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Assyrie
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Autané Maurice
La menace assyrienne
Note historique
 
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La vocation du prophète Isaïe est datée de 740, et il a exercé son ministère alors que s'avançaient les armées assyriennes...
 

La vocation du prophète Isaïe est datée de 740 (l'année de la mort du roi Ozias : Is 6,1). Conseiller à Jérusalem des rois Achaz et Ézéchias, il a exercé son ministère alors que s'avançaient les armées assyriennes.

Au VIIIe siècle, les deux royaumes frères, Israël au Nord (capitale Samarie) et Juda au Sud (capitale Jérusalem), voient grandir la menace de l'Assyrie. En effet, le roi assyrien Téglat-Phalasar III s'est lancé à la conquête du Proche-Orient.

"Le piétinement" des brodequins de ses soldats "ébranle le sol" (Isaïe 9,4). Les petits royaumes de la côte méditerranéenne qui, jusque-là, réglaient entre eux leurs conflits, s'allient pour résister, quitte à se tourner vers la puissance déclinante de l'Égypte.

Vent de panique

En 735, le roi Achaz monte sur "le trône de David" à Jérusalem. Immédiatement, les rois de Damas (Syrie) et de Samarie (Israël - appelé aussi Éphraïm) le pressent d'entrer dans une coalition contre l'Assyrie. Devant son refus, les coalisés marchent sur Jérusalem, avec l'intention de le déposer : c'est la guerre dite "syro-éphraïmite" (733-732). Paniqué, Achaz fait appel à Téglat-Phalasar III. L'intervention de ce dernier le sauve mais, en retour, le royaume de Juda devient vassal de l'Assyrie (cf. 2 R 16,9-20). Cette politique proassyrienne d'Achaz fut contestée par le prophète Isaïe qui reprocha au roi son manque de confiance dans l'avenir et dans le Seigneur. Au début de la guerre syro-éphraïmite, il lui avait pourtant signifié que la dynastie issue de David avait la faveur du Seigneur et que les dangers ne pouvaient être que temporaires (Isaïe 7,10-17).

Un oiseau en cage

Le successeur d'Achaz a pour nom Ézéchias. Fut-il associé au trône dès 728 – il avait alors environ 7 ans ? Régna-t-il seulement à la mort de son père, en 719, vers 16 ans ? Les historiens en discutent. En tout cas Isaïe chante l'espoir d'une ère nouvelle : "un enfant nous est né, un fils nous a été donné..." (Isaïe 9,5). Le prophète espère qu'il se montrera digne de David et qu'il deviendra l'instrument du salut de Dieu aussi bien pour les gens de Juda que pour ceux d'Israël (dont la capitale Samarie est détruite par les Assyriens en 721).

Or Ézéchias s'engage dans une politique dangereuse. Jouant la carte égyptienne, il tente de secouer le joug assyrien. Il se révolte une première fois, vers 713, puis une deuxième, vers 705. À Jérusalem, pour ne pas manquer d'eau en cas de siège, il avait d'ailleurs fait construire un canal (encore visible aujourd'hui). Le nouveau roi assyrien, Sennachérib, réagit violemment. En 701, ayant affaibli Babylone et l'Égypte, il mène campagne en Phénicie, en Philistie et dans le royaume de Juda. Là, il prend "quarante-six villes fortifiées" et bloque Ézéchias dans Jérusalem "comme un oiseau en cage", selon une formule des annales assyriennes. Par miracle, la ville ne sera pas détruite mais Ézéchias devra payer un très lourd tribut (2 Rois 18,13-16). Dans tout ceci, Isaïe, désenchanté, a vu un manque de foi envers le Seigneur, bien que le roi ait engagé par ailleurs une réforme religieuse (2 Rois 18,1-6).

La pression assyrienne se maintiendra dans la région durant une grande partie du VIIe siècle. Et les successeurs d'Ézéchias auront fort à faire pour garder au royaume de Juda un peu d'autonomie.

© SBEV. Maurice Autané.

 
Jérusalem: l'entrée du St Sépulcre
 
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