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Résurrection
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Vie chrétienne
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Tricard François
La résurrection du Christ est au centre de la foi chrétienne
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La résurrection du Christ est au coeur de la vie du chrétien...
 

Jésus n'est pas un personnage du passé, un ancien combattant, une gloire nationale. Il est le vivant, il est le contemporain de toutes les générations. La puissance de l'Esprit qui ressuscite Jésus se développe aujourd'hui dans ses membres. Le Christ ressuscité est là, et vous êtes ressuscités avec lui : tel est le message de Paul. Vous étiez morts, vous êtes vivants et l'énergie de son Esprit vous transforme. Un monde nouveau est en train de naître. La résurrection est une re-naissance, une re-création (Jean 3,5).

Le baptême

Le baptême de Jésus avait été un geste symbolique, un acte prophétique, révélateur de sa mission. En entrant dans l'eau du Jourdain, il « mimait » sa plongée dans la mort, en solidarité avec les pécheurs, et en sortant de l'eau, il annonçait sa résurrection de la mort, tandis que son Père le désignait comme le Fils bien-aimé, premier-né d'une multitude de frères. À la fin de l'évangile de Matthieu, c'est le Ressuscité qui envoie ses disciples enseigner et baptiser toutes les nations (Mt 28,19). Désormais le baptême au nom de Jésus est participation à sa mort et à sa résurrection : « Ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions, nous aussi, dans une vie nouvelle» (Rm 6,3-5; Col 2,12).

Un texte du Conseil œcuménique des Églises commente : « Par le baptême, les chrétiens sont plongés dans la mort libératrice du Christ, où leurs péchés sont ensevelis, où le “vieil Adam” est crucifié avec le Christ et où le pouvoir du péché est brisé. Ainsi, les baptisés ne sont plus esclaves du péché, mais libres » (Document Baptême, Eucharistie, Ministère, 1982, n° 3).

Une vie de ressuscités

La foi au Christ ressuscité, en sa puissance actuelle et permanente, est le cœur de la foi chrétienne: « Je suis la résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi vivra » (Jean 11,25). Cette foi tourne l'homme vers l'avenir et le transforme, le justifie : « Mon Seigneur et mon Dieu » confesse Thomas (Jn 20,18). Les premiers chrétiens confessent que Jésus est Seigneur, sous l'action de l'Esprit (1 Co 12,3). Mais cette mort baptismale et cette vie nouvelle n'envahissent pas d'un seul coup tout le champ de l'existence humaine. La « vétusté » due au péché, le vieux ferment du mal ne disparaîtront pas du premier coup. Les zones de résistance intérieure à l'Esprit de résurrection sont puissantes : « Faites mourir les membres de l'homme terrestre, puisque vous avez dépouillé le vieil homme avec ses pratiques et revêtu l'homme nouveau » (Col 3,5-10).

Paul invite les Galates et les Romains à marcher dans la nouveauté de vie (Rm 6,4) et sous 1'impulsion de 1'Esprit (Gal 5,25). Mais pas de faux ascétisme ni de fausse liberté. L'effort chrétien, la morale chrétienne expriment le mystère de mort et de résurrection : « Nous sommes livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre chair mortelle » (2 Co 4,11). Jean complétera : « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie parce que nous aimons nos frères. Celui qui n'aime pas demeure dans la mort » (1 Jn 3,14).

L'eucharistie, sacrement pascal

Le baptisé rencontre le Ressuscité lorsqu'il rompt le pain. Il mange et boit avec lui, comme Pierre et les témoins de la première heure au cénacle, à Emmaüs ou au bord du lac de Galilée. Paul désigne l'eucharistie comme « la table du Seigneur », « le pain et la coupe du Seigneur » ou « le repas du Seigneur » (1 Co 10,21; 11,20,27). « La coupe de bénédiction que nous bénissons n'est-elle pas communion au sang du Christ? Le pain que nous rompons n'est-il pas communion au corps du Christ ? » (1 Co 10,16).

L'auteur des lettres aux sept églises de l'Apocalypse fait parler le Ressuscité : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône, comme moi-même, après ma victoire, j'ai siégé avec mon Père sur son trône » (Ap 3,20-21).

« L'eucharistie est le mémorial du Christ crucifié et ressuscité c'est-à-dire le signe vivant et efficace de son sacrifice, accompli une fois pour toutes sur la croix et toujours agissant en faveur de toute l'humanité. La conception biblique du mémorial appliquée à l'eucharistie exprime cette efficacité actuelle de l'œuvre de Dieu, quand elle est célébrée par son peuple sous forme de liturgie » (Baptême, Eucharistie, Ministère, n° 5).

Le jour du Seigneur

Parce que Jésus est ressuscité le premier jour de la semaine (Mc 16,2), les chrétiens vont célébrer son mémorial le premier jour de chaque semaine (Jn 20,19.26; Ac 20,7; Ap 1,10). La Bonne Nouvelle annoncée aux nations est bien celle de la participation de tout homme à la résurrection du Fils, dans l'Esprit. « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi » ne cesse de répéter Paul dans chacune de ses lettres. Mais le Christ ressuscité qu'il a rencontré sur le chemin de Damas n'est pas visible pour tous. Sa venue se fait attendre et sa manifestation est objet de foi et d'espérance C’est le temps de la patience, de la vigilance en attendant l'avènement du Seigneur et l’expansion de la résurrection à toute créature (Rm 8, 18-25).

Chaque dimanche la communauté célèbre le Seigneur. Elle anticipe dans l'eucharistie le repas des cieux nouveaux et de la terre nouvelle, quand le Christ aura ressuscité toute l'humanité : «Fais paraitre ton jour et le temps de ta grâce, de ta gloire. Viens, Seigneur Jésus, donne-nous aujourd'hui le Pain de ce Jour ou tu seras tout en tous! »


© SBEV. François Tricard

 
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