1386
Déclin de Jérusalem
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Tichit Agnès
Le lent déclin de Jérusalem
Note historique
 
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Le roi d'Aram et le roi d'Israël attaquent Jérusalem... (Is 7,1)
 
Le roi d'Aram et le roi d'Israël attaquent Jérusalem. Akhaz, roi de Juda, prend peur et se prépare à soutenir un siège. Nous sommes vers 733 av. J.-C. Jérusalem, capitale royale, ville sainte où Salomon a érigé un Temple pour le Seigneur, traverse là l'une de ses nombreuses épreuves rapportées dans les livres des Rois.

Quelques décennies après la mort de Salomon, les dissensions entre ses héritiers provoquent la scission du royaume. Au nord, se crée le royaume d'Israël avec Samarie pour capitale ; au sud, le royaume de Juda avec Jérusalem qui demeure fidèle à la "maison de David". Ce schisme affaiblit les deux royaumes tandis que la puissance assyrienne menace. En -722, Israël succombe sous les assauts de l'Assyrien Sargon II. Le royaume de Juda perdure, mais il doit à diverses reprises payer tribut en échange de sa sécurité.

Face à l'Assyrien

Sourds aux objurgations des prophètes, certains rois, tels Akhaz ou Manassé, introduisent le culte des idoles dans le Temple et sacrifient leurs fils à Moloch (2 R 16,1-20 ; 2 R 21,1-18). À l'inverse, d'autres sont fidèles à la Loi et s'opposent aux exigences étrangères. Ainsi, le roi Ézékias organise la défense de Jérusalem en restaurant ses remparts et en l'alimentant en eau. C'est à lui qu'on attribue le tunnel, dit d'Ézékias, qui relie la source de Gihon à la piscine de Siloé, en amenant les eaux, à travers la colline, jusque dans la vallée du Tyropoeon, intra-muros. Sous son règne, Sennakérib, roi d'Assyrie, met le siège devant la ville (-701), mais ne peut s'en emparer (2 R 18,1-19,37).

Après le roi Ézékias, d'autres encore, tel Josias, témoignent d'une grande ferveur religieuse. Josias est, avec Ézékias, son arrière-grand-père, l'un des fidèles défenseurs de la ville de Jérusalem et de son Temple. Selon certains chercheurs, il y avait alors environ 20000 habitants dans la capitale. C'est dans un sanctuaire purifié et restauré qu'il donne lui-même lecture solennelle de toutes les paroles du "livre de la Loi du Seigneur" retrouvé lors des travaux effectués "dans la Maison du Seigneur". "Debout sur l'estrade", il s'engage à observer les préceptes "de tout son cœur et de tout son être". Il meurt lors de la bataille de Meggido (-609) tandis qu'il cherche à s'opposer aux troupes du pharaon Néko qui traversent son territoire afin de combattre les Assyriens (2 R 22,1-23,30).

Face au Babylonien

Soumis à l'influence de ses puissants voisins – l'Égypte au sud et la Mésopotamie à l'est – le royaume de Juda doit lutter sans cesse s'il veut préserver son intégrité religieuse et territoriale. Il survit encore vingt ans après la mort de Josias. Mais très rapidement, un nouveau danger se profile à l'horizon : après avoir battu l'Assyrie, Nabuchodonosor, roi de Babylone, vainqueur des Égyptiens à Karkémish en Syrie (-605), menace la région. En -597, il prend la ville de Jérusalem, la pille et déporte une partie de la population à Babylone. Une révolte du royaume de Juda et de son roi Sédécias fournit prétexte à une deuxième expédition, dont le résultat est tragique. Malgré la résistance, le palais royal, la ville et le Temple bâtis par Salomon sont détruits et de longues cohortes de prisonniers entraînés vers l'exil en -587 (2 R 24,1-25,21). Le royaume de Juda n'est plus qu'une province de l'empire babylonien. La détresse des exilés s'exprime à travers la voix des prophètes de l'exil, tels Ézéchiel ou Isaïe (ch 40-55), qui dénoncent les péchés de Jérusalem et, dans le même mouvement, annoncent la réhabilitation de la ville par Dieu : "Réconfortez, réconfortez mon peuple, dit votre Dieu, parlez au cœur de Jérusalem et proclamez à son adresse que sa corvée est remplie, que son châtiment est accompli, qu'elle a reçu de la main du Seigneur deux fois le prix de toutes ses fautes" (Is 40,1-2).


© SBEV. Agnès Tichit
 
 
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