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Marie
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Nouveau Testament
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Sevin Marc
Marie dans le Nouveau Testament
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Sur les vingt-sept livres que comporte le Nouveau Testament, cinq seulement parlent de Marie...
 
Sur les vingt-sept livres que comporte le Nouveau Testament, cinq seulement parlent de Marie. Première constatation : les textes les plus anciens, notamment les épîtres de Paul, ne parlent pas de Marie. Si, dans sa lettre aux Galates, il rappelle que « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme » (4,4), c'est pour souligner que Jésus est vraiment homme, né comme chacun de nous. Il est difficile d'interpréter ce silence de Paul…

Dans l'Apocalypse, la vision de la « femme revêtue du soleil » (ch. 12) renvoie, selon les apocalypses juives, à la communauté d'Israël qui enfante le Messie, et non à Marie personnellement. C'est plus tard que la piété chrétienne s'est plu à y voir Marie. Les seuls livres du Nouveau Testament à parler de Marie sont donc les évangiles et les Actes des Apôtres. Les mots « Marie » ou « Mère de Jésus » se retrouvent 4 fois dans l’évangile de Marc, 13 fois dans l’évangile de Matthieu, 19 fois dans l’évangile de Luc, 10 fois dans l’évangile de Jean et deux fois dans les Actes des Apôtres.

Seuls les évangiles…

Voici d'abord les textes qui parlent de Marie, en dehors des évangiles de l'enfance :

1 – l'arrivée de la mère et des frères de Jésus et la parole de celui-ci désignant ses disciples comme sa vraie famille : Mat 12,46-50; Marc 3,31-35; Luc 8,19-21 (et aussi Lc 11, 27-28);

2 – les gens de Nazareth connaissent la famille de Jésus : Mat 13,55-56; Marc 6,3; Jean 6,42;

3 – les deux scènes propres à Jean : les noces de Cana (2,1-12) et Marie au Calvaire (19,25-27);

4 – la présence de Marie et des frères de Jésus dans le groupe des Onze et des femmes au Cénacle, après l'Ascension (Actes 1,14).

Le premier groupe de textes atteste que la famille de Jésus ne l'a pas pris au sérieux lors de sa prédication, ce que confirme durement Marc 3,20-21. Luc transforme ce thème de la vraie famille de Jésus en un éloge de Marie qui, comme les vrais disciples, écoute et garde la parole de Dieu (Luc 11,27-28).

Le deuxième groupe de textes, à la synagogue de Nazareth, nous apprend que Jésus est charpentier, fils de Joseph et de Marie. Luc seul, curieusement, ne mentionne pas Marie (comme Matthieu et Marc), ni même « sa mère » (comme Jean).

Dans le troisième groupe, Jean relie fortement ces deux scènes de Cana et du Calvaire, qui encadrent tout l'évangile. Marie est témoin et même cause du premier signe qui mène les disciples à la foi, de même qu'elle reste croyante jusqu'au bout, avec le disciple bien-aimé dont elle devient la mère.

Les évangiles de l'enfance

Matthieu et Luc ont fait précéder leur évangile d'une sorte de prologue (Mat 1-2 et Luc 1-2). Rédigés assez tardivement, ces prologues n'ont pas pour but de nous informer sur le déroulement de l'enfance de Jésus, mais de nous révéler d'avance qui est Jésus de Nazareth, que l'Église proclame Seigneur. Matthieu organise le récit des chapitres 1-2 autour de cinq citations des Écritures pour prouver que Jésus est bien celui qu'annonçaient les prophètes, celui qui accomplit le grand projet de Dieu. Dans ce contexte fortement centré sur le Christ, Matthieu affirme sereinement à la fois la maternité et la virginité de Marie. Jésus est fils de Marie, notre frère, mais il vient de Dieu seul, comme le montre la virginité de sa mère : il est bien Dieu-avec-nous, Emmanuel (Mt 28,20).

Le prologue de Luc est fait de deux récits parallèles qui s'entrelacent, l'un sur Jean Baptiste, et l'autre sur Jésus, pour montrer la supériorité de ce dernier. Luc met en valeur la disponibilité totale de Marie à la Parole de Dieu. Il affirme nettement, dans ce contexte, la virginité de Marie comme un signe de l'action de Dieu dans cette naissance.

Au centre, la foi en Jésus

Les textes sur Marie sont peu nombreux, mais la foi des premiers chrétiens s'y exprime déjà pleinement. Ils ne parlent de Marie qu'en fonction de son fils. Elle est « la mère de Jésus », comme la nomme l’évangile de Jean. En dehors de cela, on ne sait rien d'elle ni sur sa famille, ni sur la fin de sa vie, comme si tous ces souvenirs s'étaient estompés. Marie s'efface derrière son fils.

Elle est aussi « comblée de grâce » : tout en elle vient de Dieu. Sa maternité, comme sa virginité, viennent confirmer ce que croient les chrétiens : Jésus est le don gratuit de Dieu. Luc et Jean donnent Marie en exemple car sa fidélité du début, malgré les difficultés, la mènera jusqu'à la croix. Cette foi n'a pourtant pas été sans difficultés ni questions, mais sa confiance a été plus forte que son incompréhension. Les lecteurs de l'évangile apprennent à redire avec elle son « oui », le fameux « fiat » de l'Annonciation.

SBEV. Marc Sevin

 

 
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org