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Marie-Madeleine
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Tombeau de Jésus
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Stricher Joseph
Pour une lecture sainte de Jn 20 ,11-18 : Marie-Madeleine voit Jésus ressuscité
Commentaire au fil du texte
 
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Pour une lecture sainte de Jean 20,18
 
Regarder – méditer – prier : nous respectons les trois temps de la "lectio divina" ou lecture sainte afin que méditation et prière, pour ceux et celles qui le souhaitent, s’appuient sur une écoute attentive du texte biblique.

Marie de Magdala et sa rencontre avec le Seigneur.

Regarder

La scène se déroule un premier jour de la semaine, jour où Dieu débuta sa création en séparant la lumière de la ténèbre. Il fait encore sombre, mais le soleil ne va pas tarder à se lever. C’est l’aube. Que va faire Marie de Magdala, seule, au tombeau ? Nous ne le savons pas. Le texte nous invite à nous mettre à sa place et à suivre son regard. Elle voit que la pierre a été enlevée. Par qui ?

Sans prendre la peine d’aller plus loin, elle court vers deux disciples de Jésus pour leur donner son interprétation de l’événement. Mais qui est ce "on" qui a enlevé le Seigneur ? Qui est ce "nous" qui ne sait pas où on l’a mis ?

Alors que les deux disciples entrent dans le tombeau, Marie n’y entre pas. Qu’irait-elle y faire ? Le corps de celui qu’elle aime a été enlevé. Elle finit quand même par se pencher et elle voit et entend ce que les disciples n’ont pas vu et entendu : des anges qui lui parlent, qui l’écoutent, mais qui cependant ne l’aident pas dans sa recherche. Jésus, qu’elle ne reconnaît pas, lui pose la même question que les anges et s’adresse à elle de la même façon : "Femme…" Marie tourne et se retourne dans sa quête désespérée de celui qu’on lui a enlevé jusqu’à ce qu’elle s’entende appelée par son nom : "Marie !" Ayant trouvé son maître, elle est invitée par lui à ne pas le retenir mais à l’annoncer aux frères. Annoncer ce qu’elle a vu et entendu.

Méditer

La scène décrit le lever du soleil. Le passage de la nuit à la lumière. Marie est un bloc de douleur, seule dans la recherche de celui qu’elle aime. Comme l’amante du Cantique des Cantiques elle est séparée de l’objet de son amour et finit par le retrouver au petit matin dans un jardin. Jardin des origines du monde où "le Seigneur Dieu se promène au souffle du jour" (Gn 3,8) milieu vital où se fait la rencontre entre Dieu et son humanité. Marie ne peut reconnaître le Seigneur. Personne ne peut le reconnaître s’il n’est d’abord reconnu et appelé par lui. Chacun, chacune, a un nom aux yeux de Dieu. "Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent" dit Jésus (Jn 10,14).

Mais ce berger, ce maître, n’est la propriété de personne. Personne ne peut mettre la main sur lui, personne ne peut le retenir pour lui, tout seul. "Va trouver mes frères, dit Jésus. Ne garde pas pour toi la bonne nouvelle. Va la partager."

Premier témoin de la résurrection, Marie en devient le premier apôtre. Elle est l’envoyée du Seigneur auprès des frères, chargée d’évangéliser Simon Pierre et les autres. Elle est l’apôtre des apôtres, le modèle des croyants, figure fondatrice de l’Église. À côté de Pierre, de Paul, du disciple bien aimé, elle vient nous rappeler que l’Église est bâtie sur ceux et celles que le Seigneur ressuscité appelle par leur nom et envoie proclamer la Bonne Nouvelle.

Prier

Faisons nôtre cette belle prière de Pierre de Bérulle, en 1627, qui loue le Seigneur d’avoir fait de Madeleine son apôtre : "Il y a quelque temps que vous les avez faits apôtres, Seigneur, mais durant votre vie mortelle ; vous les avez faits douze en nombre et vous les avez faits vos apôtres, mais vers le monde pour lui annoncer votre croix et votre mort ; ici, vous faites Madeleine votre apôtre en votre état de gloire, et en ce nouvel état, vous la faites seul apôtre et l’apôtre de votre seule vie, car elle l’annonce et ne publie que votre vie, votre puissance et votre gloire."

SBEV. Joseph Stricher
 
Jn 20,11-18
11Marie était restée dehors, près du tombeau, et elle pleurait. Tout en pleurant elle se penche vers le tombeau
12et elle voit deux anges vêtus de blanc, assis à l'endroit même où le corps de Jésus avait été déposé, l'un à la tête et l'autre aux pieds.
13« Femme, lui dirent-ils, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répondit : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l'a mis. »
14Tout en parlant, elle se retourne et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était lui.
15Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? qui cherches-tu ? » Mais elle, croyant qu'elle avait affaire au gardien du jardin, lui dit : « Seigneur, si c'est toi qui l'as enlevé, dis-moi où tu l'as mis, et j'irai le prendre. »
16Jésus lui dit : « Marie. » Elle se retourna et lui dit en hébreu : « Rabbouni » - ce qui signifie maître.
17Jésus lui dit : « Ne me retiens pas ! car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Pour toi, va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu. »
18Marie de Magdala vint donc annoncer aux disciples  : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. »
Jn 20,11-18
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org