246
Allégresse
232
Magnificat
833
Marie
231
Visitation
2
Stricher Joseph
Marie, celle qui porte le Seigneur
Commentaire au fil du texte
 
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Lecture sainte de Luc 1,39-56
 

Regarder – méditer – prier : nous respectons les trois temps de la "lectio divina" ou lecture sainte afin que méditation et prière, pour ceux et celles qui le souhaitent, s’appuient sur une écoute attentive du texte biblique.

Le texte de Luc 1,39-56 commence par un voyage entrepris "en hâte" par Marie. Pourquoi cette hâte ? Nous ne le savons pas pour le moment. Marie se rend dans la maison de Zacharie située dans une ville de Juda. On ne sait pas le nom de la ville. Mais la tribu de Juda nous fait penser au roi David, né dans cette tribu, et à Joseph, l’époux de Marie, de la famille de David.

Observer

Dans la maison de Zacharie, Marie discute avec Élisabeth. À la lecture des épisodes précédents, nous savons que Zacharie, prêtre du Temple, a mis en doute la parole de l’Ange du Seigneur et a demandé un signe. Il est devenu muet. Marie n’a pas mis en doute la parole de l’Ange. Elle a simplement demandé une précision. L’Ange lui a quand même donné un signe : Élisabeth, parente de Marie, est enceinte de six mois.

Marie entre dans la maison du muet et salue Élisabeth. Elle peut contempler le signe donné par l’Ange : Élisabeth est enceinte. Mais pourquoi ce cri d’Élisabeth ? Pour se faire entendre par qui ? Les paroles qu’elle prononce sont déclenchées à la fois par les bonds de l’enfant dans son sein et par l’Esprit Saint dont elle est remplie. Sa première pensée est pour Dieu qui couvre de sa bénédiction Marie et son enfant. Celui-ci est salué du titre de "Seigneur", titre royal et divin. Elle interprète ensuite les mouvements de son enfant comme des bonds d’allégresse et fait de Marie le modèle des croyants. Elle achève son discours en invoquant le nom du Seigneur. Dans le même discours, elle utilise ce même mot pour parler de Dieu et de Jésus.

À l’allégresse du futur Jean le Baptiste répond l’allégresse de Marie qui célèbre à son tour le Seigneur, qualifié de Sauveur. Ce titre, très rare, reviendra plus tard, une deuxième fois, dans la bouche de l’Ange pour désigner Jésus aux bergers (Lc 2,11). Le chant de Marie est un véritable patchwork de citations bibliques entièrement consacré aux œuvres accomplies par le Tout Puissant. Méditation sur la bonté (le mot revient deux fois) de Dieu à travers les âges.

Méditer

Prendre ce texte comme un simple compte-rendu de voyage serait passer à côté de l’essentiel. Il s'agit d’une profonde méditation sur le mystère de Jésus et de l’Église. Marie y tient une place centrale. Elle est d’abord la mère du Seigneur, la "mère de Dieu", comme le définira l’Église ultérieurement, celle en qui "le Verbe s’est fait chair", comme l’écrira St Jean. Elle qui a cru en la Parole de Dieu, elle est aussi un véritable modèle pour nous. Elle l’est par sa méditation des Écritures. Sa connaissance des bontés de Dieu à l’égard des pères lui permet d’interpréter justement les événements qu’elle vit et d’accueillir le Seigneur. Elle l’est par sa hâte à communiquer le Seigneur à d’autres. Comme les bergers de la nuit de Noël, elle ne garde pas un message de bonheur pour elle mais le communique immédiatement à d’autres. Elle l’est enfin par sa joie à célébrer le salut de Dieu grâce à la méditation des Écritures.

 Prier

Ce texte met en valeur deux splendides figures féminines, inspirées par l’Esprit, qui se répondent pour célébrer les merveilles de Dieu. N’oublions quand même pas le muet du Temple ! Dieu ne l’a pas rejeté définitivement. Après la naissance de son fils et rempli de l’Esprit Saint lui aussi, Zacharie dira :

"Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël..." (Lc 1,68-79). Associons-nous à sa prière avec nos propres mots.
 

© SBEV. Joseph Stricher.

 
Lc 1,39-56
39En ce temps-là, Marie partit en hâte pour se rendre dans le haut pays, dans une ville de Juda.
40Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Elisabeth.
41Or, lorsque Elisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant bondit dans son sein et Elisabeth fut remplie du Saint Esprit.
42Elle poussa un grand cri et dit : « Tu es bénie plus que toutes les femmes, béni aussi est le fruit de ton sein !
43Comment m'est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ?
44Car lorsque ta salutation a retenti à mes oreilles, voici que l'enfant a bondi d'allégresse en mon sein.
45Bienheureuse celle qui a cru : ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s'accomplira  ! »
46Alors Marie dit  : « Mon âme exalte le Seigneur
47et mon esprit s'est rempli d'allégresse à cause de Dieu, mon Sauveur,
48parce qu'il a porté son regard sur son humble servante. Oui, désormais, toutes les générations me proclameront bienheureuse,
49parce que le Puissant a fait pour moi de grandes choses : saint est son Nom.
50Sa bonté s'étend de génération en génération sur ceux qui le craignent.
51Il est intervenu de toute la force de son bras ; il a dispersé les hommes à la pensée orgueilleuse  ;
52il a jeté les puissants à bas de leurs trônes et il a élevé les humbles  ;
53les affamés, il les a comblés de biens et les riches, il les a renvoyés les mains vides.
54Il est venu en aide à Israël son serviteur en souvenir de sa bonté,
55comme il l'avait dit à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa descendance pour toujours. »
56Marie demeura avec Elisabeth environ trois mois, puis elle retourna chez elle.
Lc 1,39-56
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org