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Heure
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Miracle
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Signes
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Billon Gérard
Le "Livre des signes" chez Saint Jean
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La première partie de l'évangile de Jean ("le livre des "signes" - chapitres 1 à 12) raconte des miracles (ou "signes") de Jésus.
 

"L'Évangile de Jean comporte deux parties : le livre des "signes" (chapitres 1 à 12) et le livre de "l'Heure" (chapitres 13 à 21). Si le livre de "l'Heure" est tout orienté vers la croix, le livre des "signes" raconte des miracles (ou "signes") de Jésus, des gestes de salut hautement symboliques.

Le premier signe

Le premier de ces gestes de salut se déroule à Cana, en Galilée (Jn 2). Le dernier, à Béthanie, près de Jérusalem (Jn 11). Le premier est pour le groupe des invités à une noce, le second pour Lazare, l'ami fidèle. Dans le premier, Jésus multiplie le vin de la fête, chassant l'humiliation, dans le dernier, il fait triompher la vie sur la mort.

Après Cana, il monte une première fois à Jérusalem, pour une fête de Pâque, posant dans le Temple un acte prophétique (le fouet contre les vendeurs ! Jn 2,13-22). Un pharisien, Nicodème, cherche à com­prendre Jésus. L'entretien a lieu de nuit (Jn 3,1-21). Nuit de l'incompréhension ? Peut-être, car c'est bien ce que Jésus provoque en Judée. Et si sa popularité grandit, elle paraît concurrencer celle de Jean le Baptiste. Alors il s'éloigne et regagne la Galilée. Sur ce fond de tensions en terre de Judée, ce qui va se passer en Samarie, terre impure, prend tout son sens.

Le second signe

Après le premier signe, à Cana, ses disciples "crurent en lui" nous a-t-on dit (Jn 2,11). Or l'évangéliste ne rapporte aucun acte de foi chez les gens de Jérusalem, même pas chez Nicodème. Par contre, à la fin de l'épisode de la Samaritaine, il affirme que les gens de Sykar "croient" en Jésus, "Sauveur du monde" (Jn 4,41-42). Après les disciples galiléens, les Samaritains - ces gens suspectés par tout Juif pieux - sont donc les premiers croyants. Jésus demeure un temps chez eux puis les quitte. Et c'est de nouveau à Cana que l'évangéliste situe ce qu'il appelle le "second signe" : la guérison du fils d'un offi­cier royal. L'épisode annonce déjà celui de la résurrection de Lazare, qui lui-même se comprend à la lumière de Pâques : la mort est vaincue. Et l'officier, avec toute sa maison, rejoint le groupe des croyants (4,53).

Disciples galiléens de Jean le Baptiste, Samaritains ou officier royal, les premiers croyants forment un groupe pour le moins hétéroclite ! Leur seul lien est d'avoir vu à l'œuvre Jésus, révélateur de l'amour du Père. Parmi toutes ces personnes, les Samaritains se détachent : eux seuls ont cru sur la parole sans le secours d'un geste de salut. Leur "signe", c'est  le témoignage de la femme, amenée à relire sa vie, mais surtout la présence chez eux de Jésus, Parole de Dieu. Extraordinaire mouvement de la foi ! Jérusalem, ville sainte, n'avait pas pu ou voulu voir. Mais rien n'est perdu : voilà déjà que Jésus y retourne (Jn 5,1).
 

© SBEV. Gérard Billon. 

 
Jn 2,1-12
Jn 4,46-54
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org