321
Esprit saint
340
Merveilles de Dieu
14
Soupa Anne
Les merveilles de Dieu
Commentaire au fil du texte
 
Commencer
 
Pierre, à peine rempli de l'Esprit, va parler. Tout son discours n'est qu'un exposé des merveilles de Dieu...
 

Le début du récit de Pentecôte nous a appris que l'Esprit permettait d'annoncer les merveilles de Dieu. Pierre, à peine rempli de l'Esprit, va parler. Tout son discours n'est qu'un exposé des merveilles de Dieu.

Une remarque préalable donne la couleur de tout le discours: de la première à la dernière ligne, il n'est question que de Dieu, de son action sur Jésus et du don de son Esprit. Dieu...Jésus...l'Esprit...remarquons leurs liens et l'action mutuelle qui s'exerce entre eux. L'irruption de l'Esprit permet de relier Jésus à Dieu. Le mot de Trinité n'est bien sûr pas prononcé, mais une part de son élaboration ultérieure s'appuie sur ce discours. Nous sommes au lendemain de la résurrection. Qui est ce Jésus qui fait parler une poignée de Galiléens ? Il nous est facile à nous, de voir derrière chaque scène évangélique la marque divine. Mais que dirions-nous si l'on plaçait subitement au rang de Dieu quelqu'un dont on a vaguement entendu parler ? Le côté captivant de ce discours est qu'il nous place sur le front des premières affirmations fortes sur le Christ.

C'est pourquoi il est intéressant de voir comment Pierre expose ses arguments. Son plan est en trois parties. Les articulations sont facilement repérables grâce aux interpellations de la foule :

       1. versets 14 à 21 : Le prophète Joël a annoncé le jour du Seigneur où l'Esprit sera répandu sur toute chair

       2. versets 22 à 28 : Vous avez tué Jésus, mais Dieu l'a ressuscité

       3. versets 29 à 36 : Jésus a reçu l'Esprit et le répand comme vous pouvez le constater

Regardons de plus près chaque partie.

Il arrivera que... 

Après une courte dénégation: "Non, ces hommes n'ont pas bu", Pierre cite la prophétie de Joël qui annonce que l'effusion de l'esprit vécue par Moise et les soixante dix anciens ( Nb 11, 25-29) viendra "sur toute chair". Luc met dans la bouche de Pierre une citation d'après le texte grec, qui est un peu différente du texte hébraïque. Y figure notamment la mention des "derniers jours" (v.17). Cette longue citation s'achève sur la mention du jour du Seigneur et du salut accordé par lui à quiconque invoquera son nom. Le grand jour dont parlait Joël ne serait-il pas arrivé ?

Que la mort ne le retienne pas

La seconde partie du discours semble n'avoir aucun lien avec la première. Elle concerne directement l'événement pascal. Nous y trouvons l'affirmation centrale et la plus primitive de la foi chrétienne :

"Cet homme...vous l'avez...supprimé en le faisant crucifier...mais Dieu l'a ressuscité"

Tout cela s'est réalisé selon le mystérieux plan de Dieu. Pierre montre que la résurrection de Jésus était annoncée dans l'Écriture. Pour cela, il fait appel au psaume 16,8-11. Il utilise le texte grec qui diffère en deux endroits de l'original hébreu. Au V. 27 le mot fosse, du texte hébreu, devient décomposition, en grec, ce qui annonce plus directement la résurrection, et celui de fidèle se transforme en saint, mot qui s'applique à Dieu. L'argumentation de Pierre, qui se développe sur les parties deux et trois du discours, est la suivante. Il fait remarquer que le tombeau de David est encore visible. David n'a donc pas parlé de lui-même mais "de quelqu'un de sa descendance". Il s'est donc montré prophète et il a annoncé la résurrection du Christ.

