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Création
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Dieu créateur
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Le Saux Madeleine
Dieu créateur
Théologie
 
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Dieu créa le ciel et la terre...
 

Israël connaît son Dieu par expérience. Il sait ce que Dieu a révélé de lui-même par ses actes et ses paroles. Ainsi il a appris que Dieu est créateur parce qu’il l’a créé comme peuple et qu’il continue à le créer. Il ne peut cependant exprimer sa foi en ce Dieu qu’à partir de ce qu’il est de ce qui lui est familier, son histoire et son milieu de vie.

La première affirmation du récit de création est massive : le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel. L'appellation «Seigneur Dieu» mérite attention ; il ne s'agit pas de n'importe quel Dieu, mais du Seigneur, le Dieu particulier révélé à Moïse et devenu le Dieu d'lsraël. Il est là avant de faire le ciel et la terre. Le texte cependant ne part pas du néant, il dit ce qu'il n'y avait pas sur la terre... qui donc est déjà là. Dans l'état primitif, selon ce texte, «aucune herbe des champs n'avait encore germé, car le Seigneur Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n'y avait pas d'homme pour cultiver le sol». Le travail de Dieu va être de combler ces manques.

Dieu comme un potier

Il y avait donc le sol et un « flux qui irriguait toute la surface du sol ». Il y avait tout ce dont un potier a besoin pour exercer son art. C'est l'homme qui est « formé » en premier. Jérémie compare aussi le Seigneur à un potier, en insistant sur la souveraine liberté de l'artisan. Celui‑ci donne aux objets la forme qu'il veut, est juge de sa réussite ou de son échec, et peut détruire aussi bien que fabriquer, détruire pour refaire « selon la technique d'un bon potier » (Jr 18,4). Le texte ne dit pas que Dieu fait l'homme à son image comme en Genèse 1. Mais les sciences humaines ne nous ont‑elles pas signalé que tout artiste crée toujours, en quelque sorte, à son image ? Pour le prophète le Seigneur est satisfait de son œuvre ou non, et décide de son sort en conséquence. Le potier de Genèse 2 juge l'homme réussi puisqu'il va le placer dans un jardin. Le même mot, « modeler », est également employé pour la création de « toute bête des champs et tout oiseau du ciel ». La différence est soulignée par ce qui suit dans chacun des cas.

Dieu donne la vie

Ayant modelé l'homme, «le Seigneur Dieu insuffla dans ses narines l'haleine de vie». Il était fait de la poussière du sol, mais voici que le souffle de Dieu fait de lui un "être vivant". Il y a du magique dans l'image et le geste, mais Dieu ne cherche pas à faire illusion donne réellement la vie à l'homme de glaise. Une seule phrase suffit pour dire cette nouvelle : «et il devint un être vivant». À propos des bêtes des champs et des oiseaux du ciel il n'est rien dit de semblable. Ils sont amenés à l'homme, et c'est lui qui les désigne comme «êtres vivants». L'homme est créé en premier, les animaux viennent ensuite. Le texte indique une hiérarchie, la subordination des animaux à l'homme, et, en même temps, la similitude entre eux comme êtres vivants. À l'un et aux autres, Dieu donne forme et vie. De l'homme seul il est précisé qu'il reçoit le souffle de Dieu. Quoi qu'il en soit, il est clair que toute vie vient de Dieu.

Dieu travaille au jardin

Dès que l'homme est créé, le Seigneur Dieu plante pour lui «un jardin en Éden». Le sens est évident: devenu être vivant, l'homme reçoit un espace où vivre et où trouver de quoi vivre. Le récit continue en effet en disant que le Seigneur Dieu «fait germer du sol tout arbre d'aspect attrayant et bon à manger». On peut noter que la nourriture vient du sol, comme l'homme lui‑même, et que les plantes sont créées avant les animaux. Dieu est le premier cultivateur, et sa terre est un jardin et un verger. On ne peut qu'en déduire la grandeur de la tâche confiée ensuite à l'homme, à savoir «cultiver le sol» de ce jardin et «le garder».

L'homme prend le relais du Créateur, jardinier comme lui, chargé comme lui du "paradis". Le jardin représente le bonheur de Dieu et de l'être humain. Y travailler est joie divine, comme en vivre. Les prophètes reprennent la même image. Isaïe, par exemple, dit que pour récon­forter son peuple, le Seigneur «rend son désert pareille à un Éden et sa steppe pareille à un jardin du Seigneur» (Is 51,3). Rien d'étonnant dès lors que, selon Jean, Marie puisse prendre Jésus ressuscité pour le jardinier.

