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Esprit saint
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Souffle
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Vent
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Morin Dominique
Comme un coup de vent
Théologie
 
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Pour parler de Dieu, l'Ancien Testament utilise volontiers des images très concrètes comme le vent ou le souffle...
 

Pour parler de Dieu, l'Ancien Testament utilise volontiers des images très concrètes comme le vent ou le souffle. Elles permettent tout à la fois d'évoquer l'action de Dieu au profit des hommes et de dire quelque chose sur ce Dieu qui est "Esprit".

Les auteurs bibliques ont exprimé la présence de Dieu dans sa création à partir des mots et des réalités très simples qui s'enracinent dans l'expérience quotidienne la plus courante. Ainsi parlent-ils volontiers de Dieu en le comparant à des phénomènes naturels comme le souffle, le vent, l'eau ou le feu qui ont comme caractère commun de n'avoir pas de formes distinctes et d'échapper aux limites des réalités matérielles et visibles qui nous entourent. Ces images permettent de bien exprimer l'expérience de l'envahissement d'une présence et d'une expansion irrésistible. Elles permettent également de parler un peu du mystère de la présence de Dieu parmi les hommes.

Un espace vital

L'Ancien Testament a des mots différents pour parler du souffle. Celui qui est le plus fréquent est le mot ruah. Un mot très difficile à traduire car riche de significations très diverses. Il évoque le vent et l'espace. Il désigne ce qui sépare Dieu de l'homme, et en même temps l'espace vital que Dieu possède et auquel l'homme participe tant qu'il vit. La ruah est un espace invisible, une atmosphère extérieure à l'homme qui, en évitant toute fusion avec Dieu, lui permet de vivre. La vie même exige donc cet espace et ce vide voulus et donnés par Dieu lui-même.

Une étrange atmosphère

Cet espace n'est pas ordinaire. Il est l'endroit où Dieu communique avec les hommes. À certains moment les relations peuvent être sereines. Il n'y a pas un nuage dans le ciel. À d'autres moment les relations sont plus tendues, voire orageuses. Le vent, sous ses différentes formes, symbolise ces relations entre Dieu et les hommes. Le prophète Ézéchiel parle ainsi des "quatre ruah", c'est-à-dire du vent qui accourt des quatre points cardinaux. Cette ruah est l'instrument de Dieu qui, grâce à elle, transforme le monde et fait "des vents ses messagers" (Ps 104,4).

Le vent, instrument entre les mains de Dieu

Cette ruah exprime les diverses relations de Dieu avec les hommes. Quand Ézéchiel évoque la colère du Seigneur contre les mauvais prophètes d'Israël il annonce une tempête destructrice :

C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur Dieu : Dans ma fureur je ferai éclater le vent des tempêtes; ma colère enverra une pluie torrentielle et ma fureur des grêlons destructeurs. J'abattrai le mur que vous avez enduit de crépi, je le précipiterai à terre et ses fondations seront mises à nu. Il tombera et vous disparaîtrez là, au milieu. Alors vous connaîtrez que je suis le Seigneur (Ez 13,13-14).

Dans l'épisode des dix plaies d'Égypte, Dieu se sert du vent d'est pour amener un fléau :

Moïse étendit son bâton sur le pays d'Égypte et le Seigneur dirigea un vent d'est sur le pays, tout ce jour-là et toute la nuit. Vint le matin: le vent d'est avait apporté les sauterelles (Ex 10,13).

Et il se sert du vent d'ouest pour le faire disparaître :

Le Seigneur changea le vent en un très fort vent d'ouest qui emporta les sauterelles et les repoussa vers la mer des Joncs. Il ne resta pas une sauterelle sur tout le territoire de l'Égypte (Ex 10,19).

Le vent, instrument de salut

D'une façon plus spectaculaire encore le vent joue un rôle capital dans l'action libératrice de Dieu lors de la sortie d'Égypte, au bénéfice d'Israël :

Moïse étendit la main sur la mer. Le Seigneur refoula la mer toute la nuit par un vent d'est puissant et il mit la mer à sec. Les eaux se fendirent et les fils d'Israël pénétrèrent au milieu de la mer à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche (Ex 14,21-22)

Et, bien évidemment, le même vent souffle au détriment de Pharaon et de son armée :

Tu fis souffler ton vent,
la mer les recouvrit.
Ils s'engouffrèrent comme du plomb
dans les eaux formidables. (Ex 15,10)

Nul ne peut enfermer le vent

L'image du vent, du souffle, est également très suggestive à un autre point de vue. De même en effet qu'on ne peut enfermer ou retenir le vent, on ne peut enfermer ou retenir Dieu dans quelques limites que ce soit. On ne peut mettre la main sur cette ruah, ce souffle de Dieu, dont on entend la voix et dont on reconnaît le passage seulement grâce à certains signes, parfois très explicites, parfois très ténus et discrets. C'est bien un souffle, un vent dont nul ne peut savoir "ni d'où il vient, ni où il va" (Jn 3,8).

