1060
David
350
Aulard Stéphane
Le jeune David (1 S 16-17)
Gros plan sur
 
Commencer
 
La montée de David vers la royauté et la chute de Saül...
 

Les chapitres 16 et 17 du premier livre de Samuel ouvrent le grand récit de la montée de David vers la royauté... et celui de la chute de Saül. Ils relèvent tous deux du genre littéraire de la « légende royale » : un récit populaire dont le héros est le roi (ou le futur roi), mais repris avec une intention religieuse, pour montrer l'action de Dieu envers le roi, et légitimer ainsi son pouvoir.

Mais ce qui frappe dans ces récits populaires juxtaposés, c'est qu'ils présentent David comme un jeune garçon, contrairement au célèbre « David » de Michel-Ange, bel adolescent bien musclé. Il est le dernier d'une famille de huit garçons, les fils de Jessé (16,10-11 et 17,12); d'autre part, il est beau (16,12.18; 17,42).

Deux traditions se mêlent dans cet ensemble textuel composite. Selon la première, David est ménestrel et écuyer du roi Saül (16,14-23); il a donc déjà l'âge de se battre. Mais selon la seconde tradition, il est un jeune berger venant rejoindre ses frères partis à l'armée (17,12-31), trop jeune pour porter les armes. Nos deux traditions se rejoignent pourtant au moment du comtat contre Goliath pour noter toutes deux le mépris total du géant à l'égard de David, « car c'était un enfant » (17,42).

Or ce récit du combat contre Goliath rejoint précisément le récit précédent : l'onction de David à Bethléem (16,1-13). Les rédacteurs, en effet, relèvent dans les deux récits que David est laissé pour compte et méprisé du fait de son jeune âge: « Samuel demanda à Jessé : Les jeunes gens sont-ils au complet ? Et celui-ci répondit : Reste encore le petit; voici qu'il fait paître le petit bétail » (16,11). « Le philistin considéra David et, lorsqu'il le vit, il le méprisa car c'était un enfant » (17,42).

Les rédacteurs de ces chroniques royales cherchent visiblement à faire comprendre à leurs lecteurs que c'est précisément cette petitesse des moyens, du physique, de l'âge, que le Seigneur aime. L'enfant, le petit de Bethléem qui n'est pas à la maison avec les autres, c'est celui-là que Dieu choisit pour en faire son messie (cf Lc 2,7). L'enfant pauvre de moyens et incapable de se protéger est paradoxalement le vaillant, comme la femme stérile qui enfante ou le pauvre comblé du cantique d'Anne (1 S 2,1-10).

À travers cette figure paradoxale de David enfant, roi et guerrier, Dieu ne se révèle-t-il pas comme le -Seigneur de tous les « sans voix » que sont les pauvres et les démunis, et par qui il aime agir ?

© SBEV. Stéphane Aulard

 

 
Jérusalem: l'esplanade des mosquées
1 S 16-17
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org