Service Biblique Catholique Evangile et VieService Biblique Catholique .
Evangile et Vie
.
Evangile et Vie Evangile et VieLa Bible, c'est quoi ?Nos revuesPrier avec la BibleVoyages bibliquesDe vous à nous . .
.
Accueil | Plan | Nous contacter | Recherche | Textes bibliques
Actualités bibliques Ouvrages bibliques recensés en 2008

Généralités 2008

Voilà 5 ouvrages recensés dans les Cahiers Evangile de l'année 2008. Nous les avons aimés. Ceux-ci portent sur des questions qui traversent toute la Bible, Ancien et Nouveau Testament.

Collectif
Aux origines de la Bible
Paris, Bayard - Le Monde de la Bible, 2007, 156 p., 15 €

Issues de divers numéros de la revue Le Monde de la Bible, les contributions sélectionnées présentent les acquis actuels de la recherche sur l'histoire de la rédaction de la Bible. D'un premier ensemble (5 articles) on retiendra la thèse de W. M. Schniedewind sur une écriture historienne à l'époque royale et le « coup de gueule » de P. Gibert contre la soi-disant tradition orale. Les ensembles suivants focalisent notre attention sur l'exil à Babylone (5 articles) et, plus original, sur la Bible grecque (3 articles), laquelle est la matrice du Nouveau Testament (3 articles, ce qui est trop court). Sans notes érudites, allant directement à l'essentiel, l'ouvrage donne à la fois des points de repères et l'envie d'aller plus loin. (Gérard Billon)
Niveau de difficulté : aisé

Alexis Léonas
L'aube des traducteurs. De l'hébreu au grec : traducteurs et lecteurs de la Bible des Septante (IIIe s. av. J.-C. - IVe s. apr. J.-C.)
Paris, Le Cerf, « Initiations bibliques », 2007, 240 p., 29 €

La Bible des Septante est la traduction grecque des Écritures hébraïques d'Israël, devenu le livre de référence lors du développement du mouvement chrétien aux quatre premiers siècles de notre ère (non sans jouer un rôle aussi pour le judaïsme d'après les révoltes juives). Or ce livre résulte d'une opération de traduction, aux environs du troisième siècle avant l'ère chrétienne. A. Léonas (A.L.) met en évidence combien cette traduction représente une grande première « littéraire » tant pour le judaïsme alexandrin où elle est née, que pour la culture grecque à qui elle était destinée. L'idée de la traduction littéraire comme moyen de transmission d'une œuvre était absente de l'horizon intellectuel de l'Antiquité. Et voilà que la Bible des Septante, traduction des Écritures juives, a surgi.

A.L. raconte l'histoire de cette entreprise de manière précise, en déployant le contexte de celle-ci : l'univers des traducteurs, la capacité de la langue à être traduite, la question de la langue de départ des traducteurs de la Septante, la manière dont les lecteurs anciens recevaient les œuvres écrites, et notamment cette traduction. On perçoit ainsi combien la traduction des Septante est comme un « miracle », et sa nécessité.

En plus d'indiquer les évidentes interrogations d'ordre philologique et historique que pose une tel travail littéraire, A.L. soulève aussi, dans les deux derniers chapitres, le fait que celui-ci ouvre aussi de nouvelles manières d'accéder au sens de l'Écriture : comprendre le langage, certes, mais aussi les modes d'écriture (comme le rapport entre discursivité et narrativité). A.L. ne nous livre pas seulement les faits « objectifs » autour de la traduction de la Septante, mais s'engage de manière réfléchie dans la matière même qu'il nous propose : il s'agit de rendre compte de « la logique de l'histoire d'un livre » (p. 228). Ce qui fait tout l'intérêt de son travail. (Jean-Marie Carrière)
Niveau de difficulté : exigeant

Jean Riaud (dir.)
L'étranger dans la Bible et ses lectures
Paris, Le Cerf, « Lectio divina » 213, 2007, 455 p., 32 €

 L'équipe de recherche « La Bible et ses lectures », fondée par Jean Riaud, travaille au sein de l'Université Catholique de l'Ouest à Angers. Elle est constituée de chercheurs travaillant dans diverses spécialités : biblistes, historiens du texte, spécialistes de l'Antiquité méditerranéenne et proche-orientale. En 2002, elle a organisé un colloque international sur le thème « Étrangers et exclus dans le monde biblique ». La recherche de l'équipe a prolongé la réflexion sur ce thème dans les deux années qui ont suivi, ce qui nous vaut ce bel ouvrage.

