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Sacrifice
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Autané Maurice
Les sacrifices dans la Bible
Note historique
 
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Dans la Bible, l'holocauste est le type même du sacrifice parfait.
 

Les hommes ont toujours cherché à s’attirer les bonnes grâces de la divinité en particulier par la pratique des sacrifices. Sacri-fier, c'est "faire sacré": une offrande passe dans le domaine divin et, en retour, le prêtre transmet des dons du ciel, tels que bénédictions, instructions, pardon.

L’homme biblique a la conviction que tout lui vient de Dieu. C’est donc naturellement qu'il lui offre les premiers-nés du bétail ou les prémices de la récolte, en échange du don reçu en premier. Le plus grand des sacrifices est "l’holocauste" : la victime - un animal sans défaut - est "immolée" (égorgée) et entièrement brûlée sur un autel. Hommage à Dieu, l'holocauste est le type même du sacrifice parfait.

Des sacrifices par milliers

Les 7 premiers chapitres du Livre du Lévitique dressent la liste des sacrifices et en codifient le déroulement. Mais ils reflètent une pratique qui est surtout celle du Temple de Jérusalem reconstruit après l'Exil (Ve siècle av. J.-C.). Dans le premier Temple, celui de Salomon (Xe siècle av. J.-C.), les rois ou les prêtres, en toute occasion solennelle, offraient des holocaustes. S'y ajoutaient des sacrifices dit "de paix" ou de "communion", dans lesquels la victime n'était consumée qu'en partie et où le sang avait une valeur rituelle : pour la dédicace du Temple, le roi Salomon offrit ainsi, paraît-il, 22000 bœufs et 120000 moutons (1 Rois 8,63) ! Après l'Exil, les holocaustes deviennent quotidiens. Pour le peuple, une famille ou un particulier, les sacrifices se diversifient. À côté des holocaustes et des sacrifices de paix, on a ainsi des sacrifices "d’expiation" : on distingue d'une part ceux "pour le péché" où le sang absout des fautes graves et ceux "de réparation" qui visent les fautes légères. Et puis on offre des parfums et des offrandes végétales. La plus haute expression de tout cet ensemble est peut-être le sacrifice "avec louange" : l'immolation de la victime s'accompagne d'une action de grâces pour les œuvres de Dieu. Mais plus que le rituel, ce qui importe - et les prophètes sont unanimes - c'est l’attitude de celui qui offre : "On t’a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que le Seigneur réclame de toi : rien d’autre que d’accomplir la justice, d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu" (Michée 6,8).

Des sacrifices humains ?

Le sacrifice humain est considéré comme une abomination en Israël et Juda… où cette pratique a néanmoins existé ! Sous l’influence des peuples voisins ? À Gezer (à mi-chemin entre Jérusalem et la Méditerranée, au N-O), près d'un lieu de culte cananéen, on a retrouvé des squelettes d'enfants. Au IXe siècle av. J.-C., un prince de Jéricho sacrifie son fils aîné lors de la reconstruction de la ville (1 Rois 16,34). À Jérusalem, au VIIIe siècle, les rois Achaz et Manassé commettent des actes semblables (2 Rois 16,3 et 21,16). Au VIIe siècle, le prophète Jérémie témoigne : "Les Judéens érigent le tumulus de Tafeth pour que leurs fils et leurs filles y soient consumés par le feu" (7,31). En cas de détresse, offrir ce que l'on a de plus cher demeure donc une tentation constante et cela, jusqu’au moment de l’Exil. Après l'Exil, quand le livre de l'Exode est mis en forme, il sera affirmé que tout premier-né "appartient" au Seigneur mais qu'il faut le "racheter" par un animal (Ex 13,2.13 et 34,19-20) : le Seigneur est le Dieu de la vie.
 

© SBEV. Maurice Autané.

 
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org