Jésus, Seigneur et Christ

Pierre rappelle aussi que David, au psaume 132, verset 11, annonçait la venue sur le trône d'un de ses descendants. David a donc à la fois annoncé la résurrection de Jésus et sa royauté, puisque Jésus est l'un de ses descendants. La citation du psaume 110, alors trouve naturellement sa place : "Le Seigneur a dit à mon Seigneur: assieds-toi à ma droite". Dieu lui-même, le premier "Seigneur", désigne le Seigneur de sa droite, Jésus, comme le Christ, c'est à dire le roi messianique des Écritures. Pierre peut alors annoncer à tout Israël : "Dieu l'a fait et Seigneur et Christ, ce Jésus que vous aviez crucifié." Son discours s'achève sur l'accusation de mise à mort de Jésus et sur l'affirmation de l'action de Dieu.

Dans les lignes suivantes, Luc rapporte l'émotion des auditeurs et leur conversion. La réalité de la mort de Jésus n'a pas été niée, mais elle prend maintenant tout son sens. L'une des fonctions de l'Esprit est bien d'éclairer la Passion de Jésus et le projet de Dieu.

L'intelligence de la situation

Dans ce discours nous sommes frappés par l'attitude nouvelle de Pierre. Il est clairvoyant et audacieux. D'abord, à plusieurs reprises, il met en concordance l'Écriture et l'événement (v.16, v.31): "Ce jour est venu ", dit-il. Ensuite, il affirme haut et fort sa foi en la résurrection (v.32, v.36). Voilà l'œuvre de l'Esprit: il donne la clairvoyance nécessaires pour mettre en correspondance les événements avec l'Écriture et il donne l'audace pour affirmer sa foi. Le discours de Pierre est une Pentecôte en acte.


© SBEV. Anne Soupa.

 
Ac 2,14-36
14Alors s'éleva la voix de Pierre, qui était là avec les Onze ; il s'exprima en ces termes  : « Hommes de Judée, et vous tous qui résidez à Jérusalem, comprenez bien ce qui se passe et prêtez l'oreille à mes paroles.
15Non, ces gens n'ont pas bu comme vous le supposez : nous ne sommes en effet qu'à neuf heures du matin ;
16mais ici se réalise cette parole du prophète Joël  :
17Alors, dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair, vos fils et vos filles seront prophètes, vos jeunes gens auront des visions, vos vieillards auront des songes ;
18oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes en ces jours-là je répandrai de mon Esprit et ils seront prophètes.
19Je ferai des prodiges là-haut dans le ciel et des signes ici-bas sur la terre, du sang, du feu et une colonne de fumée.
20Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang avant que vienne le jour du Seigneur, grand et glorieux.
21Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.
22« Israélites, écoutez mes paroles : Jésus le Nazôréen, homme que Dieu avait accrédité auprès de vous en opérant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez,
23cet homme, selon le plan bien arrêté par Dieu dans sa prescience, vous l'avez livré et supprimé en le faisant crucifier par la main des impies  ;
24mais Dieu l'a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n'était pas possible que la mort le retienne en son pouvoir.
25David en effet dit de lui  : Je voyais constamment le Seigneur devant moi, car il est à ma droite pour que je ne sois pas ébranlé.
26Aussi mon coeur était-il dans la joie et ma langue a chanté d'allégresse. Bien mieux, ma chair reposera dans l'espérance,
27car tu n'abandonneras pas ma vie au séjour des morts et tu ne laisseras pas ton saint connaître la décomposition.
28Tu m'as montré les chemins de la vie, tu me rempliras de joie par ta présence.
29« Frères, il est permis de vous le dire avec assurance : le patriarche David est mort, il a été enseveli, son tombeau se trouve encore aujourd'hui chez nous.
30Mais il était prophète et savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir sur son trône quelqu'un de sa descendance, issu de ses reins  ;
31il a donc vu d'avance la résurrection du Christ, et c'est à son propos qu'il a dit : Il n'a pas été abandonné au séjour des morts et sa chair n'a pas connu la décomposition.
32Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité, nous tous en sommes témoins.
33Exalté par la droite de Dieu, il a donc reçu du Père l'Esprit Saint promis et il l'a répandu, comme vous le voyez et l'entendez.
34David, qui n'est certes pas monté au ciel, a pourtant dit  : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : assieds-toi à ma droite
35jusqu'à ce que j'aie fait de tes adversaires un escabeau sous tes pieds.
36« Que toute la maison d'Israël le sache donc avec certitude : Dieu l'a fait et Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous aviez crucifié. »
Ac 2,14-36
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org