Dieu crée l'amour 

Placé dans un cadre merveilleux, il manque cependant à l'homme l'essentiel. Il ne peut être comblé ni par des plantes, si belles et bonnes soient‑elles, ni par la compagnie des animaux. «Pour lui‑même l'homme ne trouva pas d’aide qui lui soit accordée». Alors Dieu joue un rôle étrange, comme d'un anesthésiste et d'un chirurgien un peu magicien. Il endort l'homme et, de sa chair, «bâtit» la femme. Dès qu'il la voit, l'homme la reconnaît comme «l'os de ses os et la chair de sa chair». Dieu vient de créer l'amour qui fait laisser père et mère «pour s'attacher à sa femme» et qui fait de deux humains «une seule chair». Dans le jardin le bonheur est maintenant complet, d'autant que le Seigneur Dieu s'y promène et y rencontre ses créatures «au souffle du jour», dans l'atmosphère qui donne de vivre pleinement. Et là Dieu parle...
 

© SBEV. Madeleine Le Saux

 
Gn 1,1-3,24
1Or le serpent était la plus astucieuse de toutes les bêtes des champs que le SEIGNEUR Dieu avait faites. Il dit à la femme : « Vraiment ! Dieu vous a dit : "Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin "... »
2La femme répondit au serpent : « Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin,
3mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : "Vous n'en mangerez pas et vous n'y toucherez pas afin de ne pas mourir." »
4Le serpent dit à la femme : « Non, vous ne mourrez pas,
5mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux possédant la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. »
6La femme vit que l'arbre était bon à manger, séduisant à regarder, précieux pour agir avec clairvoyance. Elle en prit un fruit dont elle mangea, elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il en mangea.
7Leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils surent qu'ils étaient nus. Ayant cousu des feuilles de figuier, ils s'en firent des pagnes.
8Or ils entendirent la voix du SEIGNEUR Dieu qui se promenait dans le jardin au souffle du jour. L'homme et la femme se cachèrent devant le SEIGNEUR Dieu au milieu des arbres du jardin.
9Le SEIGNEUR Dieu appela l'homme et lui dit : « Où es-tu ? »
10Il répondit : « J'ai entendu ta voix dans le jardin, j'ai pris peur car j'étais nu, et je me suis caché. » -
11« Qui t'a révélé, dit-il, que tu étais nu ? Est-ce que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais prescrit de ne pas manger ? »
12L'homme répondit : « La femme que tu as mise auprès de moi, c'est elle qui m'a donné du fruit de l'arbre, et j'en ai mangé. »
13Le SEIGNEUR Dieu dit à la femme : « Qu'as-tu fait là ? » La femme répondit : « Le serpent m'a trompée et j'ai mangé. »
14Le SEIGNEUR Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit entre tous les bestiaux et toutes les bêtes des champs ; tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie.
15Je mettrai l'hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance. Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon. »
16Il dit à la femme : « Je ferai qu'enceinte, tu sois dans de grandes souffrances ; c'est péniblement que tu enfanteras des fils. Ton désir te poussera vers ton homme et lui te dominera. »
17Il dit à Adam : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais formellement prescrit de ne pas manger, le sol sera maudit à cause de toi. C'est dans la peine que tu t'en nourriras tous les jours de ta vie,
18il fera germer pour toi l'épine et le chardon et tu mangeras l'herbe des champs.
19A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu'à ce que tu retournes au sol car c'est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras. »
20L'homme appela sa femme du nom d'Eve - c'est-à-dire La Vivante -, car c'est elle qui a été la mère de tout vivant.
21Le SEIGNEUR Dieu fit pour Adam et sa femme des tuniques de peau dont il les revêtit.
22Le SEIGNEUR Dieu dit : « Voici que l'homme est devenu comme l'un de nous par la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. Maintenant, qu'il ne tende pas la main pour prendre aussi de l'arbre de vie, en manger et vivre à jamais  ! »
23Le SEIGNEUR Dieu l'expulsa du jardin d'Eden pour cultiver le sol d'où il avait été pris.
24Ayant chassé l'homme, il posta les chérubins à l'orient du jardin d'Eden avec la flamme de l'épée foudroyante pour garder le chemin de l'arbre de vie.
25Tous deux étaient nus, l'homme et sa femme, sans se faire mutuellement honte.
26Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre ! »
27Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa.
28Dieu les bénit et Dieu leur dit : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre  ! »
29Dieu dit : « Voici, je vous donne toute herbe qui porte sa semence sur toute la surface de la terre et tout arbre dont le fruit porte sa semence ; ce sera votre nourriture.
30A toute bête de la terre, à tout oiseau du ciel, à tout ce qui remue sur la terre et qui a souffle de vie, je donne pour nourriture toute herbe mûrissante. » Il en fut ainsi.
31Dieu vit tout ce qu'il avait fait. Voilà, c'était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : sixième jour.
Gn 1,1-3,24
 
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