746
Lavement des pieds
1132
Pierre
365
Barrios Dominique
Pierre lors du lavement des pieds (Jn 13,1-20)
Commentaire au fil du texte
 
Commencer
 
Le geste de Jésus s'agenouillant pour lui laver les pieds est considéré par Pierre comme une humiliation inacceptable...
 
Le geste de Jésus s'agenouillant pour lui laver les pieds est considéré par Pierre comme une humiliation inacceptable : « Me laver les pieds ? à moi ? Il n'en est pas question ». Jésus fait là un travail d'esclave.

Premier contre-sens. Jésus ne s'humilie pas : il rend sa dignité à 1'esclave, il « renverse l'orgueilleux de son trône ». « Vous m'appelez maitre et Seigneur, et vous dites bien, je le suis ».

Travail d'esclave que de servir ses frères ? La réponse de Jésus est catégorique : « Si tu refuses, tu ne peux avoir part avec moi ». Autrement dit : Si tu en restes à cette idée dépassée que le maître est un maître et l'esclave un esclave, et que le monde est ainsi en ordre, il n'y a pas de place pour toi à la table du Royaume.

Pauvre Pierre ! Le voilà qui prend conscience tout à coup qu'il y avait là quelque chose de plus grave qu'il ne croyait. Alors, deuxième contre-sens, il se dit que s'il ne peut « avoir part » avec Jésus, c'est parce qu'il n'est pas purifié. Car ce festin du Royaume, peut-on y avoir part sans purifications préalables, alors que déjà, pour un simple repas entre amis, les ablutions étaient alors obligatoires ?

Alors oui, « non seulement les pieds, mais les mains et la tête ! » Il prendrait bien un bain complet pour être sûr de se retrouver aux côtés de Jésus. Et il faut que celui-ci lui explique clairement que ce n'est pas du tout de cela dont il s'agit : « Vous êtes purs ». Peu importent les bains et purifications, les mains propres ou sales. « Si je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ». Et Pierre plus que tout autre, lui qui sera « le berger des brebis ».

Quelle inimaginable transformation va donc s'opérer pour que Pierre, empêtré dans ses certitudes étroites, ses incompréhensions, ses peurs, apparaisse plus tard si extraordinairement transformé, décapé, capable justement de renverser les frontières de l'ordre établi et d'annoncer un Christ qui fait « toutes choses nouvelles » ? À la Pentecôte, ou chez le centurion Corneille, qui pourrait reconnaître Pierre?

Fallait-il qu'il fasse l'expérience amère de la trahison et du dégoût de soi-même pour réentendre « à neuf » tout ce que Jésus lui avait dit ? Ou bien fallait-il qu'il rencontre, un matin, au bord du lac, l’ami qu'il avait vu mort et qu'il partage son repas ? C'est le secret de Pierre.

© SBEV. Dominique Barrios

 
Jn 13,1-20
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org