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Evangile
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Le Saux Madeleine
Les deux sens du mot "Evangile"
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Nous avons deux emplois du mot "Évangile", l'un orienté vers un livre, l'autre vers un événement. Mise au point...
 
"Évangile selon Saint Marc", c'est le titre traditionnel du deuxième livre du Nouveau Testament. "Commencement de l'Évangile de Jésus Christ Fils de Dieu", tel en est le début. D'entrée de jeu, nous avons deux emplois du mot "Évangile", l'un orienté vers un livre, l'autre vers un événement. Mise au point.



Les dictionnaires nous disent que le terme "évangile" vient du grec et qu'il signifie, étymologiquement, "bonne – ou heureuse – nouvelle". Plus précisément il comporte l'idée de salut et il a été utilisé pour traduire un mot hébreu qui, dans l'Ancien Testament, désignait l'annonce d'une victoire ou d'un danger écarté.

Annonce de salut

Par exemple, dans l'histoire du roi David, un messager vient annoncer la "bonne nouvelle" de la mort d'Absalom, le fils révolté qui mettait le trône en danger (2 Samuel 18,19-31). Dans le livre d'Isaïe le sens est autre : il s'agit d'un message positif de bonheur, fin de l'Exil et retour au pays. Le prophète parle d'un messager (ou "évangéliste") qui met ses auditeurs "à l'écoute de la paix" et du salut et "qui dit à Sion : Ton Dieu règne" (Is 52,7). Il évoque un "messie envoyé porter joyeuse nouvelle aux humiliés", aux cœurs brisés, aux prisonniers (Isaïe 61,1). Pour les chrétiens, cette annonce se réalisera en Jésus.

 L'Évangile de Dieu

Dès le début, raconte Marc, Jésus "proclamait l'Évangile de Dieu…" (Mc 1,14). Jésus parle et guérit. Ses paroles et ses actes disent qui est Dieu. La "bonne nouvelle", c'est que Dieu aime les hommes, qu'il les veut bien vivants et qu'il n'exclut personne. Paraboles et miracles n'ont pas d'autre signification. Encore faut-il croire et accueillir librement ce Dieu-là et son Règne.

Les apôtres sont appelés à faire connaître cet Évangile, et pour cela ils laissent tout le reste. Paul à son tour se dit "mis à part pour annoncer l'Évangile de Dieu" et il ne peut se dérober à sa mission (1 Co 9,16). Tous sont témoins de ce qu'a fait Jésus, de sa Croix et de sa Résurrection, la Bonne Nouvelle par excellence, la victoire sur la mort et le salut définitif, pour lui et pour tous. Car le triomphe du Fils est "prémices" et promesse. Il fallait en témoigner par la parole, par la façon de vivre, et… par l'écriture !

 Les évangiles

De fait, la Bonne Nouvelle de Jésus Christ a été transmise par écrit dans ces livres que nous appelons justement "évangiles". Les communautés de disciples ont reconnu leur foi et leur Seigneur dans les récits de Matthieu, Marc, Luc et Jean. Tous relatent l'histoire de Jésus, ses faits et gestes, ses paroles, sa Passion et sa Résurrection, chacun selon sa personnalité et pour une communauté donnée. On sait que ces textes étaient lus dans les assemblées chrétiennes dès le 2e siècle. Ils sont quatre, et il n'est pas trop de quatre témoignages pour exprimer l'infinie richesse de l'unique Évangile de Dieu : Jésus.

 
© SBEV. Madeleine Le Saux
 
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org