Quatre parties organisent les contributions des chercheurs : 1. Des lectures vétérotestamentaires ; 2. Des lectures néotestamentaires ; 3. Des lectures extrabibliques ; 4. La postérité culturelle. Ainsi la perception de l'étranger n'est pas analysée dans le seul corpus biblique mais aussi dans les œuvres qui le prolongent, selon la logique de l'équipe de recherche et du titre de l'ouvrage : « La Bible et ses lectures ». Cette ouverture est bienvenue.

Les apports proposés sont de longueur très variable. Les uns sont des études relativement techniques, dans le domaine lexical notamment, sur le vocabulaire de l'étranger et sa présence dans un corpus donné : par exemple, à Sumer à l'époque de la IIIe dynastie d'Ur, ou bien dans la traduction grecque de la Septante. D'autres s'attachent à inscrire la perception de l'étranger dans un contexte historique précis, comme par exemple les études intéressantes de Mireille Hadas-Lebel sur Philon, ou de Monique Alexandre sur Flavius Josèphe. D'autres enfin effectuent une lecture de texte ; j'en cite deux, qui m'ont particulièrement intéressé : Christophe Pichon rend compte de la figure de l'étranger dans le cycle d'Élie, et Christian Grappe offre une belle analyse de l'épisode de la Syro-Phénicienne. Les ouvertures de la quatrième partie (« La postérité culturelle ») s'achèvent par une référence à « l'amour sans frontière »  dans le Prologue de Simone Weil. On notera dans cette partie la petite étude surprenante du Nabucco de Verdi par Michel Berder.

Les apports de cet ensemble d'études sont donc riches et précis. En les lisant sur fond de notre rapport contemporain à l'étranger, on y trouve un éclairage qui est à la fois difficile à cerner et une ouverture heureuse. Dans la Bible, la catégorie de l'étranger n'est en effet pas aussi très précise. Elle fluctue entre une catégorie proprement juridique ou politique, et une définition plutôt religieuse - ce qui n'est pas, il est vrai, sans analogie avec notre aujourd'hui. Du coup, la lecture de l'ouvrage nous fait mieux comprendre ce que la Bible dit de l'autre, de celui qui nous est étranger. C'est là évidemment son intérêt, cet élargissement de nos perspectives et de nos préoccupations parfois un peu étroites. Ouverture que conforte de très belle manière le texte choisi de Simone Weil, qui nous appelle à « cet amour sans frontières qui effacerait jusqu'à la notion même d'étranger ». (Jean-Marie Carrière)
Niveau de difficulté : moyen

RRENAB
Regards croisés sur la Bible. Études sur le point de vue
(Actes du IIIe colloque international du Réseau de recherche en narrativité biblique, juin 2006)
Paris, Le Cerf, « Lectio Divina » hors série, 2007, 480 p., 42 €

Différentes perspectives entrent en jeu dans le récit, se distinguent, s'opposent en contraste, s'articulent, convergent. Il s'agit de ce que les études récentes en narrativité appellent « le point de vue ». Point de vue des personnages du récit, mais aussi point de vue du narrateur : les uns et les autres sont maintenant plus facilement repérables, grâce aux études théoriques, notamment celles, en France, d'Alain Rabatel. Cet aspect de l'analyse narrative, à côté de l'étude de l'intrigue ou de la caractérisation des personnages, entre maintenant dans le champ des études bibliques, ce dont le colloque du RRENAB, qui s'est tenu à Paris en juin 2006, a voulu rendre compte.

Un colloque du RRENAB est construit sur un parcours de quelques grandes conférences et sur un travail des participants en « séminaires ». Une première grande conférence fut donnée par Alain Rabatel (CNRS), qui, après des indications théoriques, analyse le récit du combat entre David et Goliath, en 1 S 17, et met en évidence les points de vue en jeu dans la narration. Le rôle informationnel des perceptions est ainsi mis en avant, lesquelles perceptions (« point de vue ») doivent être analysées dans leur rapport avec les paroles et les actions. Rabatel termine la conférence en discutant les positions de M. Sternberg sur le narrateur biblique omniscient : la représentation des rapports entre l'homme et Dieu joue sur une tension entre transcendance et dépassement de soi.

Dans la seconde conférence, John Darr (Boston College), a élargi la question du point de vue en faisant valoir, à propos de l'éthique de l'Évangile de Luc, le poids du contexte socio-culturel du lecteur dans l'interprétation des récits ; on notera une intéressante discussion, avec R. C. Tannehill, sur l'interprétation du personnage des pharisiens dans le troisième évangile.

Jean-Pierre Sonnet (Bruxelles) a donné la troisième grande conférence sur « Les aspects narratifs et théologiques du point de vue dans la Bible hébraïque ». Lecteur assidu de M. Sternberg, il discute en quelque sorte avec A. Rabatel en ce qui concerne le point de vue de Dieu et celui du narrateur, tel qu'ils sont mis en place au début de la Genèse et se prolongent dans la tradition narrative biblique. Ce qui caractérise le récit biblique, c'est en premier lieu la différentiation des points de vue, mais aussi l'intrigue de leur possible convergence.

