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Logos
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Prologue
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Verbe
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Soupa Anne
Le Verbe
Théologie
 
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Le Prologue donne à Jésus un titre particulier, celui de "Verbe"...
 

Le Prologue donne à Jésus un titre particulier, celui de "Verbe". Titre énigmatique, inconnu ailleurs dans les évangiles où jamais Jésus ne le revendique. Comment ce mot en apparence banal peut-il nous entraîner au cœur des relations entre le Père et le Fils ?

Le mot grec que le français traduit par "Verbe" est celui de "Logos", la Parole. Un mot au confluent de l’Ancien Testament et de la philosophie grecque.

Chez les philosophes grecs

Des philosophes grecs - les stoïciens - appelaient "Logos" la raison ou le principe divin qui organise et contrôle l’univers. Le philosophe juif Philon d’Alexandrie (20 av. J.-C. - 45 ap. J.-C.) disait, lui, que le "Logos" était une créature divine, médiation entre Dieu et l’homme, lumière qui guide l’âme vers la connaissance de Dieu. Jean l’évangéliste a-t-il été influencé par ces idées ? Ce n’est pas impossible. Cependant la source principale de sa réflexion est la Bible elle-même.

Dans le Premier Testament

Le livre de la Genèse, dès ses premières lignes, attire l’attention sur la puissance créatrice de la Parole de Dieu en répétant dix fois : "Dieu dit et cela fut…". Ailleurs, cette Parole acquiert une sorte d’existence personnelle : "À jamais, Seigneur, ta Parole se dresse dans les cieux." (Ps 119,89). La réflexion des sages d’Israël la rapprochera de la Sagesse, si active dans le quotidien (cf. article pp. suivantes). Beaucoup plus tard, certains rabbins n’hésiteront pas, eux, à poser la Torah (la Loi), œuvre divine, à l’origine du monde. Parole, Sagesse, Torah : sous des formes diverses, le peuple de Dieu cherche à dire le principe actif de la création. Tout cela converge dans le Prologue dont la nouveauté va être de révéler qu’il s’agit du Fils unique de Dieu.

Dans le Prologue

Pourquoi traduit-on souvent "Logos" par Verbe et non par Parole ? La question demeure. Certains diront que les traducteurs sont sensibles au fait que derrière toute parole, il y quelqu’un qui agit, une personne. Mais cet emploi reste déroutant : on ne désigne pas spontanément quelqu’un par le mot de Verbe. D’autres feront remarquer que le Prologue déploie le mystère du Salut dans toutes ses dimensions et qu’il entraîne ses lecteurs en un commencement absolu, en un lieu et un temps inconnus : ainsi par cet usage insolite - "Au commencement était le Verbe" - serait à la fois dévoilée et protégée l’énigme de celui qui  "était avec Dieu" et qui "était Dieu".

Jésus, plénitude de l’être, est une personne, pas seulement un principe, qui fait exister toutes chose. Mieux, il parle et il nous permet de connaître celui que nul n’a jamais vu : son Père. Jésus, Verbe de Dieu, est à l’œuvre aussi bien dans l’éternité de Dieu que dans sa condition d’homme.
 

© SBEV. Anne Soupa.

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org