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Création
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Interdit
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Paradis
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Le Saux Madeleine
L'interdit, parole de vie
Théologie
 
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"Le Seigneur prescrivit à l'homme". Telle est la première parole de Dieu dans le récit du paradis terrestre...
 

Quelle est la première parole de Dieu dans le récit ? «Le Seigneur prescrivit à l'homme» (Gn 2,16). Comme si souvent dans les Écritures, la parole de Dieu ne se réduit pas à des mots. Elle indique la voie à suivre ou à ne pas suivre, lumière pour la décision de l'homme dès le commencement. Après l'acte elle éclaire encore, mais elle juge aussi. Toujours elle est relation et rencontre.

Un interdit

À peine établi dans le jardin, l'homme voit le Seigneur s'adresser à lui, et c'est pour lui signifier un interdit, une limite à ne pas franchir. Mais il ne faudrait pas oublier la début du discours divin : tu pourras manger de tout arbre du jardin. Le don précède la restriction qui fait figure d'exception. Un seul arbre est mis à part : tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. La formulation invite à lire la phrase comme ensemble et à considérer que le tout est don de Dieu pour l'homme. Le créateur connaît sa créature, et sait qu'elle a besoin de loi comme de nourriture. On peut discuter sur le sens du verbe «manger». Mieux vaut lire le texte. La suite montre que la femme se laisse séduire par la tentation de devenir «comme des dieux possédant la connaissance de ce qui est bon ou mauvais». L'interdit de Dieu qui les faisait humains est transgressé. Ils ne meurent pas, mais ils découvrent qu'ils sont nus, qu’il ne sont que ce qu’ils sont, et ils se cachent dé celui à qui ils ont désobéi. Mais lui leur parle encore.

Le jugement du créateur

Le Seigneur vient de nouveau dans le jardin, au‑devant de l'homme et de la femme. Et il commence par une question : «Où es‑tu ?» Car l'homme est caché, dans sa peur. Le face à face rétabli, l'interrogatoire débute. Dieu s'adresse à l'homme d'abord qui se réfugie derrière la femme, puis à la femme qui accuse le serpent. Il n'interroge pas le serpent : pour celui-ci, la sentence est immédiate. L'Alliance dont l'histoire se lit en filigrane dans tout ce récit, ne concerne pas l'animal qui ne peut en être sujet.

Par contre, après la transgression le dialogue continue entre le Seigneur Dieu d'une part, l'homme et la femme d'autre part. Une sentence est portée contre l'un et l'autre : sentence du travail pénible pour l'un et de l'enfantement dans la douleur pour la deuxième, de la condition de mortels pour les deux. Travail et enfantement cependant vont à la vie. Et Dieu prend soin de revêtir les coupables de tuniques de peau, avant de rappeler qu'il est le seul maître de l’arbre de vie. Le dernier geste est pour expulser l'homme du jardin et en faire garder l'entrée. Le jugement de Dieu inaugure une autre étape de la création.


© SBEV. Madeleine Le Saux

 
Gn 2,16
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org