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Cantique des Cantiques
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Lectio Divina
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Stricher Joseph
Le Cantique des Cantiques. Lecture Sainte de 2,8 à 3,5.
Commentaire au fil du texte
 
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Le voici, il vient...
 
Regarder – méditer – prier : nous respectons les trois temps de la "lectio divina" ou lecture sainte afin que méditation et prière, pour ceux et celles qui le souhaitent, s’appuient sur une écoute attentive du texte biblique

Avant d’interpréter un texte et d’y chercher une nourriture spirituelle, il convient de bien l’observer. Ici, il faut observer les images, écouter les sons, humer les parfums, découvrir les silences. Ce sont autant de chemins pour (re)découvrir la beauté de l’amour humain et de l’amour divin.

Regarder

- v.8-9a. Au début du poème, une voix féminine nous annonce l’arrivée du bien-aimé. Qui est cette femme ? Où est-elle ? On ne le sait pas. Elle est probablement dans une maison. Mais comment a-t-elle entendu, de si loin, celui qu’elle aime ? La bien-aimée sait l’empressement de son bien-aimé à la rejoindre. Elle nous laisse deviner la joie des retrouvailles.

- v.9b-14. Les amants sont l’un près de l’autre et pourtant ne peuvent pas se rejoindre. Qu’est-ce qui les en empêche ? Le mur, le treillage ou quelque autre obstacle ? Pourquoi ne sort-elle pas ? La voix du bien-aimé franchit la distance et la bien-aimée nous en fait part. "Viens, montre-toi " dit le bien-aimé, qui évoque le réveil de la nature après l’engourdissement de l’hiver. Son langage est fleuri. La colombe cachée dans la maison est ravie.

- v. 15. Une voix inconnue et hostile vient se mêler au dialogue. Qui se considère comme propriétaire de la "vigne en fleur" ? Des membres de la famille ? La mère ? frères ?

- v. 16-17. Couvrant la voix des gêneurs, la bien-aimée proclame l’amour mutuel des deux amants et s’adresse directement à son bien-aimé : "Reviens". Celui-ci comprend certainement sur quelles collines partagées il est invité à poser sa tête.

- v. 3,1-5. Se trouver, se perdre, se retrouver. Sur sa couche, dans les rues de la ville puis dans la chambre familiale, la bien-aimée cherche, trouve et veut garder celui qu’elle aime. Le chant s’achève dans la sérénité. Le bien-aimé (ou la bien-aimée ?) dort. Son amour veille sur lui (sur elle ?).

Méditer

Jeune, belle, fleurie comme le printemps, une voix de femme nous fait participer à l’émotion de la rencontre amoureuse, au désarroi des séparations, à l’obstination de la recherche. Les obstacles ne manquent pas, mais la foi dans le partenaire permet d’en triompher. Loin d’être nié ou refoulé, le désir amoureux s’exprime dans toute sa force. Force lumineuse dans la chaleur du printemps. Force tragique dans les rues de la ville. Contrairement à ceux qui voient dans leur fille ou leur sœur un bien à mettre à l’abri du renard ravageur, la bien-aimée ne cherche pas à se protéger du prédateur. Elle se donne à lui car il est unique pour elle et elle est unique pour lui : "Il est à moi, je suis à lui". Comme elle le dira elle-même à la fin du livre : "L’amour est fort comme la mort…c’est une flamme divine". Comment mieux dire la force et la beauté de l’amour, et son caractère sacré ? Comment ne pas comprendre les mystiques qui ont vu dans ce beau poème une métaphore de l’amour de Dieu pour les hommes ?

Prier

Le psaume 45 (44) intitulé Chant d’amour pourrait constituer une prière finale.

Joseph Stricher
 
Monastère Ste Catherine, Sinaï.
Ct 2,8-3,5
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org