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Accueil | Plan | Nous contacter | Recherche | Textes bibliques La T.O.B d’hier à aujourd’hui L’idée d’une version de la Bible qui soit commune aux confessions chrétiennes francophones est ancienne, puisqu'elle remonte à Richard Simon au XVIIe siècle, mais elle n’a vraiment pris corps que vers 1960. Dans l’idée que « Qui peut le plus peut le moins », les pionniers de sa réalisation (1) avaient pensé que, pour vérifier si l’entreprise était viable, on devait commencer par essayer de traduire en commun l’Épître aux Romains, dont on sait que l'interprétation a donné lieu, dans le passé, aux affrontements les plus vifs entre protestants et catholiques. Un projet ambitieuxLa première idée fut de procéder à une révision œcuménique de la Bible de Jérusalem. Mais les premiers essais (sur l’Épître aux Romains), confiés aux professeurs P. Bonnard (Lausanne) et P. Prigent (Strasbourg) ont rapidement conduit les responsables à constater qu’on était déjà au-delà d’un simple travail de révision et qu’en réalité on avait amorcé une œuvre nouvelle. On décida en conséquence de constituer une équipe paritaire de six traducteurs. On était en 1965. L’entreprise se trouvait alors encouragée du côté catholique par la récente promulgation de la Constitution dogmatique Dei Verbum du Concile de Vatican II. Au bout d’un peu plus d’un an de travail commun on vit que le pari était gagné : si on avait réussi pour l’Épître aux Romains, on le pourrait donc pour toute la Bible. On publiait aussitôt un premier fascicule comportant introduction, traduction et annotation communes de l’épître. Les quelques cas de divergences qui étaient apparus entre traducteurs avaient permis un constat aussi intéressant qu’inattendu : chaque fois le clivage ne s’était pas produit en quelque sorte verticalement, entre traducteurs protestants d’un côté et catholiques de l’autre, mais bel et bien horizontalement, entre des exégètes protestants et catholiques d’un côté et d’autres catholiques et protestants de l’autre. Il va de soi qu’un débat fraternel – un tel travail en commun crée des liens solides – a permis de résoudre les difficultés à la satisfaction de tous. On ne trouve au total que trois cas où traducteurs protestants et catholiques divergeaient non pas sur la traduction, mais sur l’interprétation de tel passage ou de telle expression : Rm 1, 20 ; 4, 25 et 5, 12 seront ainsi les seuls passages de toute la TOB où l’annotation exposera séparément les opinions respectives des catholiques, des orthodoxes et des protestants. Bref on venait de démontrer qu’une traduction commune (avec introductions et annotation) était possible. On put donc se mettre au travail pour l’ensemble de la Bible. On constitua à cet effet des équipes, toujours paritaires, de spécialistes. Pour cette tâche considérable on réussit à mobiliser presque 120 traducteurs, l’indispensable coordination étant assurée, tant pour le Nouveau Testament que pour l’Ancien, par deux équipes, elles aussi paritaires. Le NT put paraître en 1972 et l’Ancien en 1975. À côté de cette édition princeps dite « avec notes intégrales » voyait aussi le jour une édition de volume plus réduit dite « avec notes essentielles », c’est-à-dire avec des notes portant uniquement sur les problèmes de texte ou de traduction ainsi que sur le cadre historico-culturel utile à connaître pour situer le texte lu. Il va de soi que le texte de ces deux éditions parallèles resterait strictement identique, même au fur et à mesure des inévitables révisions qui pourraient intervenir. La première mise à jour(1988) Après une quinzaine d’années il devint évident qu’un toilettage de l’ensemble restait nécessaire. Plusieurs raisons justifiaient cette inévitable mise à jour, qui s’impose d’ailleurs périodiquement à toute édition biblique. En premier lieu, les éditeurs avaient reçu de lecteurs exigeants des remarques et des suggestions concernant la traduction ou l’annotation. Justifiées ou non ces remarques devaient toutes être examinées. En second lieu, le relativement grand nombre de traducteurs mis au travail était cause d’une inévitable diversité dans la traduction de certains mots ou de passages parallèles. Certes les trois premiers évangiles avaient été traduits de manière synoptique (2), mais ce n’avait pas été le cas par exemple pour les passages parallèles des Chroniques et des livres de Rois. Une harmonisation s’avérait nécessaire. En troisième lieu, enfin, traduire la Bible représente une telle masse de textes à traiter que, malgré le soin rigoureux apporté à leur travail par les équipes engagées, un certain nombre de mises au point restaient indispensables. À de rares exceptions près on a donc pu réunir à nouveau les mêmes équipes responsables pour une grande vérification qui a donné le jour à une deuxième édition, parue en 1988. Le problème du PentateuqueUne quinzaine d’années plus tard des spécialistes de l’AT ont alerté le comité de l’AORB (Association Œcuménique pour la Recherche Biblique, l’association qui veille au devenir de la TOB) sur le fait que la conception qui prévalait encore quelques décennies plus tôt sur la composition du Pentateuque avait vraiment beaucoup vieilli et se trouvait de plus en plus contestée : il n’était plus possible de regarder, comme on l’avait fait encore