action, qu'il vaut la peine de regarder un à un (v. 4-7). Il ne s'agit pas de se complaire dans les charismes reçus comme dans des privilèges ou des titres de gloire (v. 2-3) mais de vivre les relations quotidiennes d'une manière nouvelle, qui tranche sur l'ancien comportement (d'où les huit négations des versets 4 à 6).

Telle est la voie infiniment supérieure (12,31) que propose l'Apôtre : chaque croyant va témoigner par sa manière de vivre que la communauté chrétienne, le Corps du Christ, est véritablement animée d'un Esprit nouveau d'amour et de don de soi, l’Esprit même de Jésus. C'est la vie fraternelle qui devient le lieu d'accomplissement de la vie spirituelle.

Dans l'assemblée, être attentif à l'autre (Ch. 14)

On peut imaginer le problème posé par une assemblée où chacun, se sentant animé par l'Esprit, se met à parler en langues. Comment ne pas brider la liberté de l'Esprit et, en même temps, permettre à tous, hommes et femmes, de célébrer d'une manière intelligible et profitable pour tous ? Telle est la question du chapitre 14. Paul donne le critère de discernement : il est meilleur de prophétiser que de parler en langue. Mieux vaut dire cinq mots en langage clair que dix mille en langue ! En effet, celui qui prophétise édifie, il exhorte et encourage.

À la fin du chapitre (v.26. 39), un petit règlement intérieur précise les principes à suivre. Il invite en outre les femmes au silence. En tout cas Paul s'inspire de la tradition des synagogues juives et cherche à ce que les assemblées chrétiennes, même animées par l'Esprit Saint, ne ressemblent pas aux extases et aux délires des cultes païens, avec leurs prêtresses échevelées : Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais un Dieu de paix (v.33).


© SBEV. Marc Dubreucq

 
Monastère Ste Catherine, Sinaï.
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org