La ruah apparaît donc comme un souffle de puissance multiforme et imprévisible par lequel Dieu accomplit l'œuvre de sa création et intervient à sa manière dans l'histoire des hommes.

Dieu donne sa force aux chefs de guerre et aux rois

Dieu communique son souffle pour donner sa force aux hommes. Ainsi en est-il des juges, ces chefs de guerre qui, avant l'institution de la royauté avec David, aident les tribus d'Israël à se protéger contre les envahisseurs. Soutenus par le souffle de Dieu, ils sont capables, malgré les difficultés, d'aller courageusement de l'avant comme le juge Othniel que la ruah de Dieu incite à partir à la guerre pour délivrer Israël :

L'esprit de Yahvé fut sur lui; il devint juge d'Israël et se mit en campagne (Jg 3,10).

Cette même ruah tombe sur Saül et le transforme :

Alors fondra sur toi l'esprit du Seigneur, tu entreras en transe avec eux et tu seras changé en un autre homme (1 S 10.6).

Elle est donnée par Dieu aux rois. C'est le cas dans l'épisode fameux de l'onction du plus petit des fils de Jessé par le prophète Samuel :

Le Seigneur dit : 'Lève-toi, donne-lui l'onction, c'est lui'. Samuel prit la corne d'huile et il lui donna l'onction au milieu de ses frères et l'esprit du Seigneur fondit sur David à partir de ce jour (1 S 16,12-13).

Dans l'un des textes les plus fameux du livre d'Isaïe le prophète décrit le roi idéal investi de l'esprit :

Un rameau sortira de la souche de Jessé,
un rejeton jaillira de ses racines.
Sur lui reposera l'esprit du Seigneur:
esprit de sagesse et de discernement,
esprit de conseil et de vaillance,
esprit de connaissance et de crainte du Seigneur
( Is 11,1-2).

Dieu donne son esprit aux prophètes

L'esprit est donné également aux prophète. Ils sont revêtus, frottés, "oints" de l'esprit du Seigneur.

L'esprit du Seigneur est sur moi :
car le Seigneur m'a donné l'onction,
il m'a envoyé proclamer la bonne nouvelle aux pauvres,
panser les coeurs meurtris,
annoncer aux captifs la libération,
et aux prisonniers la délivrance,
proclamer une année de grâce
de la part du Seigneur
(Is 61,1-2).

L'esprit est donné au peuple tout entier

Ézéchiel annonce que cette force divine sera donnée à tout le peuple qui recevra un esprit neuf :

Je vous donnerai un coeur neuf et je mettrai en vous un esprit neuf; j'enlèverai de votre corps le coeur de pierre et je vous donnerai un coeur de chair. Je mettrai en vous mon propre Esprit, je vous ferai marcher selon mes lois, garder et pratiquer mes coutumes (Ez 36,26-27).

Le prophète Joël affirme la même chose. L'esprit est "répandu" sur les habitants de Jérusalem. Tout le monde sera concerné, les jeunes et les vieux, les hommes et les femmes et même les esclaves. Ils deviendront un peuple de visionnaires, interprètes attitrés de la volonté de Dieu.

Après cela, je répandrai mon esprit
sur toute chair.
Vos fils et vos filles prophétiseront,
vos vieillards auront des songes,
vos jeunes gens auront des visions.
Même sur les serviteurs et les servantes,
en ce temps-là, je répandrai mon esprit
(Jl 3,1-2).

Dans le discours qu'il met dans la bouche de Pierre le jour de la Pentecôte, Luc cite longuement cette prophétie de Joël car en ce jour, avec la venue de l'Esprit Saint, les Écritures s'accomplissent (Ac 2,16-21). Avec la mort-résurrection de Jésus et le don de l'Esprit, les temps nouveaux sont arrivés. Le règne de Dieu est définitivement inauguré.

© SBEV. Dominique Morin.

