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Temple
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Soupa Anne
Les premiers chrétiens : du Temple aux maisons
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Luc mentionne que les apôtres "se rendaient chaque jour au Temple", et "rompaient le pain à domicile"...
 

Luc mentionne que les apôtres "se rendaient chaque jour au Temple", et "rompaient le pain à domicile". Au long de son œuvre, nous voyons peu à peu le salut de Dieu se déplacer du Temple vers les maisons. 

On sait avec quel soin Luc commence et clôt son évangile dans le Temple de Jérusalem. C’est là que le prêtre Zacharie reçoit la visite d’un ange (1,9-23). Plus tard, Jésus nouveau-né y est présenté pour être consacré au Seigneur. Et le vieillard Siméon chante alors qu'il a vu le salut, "gloire d'Israël" mais surtout "lumière pour la révélation pour les païens" (2, 22-38).

Le salut pour cette maison

Tout au long de la prédication du Règne de Dieu, il est fort peu question du Temple. Jésus, par contre, entre volontiers dans les maisons de ceux qui l’invitent. La maison, pour lui, contribue à la dignité de la personne. À ce possédé gergésénien, qui "ne demeurait pas dans une maison", Jésus, après l’avoir libéré, conseille de retourner "dans sa maison", et de raconter tout ce que Dieu avait fait pour lui (Lc 8,27.39). Plus loin, devant l'attitude de Zachée, le collecteur d'impôts chez qui il a voulu être reçu, Jésus proclamera que "le salut est venu pour cette maison" (Lc 19,10).

Le Temple réapparaît dès que se profile la Passion. Les accusateurs de Jésus sont les hommes du Temple. Celui-ci reste toutefois le sanctuaire du Seigneur, et Jésus, en y entrant, commence par en chasser les marchands, symbole de tout qui dénature le sanctuaire de sa vocation (19,45-46). Au moment de la mort du crucifié, le "voile du sanctuaire se déchire" (23, 45) : le vrai visage de Dieu est mis à nu, l'unique sacrifice est consommé. C'est peut-être la raison pour laquelle, à la fin de l'évangile, les disciples restent "sans cesse dans le Temple à bénir Dieu" ( 24, 53) : en Jésus, les sacrifices de l'Alliance ont trouvé leur accomplissement et le salut est pour tous.

De Jérusalem à Rome

Le Livre des Actes s’ouvre non dans le Temple, mais sur Mont des Oliviers. Et il se clôt dans la maison romaine où Paul est en garde à vue. Or, déjà, à la Pentecôte, l’Esprit a été reçu par les apôtres dans une maison (Ac 2,2). Comme dans l’Évangile, une grande part du récit des Actes se passe dans ces endroits familiers où se font les échanges et se réunissent les communautés qui y rompent le pain. Mais le Temple reste le lieu des prières. Le salut s'y manifeste : au "Nom de Jésus" Pierre et Jean y guérissent un infirme (Ac 3,1-10). La Passion s'y continue car ils y sont arrêtés (Ac 4,1-3). Il reste le lieu des rassemblements de pèlerinage, des sacrifices, et – qui sait ? – celui de la Présence divine. Arrêté à son tour, Paul dira haut et fort qu'il n'a jamais commis de délit contre le Temple (Ac 25,8). Cependant, au fur et à mesure que la mission se développe loin de Jérusalem, les maisons assument le rôle de lieu de rassemblement des croyants. D'autant que les synagogues, canal privilégié de la prédication, deviennent de plus en plus hostiles aux chrétiens. Jusqu'à ce qu'apparaissent ces "maisons de prière" dont on trouve les traces à Rome dès le IIe siècle.

L'universel et le quotidien

Cette orientation, véritable marque de fabrique du christianisme naissant, inscrit celui-ci dans l’universel. Autant le Temple est le théâtre de rendez-vous exceptionnels, autant la maison est le lieu de l’ordinaire des jours, fait de repas, de rencontres, de vie commune et transmise. C’est cet ancrage dans le quotidien qui rend la maison universelle. Qui, en effet, ne vit dans une maison ? Au fur et à mesure de l’expansion de la mission au sein de l'empire, la dimension humaine de la maison est mise en valeur. Ce n'est pas seulement un bâtiment, c'est est aussi un ensemble de personnes, famille et domestiques, affranchis ou esclaves : "Elle reçut le baptême, elle et sa maison" dit Luc à propos de Lydie, commerçante à Philippes (Ac 16,15). Communauté et maison vont maintenant de pair. Pour Luc, le Temple de Jérusalem reste lié à la Passion de Jésus, les synagogues à la prédication – du moins au début – mais les maisons sont bien les lieux où souffle l’Esprit.
 
© SBEV. Anne Soupa. 

 
Ac 2,41-47
41Ceux qui accueillirent sa parole reçurent le baptême, et il y eut environ trois mille personnes ce jour-là qui se joignirent à eux.
42Ils étaient assidus à l'enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières.
43La crainte gagnait tout le monde : beaucoup de prodiges et de signes s'accomplissaient par les apôtres.
44Tous ceux qui étaient devenus croyants étaient unis et mettaient tout en commun.
45Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, pour en partager le prix entre tous, selon les besoins de chacun.
46Unanimes, ils se rendaient chaque jour assidûment au temple  ; ils rompaient le pain à domicile, prenant leur nourriture dans l'allégresse et la simplicité de coeur.
47Ils louaient Dieu et trouvaient un accueil favorable auprès du peuple tout entier. Et le Seigneur adjoignait chaque jour à la communauté ceux qui trouvaient le salut.
Ac 4,32-35
32La multitude de ceux qui étaient devenus croyants n'avait qu'un coeur et qu'une âme, et nul ne considérait comme sa propriété l'un quelconque de ses biens ; au contraire, ils mettaient tout en commun.
33Une grande puissance marquait le témoignage rendu par les apôtres à la résurrection du Seigneur Jésus, et une grande grâce était à l'oeuvre chez eux tous.
34Nul parmi eux n'était indigent : en effet, ceux qui se trouvaient possesseurs de terrains ou de maisons les vendaient, apportaient le prix des biens qu'ils avaient cédés
35et le déposaient aux pieds des apôtres. Chacun en recevait une part selon ses besoins.
Ac 2,41-47
Ac 4,32-35
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org