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Garizim (Mont)
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Samaritains
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Debergé Pierre
Les Samaritains et les Juifs
Note historique
 
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À l'époque du Christ, les rapports entre Juifs et Samaritains étaient tendus...
 

À l’époque du Christ, les rapports entre Juifs et Samaritains étaient tendus. Non seulement ils ne se fréquentaient pas, mais les Juifs considéraient que les objets, les animaux ou les récoltes qui traversaient la Samarie étaient impro­pres au culte. Comment expliquer une telle animosité entre deux communautés qui avaient pourtant une même origine ?

Il est communément admis que l'origine du conflit entre les Juifs et les Samaritains remonte à 722, lors de la prise du royaume du Nord et de sa capitale, Samarie, par les Assyriens. Ceux-ci firent venir dans cette ré­gion des colons étrangers. De leur mélange avec les Juifs qui étaient restés sur place naquit le peuple samaritain (2R 17,23). Descendants de ces étrangers qui avaient ajouté à leurs dieux tradi­tionnels le culte de YHWH (= Le Seigneur), les Samaritains sont considérés comme des hérétiques par les autres Juifs.

Un temple sur le mont Garizim

Au fil de l’histoire, les relations rentre Juifs et Samaritains se sont détériorées progressivement. Ainsi, au retour de l’exil, vers 538 av. J.-C., des Samaritains s'opposeront violemment à la reconstruction des murailles de Jérusalem. Deux siècles plus tard, la construction d’un Temple sur le Mont Garizim consacrera le schisme avec Jérusalem. Et l'auteur du livre du Siracide écrira vers l'an 180 av. J.-C. : "Il y a deux nations que mon âme déteste, la troisième n'est pas une nation : les habitants de la montagne de Seïr, les Philistins, et le peuple stupide qui demeure à Sichem" (Si 50,25-26 ; Sichem est alors une grande ville située au pied du Garizim). Mais la rupture entre Juifs et Samaritains ne sera véritablement consommée que lorsque Jean Hyrcan, le roi de Jérusalem, s'attaquera à Sichem et détruira le Temple du Garizim (107 av. J.-C.).

En l’an 6 de notre ère, les Samaritains s’accorderont pourtant avec les Juifs pour envoyer des émissai­res demander à l'empereur de Rome la destitution du roi Archelaüs, successeur d’Hérode le Grand. En 67, lors de la guerre juive, certains d’entre eux, aux dires de l’historien Flavius Josèphe, se rassemble­ront sur le mont Garizim, "dans la perspective d’une révolte". Le commandant de la cinquième légion en viendra à bout le 15 juillet 67 "et les tuera tous, au nombre de 11600" (La Guerre des Juifs, livre 3, lignes 307 à 315).

Attachés au Pentateuque 

À l'époque du Christ, les  Samaritains considéraient que seule la Torah (ou Pentateuque, c'est-à-dire les cinq premiers livres de la Bible) faisait autorité : venant de Moïse, elle était pour eux le seul texte normatif. Fidèles à la Loi de Moïse, les Samaritains pratiquaient la circoncision le huitième jour et observaient de manière scrupuleuse le shabbat. Ils célébraient les fêtes de pèlerinage sur le mont Garizim où ils immolaient les agneaux de la Pâque. Au IIIe siècle ap. J.-C., Origène note que les Samaritains niaient la résurrection des morts, une croyance qu’ils n’accueilleront qu’au IVe siècle. Ces divers aspects de la foi sont de nos jours encore portés et vécus par une poignée de croyants.


© SBEV. Pierre Debergé.

 
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