 
Ac 2,1-41
1Quand le jour de la Pentecôte arriva, ils se trouvaient réunis tous ensemble.
2Tout à coup il y eut un bruit qui venait du ciel comme le souffle d'un violent coup de vent : la maison où ils se tenaient en fut toute remplie ;
3alors leur apparurent comme des langues de feu qui se partageaient et il s'en posa sur chacun d'eux.
4Ils furent tous remplis d'Esprit Saint et se mirent à parler d'autres langues, comme l'Esprit leur donnait de s'exprimer.
5Or, à Jérusalem, résidaient des Juifs pieux, venus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
6A la rumeur qui se répandait, la foule se rassembla et se trouvait en plein désarroi, car chacun les entendait parler sa propre langue.
7Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Tous ces gens qui parlent ne sont-ils pas des Galiléens  ?
8Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
9Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l'Asie,
10de la Phrygie et de la Pamphylie, de l'Egypte et de la Libye cyrénaïque, ceux de Rome en résidence ici,
11tous, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons annoncer dans nos langues les merveilles de Dieu. »
12Ils étaient tous déconcertés, et dans leur perplexité ils se disaient les uns aux autres : « Qu'est-ce que cela veut dire ? »
13D'autres s'esclaffaient : « Ils sont pleins de vin doux. »
14Alors s'éleva la voix de Pierre, qui était là avec les Onze ; il s'exprima en ces termes  : « Hommes de Judée, et vous tous qui résidez à Jérusalem, comprenez bien ce qui se passe et prêtez l'oreille à mes paroles.
15Non, ces gens n'ont pas bu comme vous le supposez : nous ne sommes en effet qu'à neuf heures du matin ;
16mais ici se réalise cette parole du prophète Joël  :
17Alors, dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair, vos fils et vos filles seront prophètes, vos jeunes gens auront des visions, vos vieillards auront des songes ;
18oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes en ces jours-là je répandrai de mon Esprit et ils seront prophètes.
19Je ferai des prodiges là-haut dans le ciel et des signes ici-bas sur la terre, du sang, du feu et une colonne de fumée.
20Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang avant que vienne le jour du Seigneur, grand et glorieux.
21Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.
22« Israélites, écoutez mes paroles : Jésus le Nazôréen, homme que Dieu avait accrédité auprès de vous en opérant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez,
23cet homme, selon le plan bien arrêté par Dieu dans sa prescience, vous l'avez livré et supprimé en le faisant crucifier par la main des impies  ;
24mais Dieu l'a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n'était pas possible que la mort le retienne en son pouvoir.
25David en effet dit de lui  : Je voyais constamment le Seigneur devant moi, car il est à ma droite pour que je ne sois pas ébranlé.
26Aussi mon coeur était-il dans la joie et ma langue a chanté d'allégresse. Bien mieux, ma chair reposera dans l'espérance,
27car tu n'abandonneras pas ma vie au séjour des morts et tu ne laisseras pas ton saint connaître la décomposition.
28Tu m'as montré les chemins de la vie, tu me rempliras de joie par ta présence.
29« Frères, il est permis de vous le dire avec assurance : le patriarche David est mort, il a été enseveli, son tombeau se trouve encore aujourd'hui chez nous.
30Mais il était prophète et savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir sur son trône quelqu'un de sa descendance, issu de ses reins  ;
31il a donc vu d'avance la résurrection du Christ, et c'est à son propos qu'il a dit : Il n'a pas été abandonné au séjour des morts et sa chair n'a pas connu la décomposition.
32Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité, nous tous en sommes témoins.
33Exalté par la droite de Dieu, il a donc reçu du Père l'Esprit Saint promis et il l'a répandu, comme vous le voyez et l'entendez.
34David, qui n'est certes pas monté au ciel, a pourtant dit  : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : assieds-toi à ma droite
35jusqu'à ce que j'aie fait de tes adversaires un escabeau sous tes pieds.
36« Que toute la maison d'Israël le sache donc avec certitude : Dieu l'a fait et Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous aviez crucifié. »
37Le coeur bouleversé d'entendre ces paroles, ils demandèrent à Pierre et aux autres apôtres  : « Que ferons-nous, frères ? »
38Pierre leur répondit : « Convertissez-vous : que chacun de vous reçoive le baptême au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés, et vous recevrez le don du Saint Esprit.
39Car c'est à vous qu'est destinée la promesse, et à vos enfants ainsi qu'à tous ceux qui sont au loin, aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera. »
40Par bien d'autres paroles Pierre rendait témoignage et les encourageait : « Sauvez-vous, disait-il, de cette génération dévoyée. »
41Ceux qui accueillirent sa parole reçurent le baptême, et il y eut environ trois mille personnes ce jour-là qui se joignirent à eux.
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org