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Autané Maurice
La faune des pays bibliques
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La Bible, rassemble un véritable zoo : plus de 150 animaux y sont cités...
 

Ours, lion, cormoran, scorpion, crocodile sanglier et aussi dragon, phénix, licorne : ces animaux évoquent pour nous des pays exotiques, et des légendes. Et pourtant, tous ces noms sont tirés de la Bible, qui rassemble un véritable zoo : plus de 150 animaux y sont cités.

La terre d'Israël, qui comprend aujourd'hui bien des terres arides et rocheuses comme dans le Néguev, n'était pas ainsi il y a deux ou trois millénaires. Des régions montagneuses étaient encore boisées et peuplées de gibier : on y trouvait des lions et des ours. Nous avons du mal à imaginer une telle variété d'espèces sur un territoire aussi petit.

Un pays subtropical

Le pays de la Bible se trouve entre la Méditerranée et le désert de Syrie. Son climat résulte de cette situation. Dans la zone subtropicale, il n'y a que la saison des pluies, l'hiver, et la saison sèche, l'été, séparées par deux courtes périodes de transition. La terre d'Israël, malgré son exiguïté, a un relief singulier et très varié. Sur 100 km, en allant de la côte à la Mer Morte, on passe successivement de la plaine à des montagnes de 1000 m, pour redescendre brutalement à 400 m sous le niveau des mers. Les microclimats sont nombreux dans un tel relief; ils conditionnent autant la flore que la faune. Quoi de semblable entre les régions montagneuses arides ou reboisées, les plaines cultivées d'Yzréel ou du littoral, le désert qui borde la Mer Morte et le Néguev, la végétation luxuriante de la vallée du Jourdain et du lac de Galilée ? À cette végétation diversifiée correspond une faune très riche.

Une faune abondante

Plus de 150 noms d'animaux sont cités dans les deux Testaments, certains bien connus, d'autres mal identifiés, d'autres encore disparus de la faune actuelle de la région, sans compter les noms d'animaux mythiques. Différents classements sont possibles. Les prêtres de Jérusalem, en Gn 1, ont divisé la faune selon les habitats : dans l'eau, dans les airs et sur la terre. Certains classements distinguent également les reptiles (1 R 5,13).

L'Ancien Testament hébreu ne connait, pour les animaux aquatiques, que peu de noms : le dauphin, le cétacé, la bestiole qui grouille et... le poisson en général. Bref, Israël n'est pas un peuple marin et la Bible ne s'intéresse pas trop à la pêche.
La quarantaine de noms d'oiseaux comprend entre autres des rapaces, des échassiers, des oiseaux nocturnes, des volatiles familiers (poule, colombe) et même l'autruche.
Parmi les animaux terrestres, distinguons les insectes (une vingtaine), les reptiles (une vingtaine) et les quadrupèdes (près de 70). Parmi ces derniers, on trouve notamment le gros bétail : les bovins, et surtout le petit bétail : les ovins et les caprins, dont l'élevage est une richesse traditionnelle du peuple d'Israël, depuis ses origines. Pour désigner ces bêtes-là, plus proches de l'homme, il existe de nombreux termes.

Des animaux difficiles à identifier

En dehors du petit et du gros bétail domestique, l'identification des autres est parfois incertaine. D'abord, parce que beaucoup de noms d'animaux sont rarement cités; certains ne sont connus que par les deux listes des animaux impurs (Lv 11 et Dt 14). Comment savoir de quels animaux il s'agit ? C'est surtout grâce à la traduction grecque (avant l'ère chrétienne) que l'on fait ces identifications : on suppose que ces traducteurs de la Septante étaient bien informés. Mais on sait qu'ils se sont parfois trompés. Ils avaient d'ailleurs des excuses, car d'une part, leurs connaissances scientifiques étaient limitées et, d'autre part, la faune de l'Égypte où ils vivaient n'était pas celle de la Palestine.

De plus, les textes bibliques ont été écrits sur presque un millénaire, et pendant cette longue période certaines espèces ont disparu et d'autres sont arrivées. Le chameau n'est apparu dans la région que vers le XIIe s., donc après l'Exode et non au temps des Patriarches. Inversement, l'hippopotame n'est connu à l'embouchure du Yarkon, au nord de Tel Aviv, que jusqu'au IVe siècle avant JC. Au début du XXe siècle, quelques fauves hantaient encore les rives boisées du Jourdain et les forêts du Carmel.

Des animaux de légende

Les textes bibliques contiennent une bonne dizaine de noms d'animaux fabuleux. L'hébreu connaît deux monstres marins : le tannin et le léviathan, ainsi qu'un démon nocturne, la lilith. La traduction grecque connaît le phénix, l'unicorne (la licorne ?), le griffon, la sirène, le satyre, et même l'onocentaure (l'homme-âne), le fourmi-lion et le cerf-bouc ! Les anciens croyaient en l'existence d'êtres qu'ils n'avaient jamais vus, mais dont parlaient des voyageurs ou des légendes exotiques. Les quatre Vivants d'Ézéchiel sont inspirés des animaux mythiques des Babyloniens. Les chérubins (keroubim, protecteurs de l'arche d’alliance : 1 R 6,23-28) sont des taureaux ailés à tête humaine, avec des pattes de lion; quant aux séraphins (seraphim, présents dans le Temple d'après Isaïe 6,2) ce sont des serpents venimeux volants. Tous ces animaux fabuleux sont présentés comme le signe de la puissance divine sur la création, bien au-delà de ce que l'homme peut connaître et même imaginer.

© SBEV. Maurice Autané



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