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Prière
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Psaumes
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Mackiewicz Marie-Claude
Prier les psaumes
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Prière du Temple, de la Synagogue et de l'Église, les psaumes ont accompagné le peuple des croyants tout au long de leur histoire...
 

Traduit dans toutes les langues, chanté sur toutes les musiques, le recueil des psaumes est un patrimoine de l'humanité. Tout homme peut s’y retrouver et s’y éclairer.

Aux portes du Temple

A l’époque du premier Temple, l’activité principale du lieu saint était le sacrifice. La liturgie s’y déroulait selon un ordre bien établi, mais il n’est pas certain que les psaumes y aient eu leur place. Il est possible cependant qu'on ait chanté des psaumes aux portes du Temple on faisait cela en effet en Égypte, en Mésopotamie, à Ougarit ou en Canaan, à l’occasion des fêtes.

Les psaumes ne devinrent la Prière liturgique par excellence qu’après l’exil, à l’époque du second Temple. Certains d’entre eux gardent d’ailleurs, dans leur structure, la trace du déroulement liturgique. C'est le cas des psaumes de pèlerinage, dits « Psaumes des montées ».

La liturgie des pèlerinages

Le psaume 84 ou le psaume 122 gardent des traces de la liturgie des pèlerinages. Joie des pèlerins à leur arrivée devant le Temple : « Que tes demeures sont désirables, Seigneur Tout-Puissant ! » – « Quelle joie quand on m’a dit : Allons à la maison du Seigneur ! »

Il y a ensuite une catéchèse aux portes. Des prêtres expliquent le sens de la démarche. Ils mettent en valeur l’importance de Jérusalem et la suprématie de son Temple : « Dieu apparaît dans Sion ! »

Maintenant les pèlerins ont la parole. Ils prient Dieu : « Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, écoute ma prière, prête l’oreille, Dieu de Jacob. » – « Seigneur, ne refuse pas le bonheur à ceux qui marchent en parfaits. » – «Seigneur, appelle la paix sur Jérusalem. » Les habitants de Jérusalem répondent quelquefois : « Je prie pour ton bonheur. »

Un dialogue avec Dieu

Prière collective du peuple d’Israël ou prière individuelle, celui qui parle dans les psaumes est un croyant. Il ne demande pas la foi mais il parle à son Dieu : « Seigneur, pourquoi me caches-tu ta face ? » Il lui dit ce qui fait sa joie et lui confie son désir : « En toi Seigneur, je m’abrite. Puissé-je n’être jamais déçu ! »

Il crie ses souffrances : « L'angoisse est proche et nul n’est là pour m’aider... Je suis comme l’eau qu’on répand, tous mes membres se disloquent. »

Des raisons d’espérer

Le psautier n’est pas un recueil d’histoires pieuses et édifiantes. Le psalmiste dit ce qu’il vit sans fausse pudeur. Que ce soit un individu ou que ce soit le peuple d’Israël tout entier qui s’exprime, le psalmiste se met lui-même en scène. Il dit : « Je » ou « Nous ». Il dévoile sa grandeur et sa misère et se livre tout entier devant Dieu et devant les hommes dont il fait ses témoins.

Sa louange vers Dieu monte sans retenue. Ses cris de détresse également. L'espérance cependant finit toujours par l'emporter. Le croyant a confiance en Dieu et en sa parole : la Torah. Il y trouve l’expérience de son peuple, le rappel des interventions salvifiques de Dieu. Le psautier est comme un résumé de l’histoire sainte. En contemplant l’action passée de Dieu le psalmiste trouve des raisons d’espérer pour aujourd’hui.

La prière de Jésus

Les psaumes sont-ils une prière chrétienne ? Oui, bien que les psaumes soient d’abord des prières Juives composées avant Jésus Christ et qui ne parlent jamais directement de lui.

Ils sont chrétiens parce qu’ils ont été priés par Jésus. Il a participé aux prières de son peuple et nulle part on ne fait mention d’une quelconque réticence de sa part à les prier. Par les Actes des Apôtres et par Paul nous savons que les premières communautés chrétiennes sont restées fidèles à la prière juive. Elles ne l’auraient pas fait si Jésus avait désapprouvé cette façon de faire.

La prière qui parle de Jésus

Les psaumes sont chrétiens parce qu’ils permettent à la communauté chrétienne de mieux comprendre et de mieux formuler le mystère de Jésus. La prière traditionnelle du peuple d’Israël lui permet de comprendre la souffrance du juste et le rôle du Messie. Les psaumes du Règne de Dieu lui permettent d’évoquer celui qui est venu l’inaugurer.

La prière de l’Église

Dès l'origine, les pères de l`Église se sont intéressés aux psaumes et les ont abondamment commentés. Ils les ont même un peu bousculés en en faisant une lecture assez libre souvent très allégorique.

L’arbre planté près d’un ruisseau par exemple, du Ps 1, devient l’arbre de vie dont découle le baptême. Dans chaque verset des psaumes, ils entendent la voix du Christ vers son Père ou la voix de l'Église vers le Christ. Au Ve siècle St Augustin dira : « Le psaume, voix du Christ total, corps et tête. »

À partir du IVe siècle, l’Église commence à se répandre dans le monde entier. On fonde les premiers monastères et les nouvelles communautés chrétiennes ont besoin de chants pour célébrer leur liturgie. Avec un goût très sûr, les évêques favorisent le chant des psaumes plutôt que des cantiques à l’orthodoxie douteuse.

Depuis cette époque, de façon ininterrompue, avec leur chaos de formes et de couleurs, avec leurs accords et leurs dissonances, avec tous les parfums de la vie, la prière des psaumes monte de façon continue à Dieu. On y sent palpiter le cœur des hommes. On y sent le souffle de Dieu.

© SBEV. Marie-Claude Mackiewicz

 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org