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Eau
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Mer
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Le Saux Madeleine
La mer
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Pour l'homme biblique, la mer est le lieu de tous les dangers...
 

Pour les Occidentaux de la fin du XXe siècle, la mer signifie vacances et aventure. Pour l'homme biblique, elle est le lieu de tous les dangers, même s'il y voit aussi l'oeuvre du Créateur.

Les eaux redoutables

Les humains ne peuvent qu'être impressionnés par le spectacle des vagues dont le mouvement perpétuel et la force échappent à tout contrôle. Le psalmiste montre bien les limites des navigateurs qui «exercent leur métier sur les grandes eaux». Qu'un vent de tempête se lève, « ils montent aux cieux, descendent aux abîmes, sont malades à rendre l'âme...et toute leur adresse est engloutie » (Ps 107,23s). Qui peut maîtriser le déchaînement des flots et réduire la tempête au silence ? Le Seigneur ! Dans les évangiles, c'est exactement ce que fait Jésus lors de la tempête apaisée, d'où la stupeur des disciples : « Quel est‑il, celui‑ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? » (Mt 8,27).

La mer parait d'autant plus redoutable que, dans la représentation du monde à l'époque, le fond inaccessible des eaux touche aux enfers, au «shéol», à l'empire de la mort. Aussi l'imagine‑t‑on peuplée de forces maléfiques, d'animaux monstrueux que le livre de Job ou le psaume 104 appellent Béhémoth, le Tortueux ou Léviatan… Dieu seul est le maître de ces monstres, comme de l'Abîme où ils se meuvent. Lui seul peut donc faire « du fond de la mer un chemin pour que passent les rachetés » comme le dit Isaïe 51,10. Passer la mer et les ténèbres c'est passer la mort et en sortir victorieux. D'où le chant des fils d'Israël au matin de leur libération (Ex 15). Un cri au matin de leur naissance, comme celui d'un nouvel être humain au sortir des eaux maternelles.

Un élément de la création

Cependant la Bible insiste pour dire que la mer a été créée par Dieu. Dieu a voulu séparer la terre des eaux qu'il appellera «mer», lisons-nous en Gn 1. La terre, il l'a donnée aux hommes pour y vivre. La mer reste dangereuse mais superbe. Comme toutes les créatures, elle est invitée à chanter son créateur : « Louez‑le, cieux, terre, mers et tout ce qui y grouille » (Ps 69, 35). N'empêche que dans ce grouillement il y a les monstres…

C'est pourquoi dans le monde nouveau de l'Apocalypse la disparition de la mer est aussi la disparition des larmes, deuils, cris et souffrances (Ap 21,1s). Seul coulera le bienfaisant « fleuve d'eau vive» (Ap 22,1s) et Dieu sera tout pour l'homme.

 

© SBEV.Madeleine Le Saux.

 
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org