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Job
267
Mise à l'épreuve
89
Satan
2
Stricher Joseph
Job face à Satan
Commentaire au fil du texte
 
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À la cour céleste, Dieu et l'Adversaire se défient. C'est un homme, Job, qui en est l'enjeu. Il va y laisser sa peau.
 

Regarder – méditer – prier : nous respectons les trois temps de la "lectio divina" ou lecture sainte afin que méditation et prière, pour ceux et celles qui le souhaitent, s’appuient sur une écoute attentive du texte biblique.

À la cour céleste, Dieu et l’Adversaire se défient. C'est un homme, Job, qui en est l'enjeu. Il va y laisser sa peau.

Regarder

Lisez une première fois le texte et notez vos premières impressions. Découpez ensuite le texte en utilisant les indications de temps et de lieu. Observez chaque étape (il y en a 6) en y repérant les mots clés et les images fortes.

1) 1,1-5. Sur terre, Job est un modèle. Ses enfants, qui ont quitté le domicile paternel, ont des relations harmonieuses entre eux. Job se soucie également de leur relation harmonieuse avec Dieu. Une image forte : l’holocauste. Une crainte : maudire Dieu.

2) 1,6-12. À la cour céleste se tient une audience avec le Seigneur, les Fils de Dieu et le Satan, l'Adversaire. Celui-ci partage avec Dieu une connaissance de ce qui se passe sur terre. Il a l’habitude d’y rôder. Une image forte : la main de Dieu et celle de l’Adversaire. Une expression clé : "Je parie qu’il te maudira en face."

3) 1,13-22. Sur terre, un enchaînement de catastrophes avec chaque fois un seul rescapé. Causes : les Sabéens, un feu de Dieu, les Chaldéens, un grand vent d’au-delà du désert. Alternance d’éléments humains et naturels. Tous ont une origine mystérieuse. Une image : Job prosterné à terre. Phrase clé : "Que le nom du Seigneur soit béni !"

4) 2,1-6. À la cour céleste. Comparez avec l'étape n°2. Repérez les mots qui reviennent. Observez les mots nouveaux : os, chair, vie. 2 expressions clé placées dans la bouche de Dieu : il persiste et en vain tu m’as incité à l’engloutir.

5) 2,7. Retour sur terre pour l’épreuve centrale. Plus aucune fioriture dans le récit. L’auteur du mal est clairement désigné.

6) 2,8-10. Sur les cendres a lieu le dialogue final avec un personnage nouveau. Mots clés : persister, maudire, accepter le bonheur, accepter le malheur.

Méditer

Job, homme intègre et droit, ne pèche pas par ses lèvres malgré les épreuves qui s’abattent sur lui. Il passe de l’holocauste, où il brûle des victimes en faveur de ses enfants, aux cendres sur lesquelles il se consume lui-même. Passé au feu de l’épreuve il a tenu bon. Il ne lui reste plus rien sinon l’essentiel, une foi indéfectible dans le Seigneur qui donne et qui ôte. Au croyant le soin d’accepter le bonheur comme le malheur sans remettre en cause la volonté de Dieu. Belle leçon de sagesse. Mais un peu trop belle pour être vraie. Beaucoup plus proche de la sagesse des stoïciens et de La mort du loup d’Alfred de Vigny que du langage de la Bible. Où sont les cris du psalmiste contre le mal qui le frappe ? Où est la révolte incessante du peuple contre Moïse et contre Dieu ? Où est le cri de Jésus "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?" Nul écho dans ce texte. Et nulle réponse à nos propres souffrances et à nos angoisses devant la mort.

Mais le texte dit-il vraiment cela ? Ce n’est pas sûr. Ce texte n’est pas clos sur lui-même mais il sert d’introduction à un grand livre entièrement consacré à la lutte de Job avec Dieu et à sa lutte contre de faux amis qui tiennent des propos lénifiants sur Dieu et sur la souffrance. L’ensemble du livre de Job prend le contre-pied de la morale pieuse et édifiante énoncée ci-dessus. Et si le début de l'histoire servait d’abord à rire ? La succession de catastrophes n’évoque-t-elle pas irrésistiblement la chanson Tout va très bien, madame la marquise ? Ne sommes-nous pas invités à porter un regard critique sur ce Dieu qui fait des paris avec l’Adversaire et qui dit banco quand celui-ci double la mise ? Rire pour ne pas pleurer. Pour conjurer nos peurs devant le mal tellement présent et tellement inexplicable. Ce texte n’est pas l’ultime révélation de Dieu. Avec Jésus Christ et en Jésus Christ, le mystère du mal et de la souffrance mais aussi de la bonté de Dieu se dévoilera dans sa plénitude. Avec lui, Dieu ne laissera pas l’Adversaire avoir le dernier mot.

