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Marc
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Pierre
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Debergé Pierre
Marc, interprète de Pierre ?
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Nous ne connaissons pas de manière précise les auteurs des évangiles...
 
Nous ne connaissons pas de manière précise les auteurs des évangiles. Très tôt, cependant, la tradition chrétienne leur a donné des noms. Et elle a attribué la paternité du deuxième évangile à un certain Marc, présenté comme "l'interprète" de Pierre.


L'historien chrétien Eusèbe de Césarée (265-340) rapporte ainsi le témoignage de Papias, évêque de Hiérapolis en Asie Mineure, vers 110-130, qui le tenait lui-même d'un certain Jean le Presbytre : "Marc, qui était l'interprète de Pierre, a écrit avec exactitude, mais pourtant sans ordre, tout ce dont il se souvenait de ce qui avait été dit ou fait par le Seigneur" (Histoire Ecclésiastique, III,39,15). Eusèbe ajoute que Marc "n'avait pas entendu ni accompagné le Seigneur, mais qu'il a accompagné Pierre " et qu'il " n'a pas commis d'erreur en écrivant comme il se souvenait".


Jean, surnommé Marc

Très vite, la tradition a associé ce Marc à un personnage que les Actes des Apôtres désignent sous le nom de "Jean, surnommé Marc". Juif de Jérusalem, fils d'une certaine Marie qui possédait une maison où se réunissaient les chrétiens (Ac 12,12), il accompagne Paul et Barnabé (dont il était le cousin selon Col 4,10), durant leur 1er voyage missionnaire, jusqu'à ce qu'une querelle les sépare (Ac 12,25 ; 13.3ss). Ailleurs, la 2e lettre à Timothée le présente comme un collaborateur de Paul (4,11) et, dans la lettre à Philémon (v. 24), il est auprès de Paul, incarcéré peut-être alors à Éphèse. Enfin, d'après la 1e lettre de Pierre, il est présent à Rome aux côtés de Pierre qui le considère comme son "fils" (5,13).

Est-ce ce "Jean surnommé Marc" que Papias tient pour "l'interprète de Pierre" ("interprète" signifierait ici qu'il en aurait recueilli les souvenirs) ? Est-ce lui que la tradition chrétienne a reconnu comme l'auteur du 2e évangile ? Certains historiens en doutent, car, pour un Juif, l'évangéliste manque de précision quand il décrit certains pratiques juives ou la géographie de la Galilée (cf. par exemple 7,3-4.31). Seul pourtant un personnage connu et jouissant d'une certaine autorité pouvait se montrer aussi critique à l'égard de Simon-Pierre et des autres disciples. Selon un spécialiste, Élian Cuvillier, l'hypothèse de "Jean surnommé Marc" reste donc "une solution possible quoique invérifiable"

Écrit à Rome ?

L'évangile a été rédigé en grec, langue culturelle de l'empire romain, mais dans un grec populaire. De plus Marc traduit les termes araméens qu'il rapporte et il utilise des mots ou des expressions dérivés du latin. On peut donc penser que son public était constitué, en tout ou partie, de gens qui ne connaissaient pas l'araméen et qui vivaient dans une région où le latin était parlé. Pour la plupart, ils étaient d'origine païenne puisque l'évangéliste doit aussi leur expliquer certains usages juifs (7,2.11).

À la fin du 2e siècle, Clément d'Alexandrie affirme que l'évangile a été écrit à Rome. Même si Rome reste l'hypothèse privilégiée, d'autres lieux, comme la Syrie, sont possibles. Une chose est sûre, la place de la croix au cœur du récit, et le climat d'effervescence qui transparaît derrière tel ou tel chapitre (cf. le discours "apocalyptique" en Mc 13), laissent supposer qu'il a été rédigé vers la fin des années 60 (persécutions de Néron) ou au début des années 70 (chute de Jérusalem).


© SBEV. Pierre Debergé
 
 
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