aux débuts de la TOB, l’ensemble des cinq premiers livres de la Bible comme une sorte de patchwork composé de morceaux empruntés à quatre documents antérieurs, qu’on appelait respectivement « yahviste », « élohiste », « deutéronomiste » et « sacerdotal ». L’AORB décidait alors de confier l’indispensable mise à jour à une équipe – toujours œcuménique – de cinq spécialistes du Pentateuque, qu’elle a chargés de reprendre les introductions et l’annotation partout où c’était nécessaire en tenant compte des avancées de la science vétérotestamentaire. En ce qui concerne la traduction, à part deux ou trois cas elle n’a subi que d’infimes ajustements (3). L’équipe sollicitée a profité de l’occasion pour actualiser aussi les introductions générales à la Bible et à l’Ancien Testament, et pour réviser le tableau chronologique en écartant les datations par trop aventureuses, comme par exemple celles des patriarches. Ce travail de mise à jour a permis, en 2003, de publier en un fascicule séparé le Pentateuque sous sa nouvelle présentation, avant que celle-ci ne soit intégrée dans l’édition datée de 2004. Il va de soi que l’édition dite « avec notes essentielles » a été mise immédiatement à jour de son côté. Une nouvelle mise à jour et de la traduction du terme « Juif »Pour le comité de l’AORB ce fut l’occasion de se poser la question : le reste de la TOB n’appelle-t-il pas lui aussi une semblable mise à jour, même si l’idée qu’on se fait aujourd’hui de la composition de l’Ancien Testament n’a pas évolué de façon aussi radicale que pour le Pentateuque ? De toute façon des remarques et des suggestions étaient parvenues aux éditeurs, portant sur d’éventuelles retouches ponctuelles. Même jugées ultérieurement non recevables, elles devaient être examinées. Une de ces demandes de révision pèse d’un poids particulier : elle émane de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France et concerne la traduction du grec Ioudaioi dans l’évangile johannique (voir la revue Sens, n° 284, 1-2/2004). Conformément à une malheureuse tradition de la traduction biblique qui a l’âge de la Septante (vingt-trois siècles), les traducteurs de la Bible se croient souvent obligés de manifester leur respect du texte à traduire en décalquant au mieux la forme du texte-source (l’AT hébreu ou le NT grec) dans le texte-cible (leur traduction). Dans cette ligne un mot du texte-source devra autant que possible être rendu toujours de la même façon, même s’il est employé en diverses acceptions que le français, de son côté, distingue par des mots différents. Aux côtés de la Bible de Jérusalem, et plus récemment de la Nouvelle Bible Segond par exemple, la TOB appartient à ce type classique de traductions bibliques. Dans cette perspective le terme Ioudaios (singulier) / Ioudaioi (pluriel) se trouve systématiquement rendu par « Juif », ce qui convient certes parfois, mais ne rend pas justice au fait que, dans le vocabulaire johannique le terme est incontestablement polyvalent et désigne parfois les autorités religieuses du temple de Jérusalem. Ce sont ces gens-là, et non pas les Juifs en général, qui ont manœuvré pour éliminer Jésus. La difficulté, c’est que l’évangile johannique désigne les uns et les autres par le même terme, alors qu’en français l’appellation « Juif » désigne seulement les descendants d’Isaac ou les adeptes de la religion juive. Or la TOB, du fait qu’elle suit les normes classiques de la traduction biblique, ne rend pas justice à ce fait linguistique. La traduction de Ioudaios/Ioudaioi doit donc être revue. Quiconque examine le problème de plus près se rendra compte que la chose est plus facile à dire qu’à réaliser. Dans ces trois spécialités (AT, NT, traduction de Ioudaioi) l’AORB a donc commencé de mettre en place des équipes (œcuméniques, bien entendu), chargées de revoir ce qui doit l’être. On le voit, la TOB apparaît ainsi comme une traduction désireuse de rester à la page. Consciente de l’importance de cette traduction, qui fut pionnière dans le monde par son caractère œcuménique, l’AORB espère que les milieux chrétiens et en particulier les lecteurs exigeants de la Bible, sauront lui apporter le soutien dont elle ne peut se passer pour aller de l’avant.
___________ Notes : 1 Leurs noms figurent au début de toute édition avec notes intégrales. À ce jour aucun d’eux n’est encore en vie. 2 C’est-à-dire que des libellés grecs identiques étaient rendus en français de manière identique. 3 Une exception toutefois : la traduction de Gn 1, 1 a été abandonnée au profit de la traduction traditionnelle, qui rend en fait le texte de la Septante plutôt que le texte hébreu. Mais cette modification ne sera sans doute pas conservée. Page suivante : "La T.O.B. : nous n’avons pas fini d’en voir les fruits !" © 2010 S.B.E.V. et ISCAM-production Les textes, les cartes, dessins et images sont la propriété du Service Biblique catholique Evangile et Vie (S.B.E.V.), 8, rue Jean Bart - 75006 Paris, tél. 01 42 22 03 89. La reproduction est autorisée à des fins non commerciales et à la condition de citer l'auteur (le cas échéant), le propriétaire (Service Biblique catholique Evangile et Vie) et le site (bible-service.net). Nous contacter Site réalisé sur plate-forme ISCAM-ICOLEIS (ICOLEIS SARL Identifiez-vous |
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