1463
Chapitre final
581
Evangile de Luc
50
Cousin Hugues
Le dernier chapitre de l'évangile de Luc
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Le dernier chapitre de l'évangile de Luc est très unifié...
 

Le dernier chapitre de l'évangile de Luc est très unifié, à croire que l'évangéliste applique avant l'heure la règle fameuse des trois unités : de d’action, de lieu et de temps.

Unité de l'action

L'action, c'est la progressive reconnaissance de Jésus ressuscité par les siens. Quand la foi pascale est implantée parmi les disciples, l'Ascension vient signifier que, désormais, l'Église a à vivre le temps de l'absence de Jésus. Ce dernier trait est fort caractéristique de Luc; notre auteur va le reprendre en effet au début des Actes. En revanche, il n'y a pas d'Ascension dans la finale de Matthieu qui annonce même que le Christ exalté sera toujours présent à son Église.

Unité de lieu aussi

Chez Matthieu, l'ange du tombeau demandait que les disciples partent en Galilée; c'était là que le Christ apparaÎtrait aux Onze et que s'achèverait l'ouvrage. Pour Luc, toutes les apparitions doivent se dérouler à Jérusalem ou dans sa proche banlieue (Cléophas et son ami peuvent quitter Emmaüs et regagner la ville sainte dans la soirée). C'est pourquoi les deux messagers célestes du tombeau ne donnent plus de rendez-vous pour la Galilée, mais rappellent les annonces de la Passion-Résurrection que Jésus faisait naguère en Galilée.

Unité de temps, enfin

L'auteur articule tous les événements dans le cadre d'une journée et de sa soirée. Le jour même où les femmes ont trouvé le tombeau ouvert et vide, les deux disciples d'Emmaüs retrouvent les Onze à Jérusalem, et « comme ils parlaient ainsi, Jésus fut présent au milieu d'eux », leur parla, « puis il les emmena à Béthanie (un faubourg de Jérusalem) et fut emporté au ciel ». Ainsi donc, Luc qui, dans son second tome, dira que le Christ est apparu pendant « quarante jours » (Actes 1,3), n'a pas hésité à ramasser toutes les apparitions et l'Ascension sur une journée type, sur le dimanche, jour où les chrétiens fêtent la Résurrection de leur Seigneur. Il nous indique aussi par là que les « quarante jours » dont il se servira dans Actes, chapitre 1, sont un chiffre tout aussi symbolique, qui indique une plénitude : ce temps des apparitions fut comme une lune de miel qui fonda l'Église avant que le Seigneur ne parte, laissant son Esprit aux siens.

Les premiers chrétiens et nous

Pour Luc, il y a donc une clôture du temps des apparitions, c'est entendu : « Le Seigneur Jésus se sépara des Onze et de leurs compagnons et fut emporté au ciel » (Luc 24,51). Les chrétiens de l'Église de Luc et nous-mêmes sommes-nous donc alors désavantagés par rapport à cette toute première génération de disciples à laquelle le Christ ressuscité se donna à voir ? Sommes-nous privés de faire l'expérience de Jésus le Vivant et de le rencontrer mystérieusement ? Certes non ! nous répond l'évangéliste qui prend soin, en rédigeant Luc 24,13-35, de mettre en relief deux façons d'entrer en relation, dans les Églises de tous les temps, avec le Christ ressuscité : participer à la fraction du Pain et à l'explication des Écritures. Si Luc a fait du récit d'Emmaüs le plus long récit d'apparition pascale du Nouveau Testament, c'est que la vérité de la scène a toujours la même actualité : quand nous partageons l'Eucharistie, nous y reconnaissons le Christ alors même qu'iI est invisible à nos yeux. Et quand une homélie bien faite nous éclaire sur le rôle et la personne du Christ à l'aide de l'Ancien Testament, notre cœur est déjà brûlant en nous comme lors de la rencontre d'un ami.

© SBEV. Hugues Cousin

 
Lc 24
 
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