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Jésus
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Miracles
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Marchadour Alain
Les miracles au temps de Jésus
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Pour comprendre les miracles de Jésus, il faut d'abord se replacer dans le contexte où il a vécu, parlé et agi...
 

Pour comprendre les miracles de Jésus, il faut d'abord se replacer dans le contexte où il a vécu, parlé et agi. Le monde juif du premier siècle, si différent du nôtre, est surtout pétri des traditions bibliques et de l'espérance des prophètes.

La Bonne Nouvelle de Jésus prend l'homme dans sa totalité, dans son corps, son intelligence et son cœur. Jésus lui-même s'engage dans son corps et son esprit. Plusieurs récits soulignent cet engagement physique. Quand la femme souffrant d'hémorragie touche le vêtement de Jésus, celui-ci « s'aperçoit qu'une force est sortie de lui » (Mc 5,30). Souvent ses gestes sont mis en valeur : « Pris de pitié, Jésus touche les yeux des aveugles » (Mt 20,34); « Il prend 1'aveugle (de Bethsaïde) par la main, met de la salive sur ses yeux, lui impose les mains... Puis il lui pose de nouveau les mains sur les yeux, et l'homme voit clair » (Mc 8,22-26).

Sauver du mal et de la maladie

L'univers culturel de Jésus est très différent du nôtre. De son temps, on est convaincu que maladie, possession diabolique et péché sont liés et signifient une rupture d'avec Dieu. Si quelqu'un est malade, c'est qu'il a péché, même s'il faut parfois chercher ce péché chez ses parents (comme pour l'aveugle-né : Jn 9,2). La maladie est toujours perçue comme l'extériorisation d'un mal intérieur; c'est pourquoi, lorsque Jésus remet le paralytique debout, il le libère en même temps de ses péchés : « Pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre autorité pour remettre les péchés, il dit alors au paralytique : “Lève-toi, prends ta civière et va dans ta maison” » (Mt 9,6).

La lèpre était la marque extérieure de la malédiction et du châtiment; en tant qu'impureté – et parce qu'on la croyait contagieuse – elle entraînait l'exclusion. Le lépreux est mis en quarantaine; son contact est aussi dangereux que celui d'un mort : il rend impur et menace donc la vie du groupe.

Le Créateur toujours à l'œuvre

Les Sémites n'ont pas, par rapport aux maladies et aux guérisons, les mêmes appréciations que nous. Pour eux, la vie des hommes est sans cesse en relation avec Dieu; elle lui est soumise. Rien n'interdit donc à Dieu d'intervenir dans leur vie, dans les « rouages de la nature », et même d'en « violer » les lois, ou plutôt l'ordre habituel. Le miracle est une donnée indiscutable pour les Anciens. Rarement ils se posent les questions critiques que nous pouvons nous poser, nous qui sommes plus portés à chercher des explications qu'à accueillir les signes tels qu'ils nous sont donnés.

Dieu peut guérir

La pratique de Jésus s'inscrit dans la tradition biblique où Dieu se manifeste parfois à Israël comme « celui qui te guérit » (Ex 15,26), à la différence des autres divinités. « Le deuxième jour tu nous guériras; le troisième jour tu nous ressusciteras » (Os 6,1-2). Déjà la guérison est reliée au pardon des péchés : « Lui qui pardonne toutes tes offenses, qui te guérit de toutes maladies » (Ps 103,3).

Ce Dieu guérisseur délègue parfois son pouvoir à ses envoyés comme Abraham (Gn 20,7), Élie (1 R 17,17-24) et Élisée (2 R 4,18-37; 5,1-l9). Le Serviteur souffrant, bien que méconnu et rejeté par les siens, est pourtant celui par qui Dieu agit : « dans ses blessures nous trouvons la guérison » (Is 53,5). L'histoire de Tobie montre que Dieu peut aussi intervenir par l'intermédiaire d'un messager, un ange : « Raphaël fut envoyé pour les guérir tous deux : Tobit, en faisant partir les leucomes de ses yeux et Sara en expulsant d'elle Asmodée, le démon mauvais » (Tb 3,16-17).

Dans les derniers siècles avant Jésus, peut-être sous l'influence des Grecs, les médecins sont cités positivement, comme instruments et collaborateurs de Dieu : « Au médecin rends les honneurs qui lui sont dus, en considération de ses services, car lui aussi, c'est le Seigneur qui l'a créé. C'est en effet du Très-Haut que vient la guérison, comme un cadeau qu'on reçoit du roi » (Sir 38,1-2; lire aussi 3-15).

Les miracles du Messie

Parmi les paroles des prophètes qui annoncent le Règne de Dieu, certaines laissent espérer, pour « les derniers temps », la fin de toute misère et de toute souffrance. Cette espérance fut finalement reliée à la venue du Messie, dont on attendait aussi qu'il renouvelle les merveilles de l'Exode. Les signes de Jésus doivent être replacés dans ce contexte messianique des derniers temps. Quand il inaugure sa vie publique à Nazareth, il proclame que son action va réaliser une des prophéties du livre d'Isaïe : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, proclamer aux captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté, proclamer une année de grâce du Seigneur » (Lc 4,18-19) ;


SBEV. Alain Marchadour

 
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org