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Jérusalem
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Psaumes de David
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Le Saux Madeleine
Jérusalem dans les psaumes
 
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Jérusalem a beaucoup inspiré ces poètes que sont les psalmistes...
 

Le nom de Jérusalem apparaît 17 fois dans les Psaumes, et 38 fois revient son nom poétique, Sion, la colline où David décida d’établir sa ville. Des poèmes entiers sont même appelés “ Psaumes de Sion ” : les Ps 46, 48, 76, 84, 87 et 122. On peut encore y Joindre les “ Psaumes des Montées ”, les cantiques des pèlerins en marche vers Jérusalem, les Ps 120 à 134.

Une résidence choisie

“ Le Seigneur a fait choix de Sion, elle est le séjour qu’il désire ”, dit le Ps 132. Ainsi la décision de David, confirmée par Salomon, est prise à son compte par Dieu. C’est là qu’il “ bâtit son sanctuaire pareil aux cimes ” (Ps 78,69). Aussi librement qu’il a élu la tribu de Juda (le quatrième fils de Jacob), puis David (le plus jeune des fils de Jessé), le Seigneur a choisi “ la montagne de Sion qu’il aime ”.

“ En Juda Dieu s'est fait connaître... À Salem II a fixé sa tente ” (Ps 76,2-3). C’est donc là qu’il faut le chercher : “ Dieu qui es en Sion... Jusqu’à toi qui entends la prière, tout être de chair peut venir ” (Ps 65,2). Non seulement les fidèles de ce Dieu sont invités à se tourner vers le lieu où il réside, mais c’est leur patrimoine et “ ceux qui aiment son nom y feront leur demeure ” avec lui (Ps 69,37). C’est un amour passionné que chante sur tous les tons l'extraordinaire Ps 84 : “ Puisqu’un jour dans tes parvis en vaut plus de mille, j’ai choisi : plutôt rester au seuil de la maison de mon Dieu que de loger sous les tentes des infidèles ”. Au choix premier de Dieu répond le choix de ses fidèles.

Joie de la terre

La ville de Dieu est admirable. Elle brille de la splendeur même de celui qui y habite : “ De Sion, beauté parfaite, Dieu resplendit ” (Ps 50,2). Elle éclipse toutes les autres cités des dieux. Il n’est, pour s’en convaincre, que de regarder ses remparts, de dénombrer ses palais. En un mot, “ belle et altière, elle réjouit toute la terre ” (Ps 48). Jérusalem mérite d’être louée parce que “ bien bâtie, ville d’un seul tenant ” (Ps 122,3) et c’est une joie immense que de s’y rendre. Plus encore, “ là le Seigneur a décidé de bénir; c’est la vie pour toujours ” dit le Ps 133. Comme un refrain dans la prière revient le souhait : “ Que le seigneur te bénisse depuis Sion ”. Aux “ récits de gloire ” que l’on peut faire sur la ville de Dieu, le Ps 87 associe la vie surabondante qui y trouve ses sources, non seulement pour les Israélites, mais pour tous les humains : “ On peut dire de Sion : en elle tout homme est né ”. Étonnante attestation d’une vocation universelle déjà perçue par le psalmiste : la ville comblée par Dieu est le berceau de la foi pour l’humanité entière.

Citadelle inébranlable

Belle et ouverte, Jérusalem est aussi une citadelle sûre. Dieu l’affermit pour toujours (Ps 48,9). Des montagnes l’entourent, mais surtout le Seigneur “ entoure son peuple, dès maintenant et pour toujours ”. Lui, le refuge, le Fort, le Rocher, est toujours au milieu d’elle, Tout puissant, secours constamment offert (Ps 46 et 125). Comment serait-elle ébranlée ?

Pourtant, se plaint un autre psalmiste, il est arrivé que les nations envahissent ce patrimoine, qu’elles souillent le Temple saint et mettent en ruines Jérusalem (Ps 79,1). Dieu aurait-il oublié sa promesse ? Non, il continue à veiller. Alors la supplication se fait plus ardente aux Jours de malheur et la confiance ne défaille pas : “ Tu te lèveras par amour pour Sion... Le Seigneur rebâtira Sion et deviendra visible dans sa gloire ” (Ps 102). Alors la ville sera encore plus glorieuse et vivante : “ Il a renforcé les verrous de tes portes, il a chez toi béni tes fils; lui qui donne la paix à ton territoire, il te rassasie de fleur de froment ” (Ps 147,13-14).

Comment l’oublier

Comme tous ceux qui aiment, les amoureux de Jérusalem apprennent ce qu’elle représente pour eux lorsqu’ils sont éloignés d’elle. Le plus sublime chant d’amour à Jérusalem est sans doute celui des exilés du Ps 137 : “ Au bord des fleuves de Babylone nous restions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion ”. Ils ne peuvent chanter un cantique du Seigneur en terre étrangère. La passion pure se donne libre cours jusque dans l’imprécation : “ Que ma langue s’attache à mon palais si Je ne pense plus à toi, si je ne fais passer Jérusalem avant toute autre joie ! ”

Le bonheur du retour est à la mesure même de tant de nostalgie : “ Nous étions comme en rêve, notre bouche était pleine de rires et nos lèvres de chansons ” (Ps 126). C'est à cause du Seigneur que Jérusalem est aimée et chantée avec tant de force et de constance. Les serviteurs du Seigneur tiennent aux pierres de la ville parce que c’est là qu’on le trouve. DéJà des glissements de sens dus à la magie de la poésie disent que c’est lui la Demeure. Les yeux du chrétien se tournent souvent, au détour de la prière des Psaumes, vers celui qui se dira le vrai Temple en personne.

 © SBEV. Madeleine Le Saux

 
Monastère Ste Catherine, Sinaï.
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org