Prière

Seigneur, écoute ma prière, prête l’oreille à mes supplications.
L’Ennemi m’a persécuté, il m’a terrassé, écrasé.
Je suis à bout de souffle, j’ai le cœur ravagé.
Vite ! Réponds-moi, Seigneur !
Seigneur, délivre-moi de mes ennemis.
Pour l’honneur de ton nom, Seigneur, tu me feras vivre.
Par ta fidélité, tu extermineras mes ennemis.
Tu feras périr mes adversaires, car je suis ton serviteur.

(D’après le psaume 143)


© SBEV. Joseph Stricher.

 
Jb 1,1-2,10
1Le jour advint où les Fils de Dieu se rendaient à l'audience du SEIGNEUR. L'Adversaire vint aussi parmi eux à l'audience du SEIGNEUR.
2Le SEIGNEUR dit à l'Adversaire : « D'où est-ce que tu viens ? » - « De parcourir la terre, répondit-il, et d'y rôder. »
3Et le SEIGNEUR lui demanda : « As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n'a pas son pareil sur terre. C'est un homme intègre et droit qui craint Dieu et se garde du mal. Il persiste dans son intégrité, et c'est bien en vain que tu m'as incité à l'engloutir. »
4Mais l'Adversaire répliqua au SEIGNEUR  : « Peau pour peau  ! Tout ce qu'un homme possède, il le donne pour sa vie.
5Mais veuille étendre ta main, touche à ses os et à sa chair. Je parie qu'il te maudira en face ! »
6Alors le SEIGNEUR dit à l'Adversaire : « Soit ! Il est en ton pouvoir ; respecte seulement sa vie. »
7Et l'Adversaire, quittant la présence du SEIGNEUR, frappa Job d'une lèpre maligne depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête.
8Alors Job prit un tesson pour se gratter et il s'installa parmi les cendres.
9Sa femme lui dit : « Vas-tu persister dans ton intégrité ? Maudis Dieu, et meurs  ! »
10Il lui dit : « Tu parles comme une folle. Nous acceptons le bonheur comme un don de Dieu. Et le malheur, pourquoi ne l'accepterions-nous pas aussi ? » En tout cela, Job ne pécha point par ses lèvres.
11Mais veuille étendre ta main et touche à tout ce qu'il possède. Je parie qu'il te maudira en face  ! »
12Alors le SEIGNEUR dit à l'Adversaire : « Soit ! Tous ses biens sont en ton pouvoir. Evite seulement de porter la main sur lui. » Et l'Adversaire se retira de la présence du SEIGNEUR.
13Le jour advint où ses fils et ses filles étaient en train de manger et de boire du vin chez leur frère aîné.
14Un messager arriva auprès de Job et dit : « Les boeufs étaient à labourer et les ânesses paissaient auprès d'eux.
15Un rezzou de Sabéens les a enlevés en massacrant tes serviteurs. Seul j'en ai réchappé pour te l'annoncer. »
16Il parlait encore quand un autre survint qui disait : « Un feu de Dieu est tombé du ciel, brûlant moutons et serviteurs. Il les a consumés, et seul j'en ai réchappé pour te l'annoncer. »
17Il parlait encore quand un autre survint qui disait : « Des Chaldéens formant trois bandes se sont jetés sur les chameaux et les ont enlevés en massacrant tes serviteurs. Seul j'en ai réchappé pour te l'annoncer. »
18Il parlait encore quand un autre survint qui disait : « Tes fils et tes filles étaient en train de manger et de boire du vin chez leur frère aîné
19lorsqu'un grand vent venu d'au-delà du désert a frappé les quatre coins de la maison. Elle est tombée sur les jeunes gens. Ils sont morts. Seul j'en ai réchappé pour te l'annoncer. »
20Alors Job se leva. Il déchira son manteau et se rasa la tête. Puis il se jeta à terre, adora
21et dit : « Sorti nu du ventre de ma mère, nu j'y retournerai. Le SEIGNEUR a donné, le SEIGNEUR a ôté : Que le nom du SEIGNEUR soit béni  ! »
22En tout cela, Job ne pécha pas. Il n'imputa rien d'indigne à Dieu.
Jb 1,1-2,10
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org