Il est difficile de rendre compte de l'ensemble des dix séminaires du colloque, dont les interventions - plus courtes - sont réunies dans le volume. La richesse de ces apports est remarquable, on y glanera, selon son intérêt, des remarques ou des analyses qui témoignent de la fécondité de l'approche narrative. Donnons seulement trois exemples : Claire Clivaz (Lausanne) explicite l'énigmatique « Incroyants de joie » en Lc 24,41, Élian Cuvillier (Montpellier) suit « Le personnage de Judas dans l'évangile de Mathieu », André Wénin (Louvain) s'intéresse aux « personnages secondaires en Gn 12-50 ». Il y aurait bien d'autres apports à citer. Et notamment, les exposés ou les séminaires qui ont travaillé aux « marges » de la Bible, mais toujours selon la question du point de vue : ainsi celui sur « Point de vue et réécriture », avec la contribution de Vincent Sénéchal (ICP) sur Lv 10 ; ou le séminaire sur « Bible, littérature et mystique », avec l'exposé de Patrick Goujon (Centre Sèvres) sur les citations bibliques chez Jean-Joseph Surin.

L'ensemble présente un caractère technique assez marqué, certes. Au-delà de cette difficulté, la manière très ouverte d'aborder la question du point de vue au sein de l'approche narrative, la grande qualité des réflexions et la richesse des lectures de textes permettront au lecteur de cet ouvrage d'acquérir une plus grande sensibilité au style des écrits bibliques. Ce qui est sans prix. (Jean-Marie Carrière)
Niveau de difficulté : exigeant
 

Jean-Pierre Sonnet
Le chant des montées. Marcher à Bible ouverte
Paris, Desclée de Brouwer, 2008, 85 p., 10 €

La Bible raconte des départs, des voyages : Abraham, Moïse, Élie, Marie. C'est de cette expérience que l'auteur s'attache à rendre compte. Il le fait en voyageur et en poète. Dans son sac à dos, il a quelques passages qui lui sont nécessaires pour vivre et il nous dit pourquoi. Le « chant des montées » du titre est emprunté à un bref ensemble à l'intérieur du psautier qui accompagnait les pèlerinages à Jérusalem. J.-P. Sonnet aime cette ville et le pays d'Israël qu'il a sillonné à pied. Néanmoins, plus qu'un parcours dans le désert du Neguev ou sur les routes de Galilée, c'est à la lecture de la Bible qu'il nous invite. Là est le véritable pays à explorer, à habiter. Il sait y dénicher les sources et les puits qui l'attendent. Et, de cette eau, il tire sa joie. Sans parenté de style, il y a communauté d'approche avec un Erri de Luca, par exemple (voir C.E. 129, 2004, p. 123). Comme lui, il retient quelques versets, quelques récits marqués du sceau de l'urgence.

Ce petit ouvrage est ainsi composé de quatorze courts chapitres - comme des haltes au bord du chemin, avec autant de passages bibliques relus, récrits parfois, commentés de phrases ciselées et légères. On l'emportera en promenade, en retraite, pour le méditer. Ce livre spirituel d'un exégète ratera cependant son objectif s'il nous détournait d'ouvrir la Bible et d'y entrer, avec nos questions et notre poids d'humanité. Le dernier chapitre « Lire, c'est en effet marcher », plus qu'un compte-rendu d'expérience, est une profession de foi. Seul peut y répondre un acte de foi : lire. (Gérard Billon)
Niveau de difficulté : aisé

Et aussi

Guy BEDOUELLE, Annie NOBLESSE-ROCHER et collaborateurs
"La Bible lue au temps des Réformes"
Supplément au Cahier Evangile 146 (septembre 2008), 96 p., 11 €




Page suivante : Premier Testament 2008





© 2010 S.B.E.V. et ISCAM-production
Les textes, les cartes, dessins et images sont la propriété du Service Biblique catholique Evangile et Vie (S.B.E.V.), 8, rue Jean Bart - 75006 Paris, tél. 01 42 22 03 89.
La reproduction est autorisée à des fins non commerciales et à la condition de citer l'auteur (le cas échéant), le propriétaire (Service Biblique catholique Evangile et Vie) et le site (bible-service.net).


Nous contacter

Site réalisé sur plate-forme ISCAM-ICOLEIS (ICOLEIS SARL Lien externe)
Identifiez-vous

.



Ouvrages bibliques recensés en 2008



Généralités 2008



Premier Testament 2008



Nouveau Testament 2008


Page biblique


Jésus, nouveau législateur ?

Mise au point


Traduire la Bible en français

Pèlerinage maritime


En Méditerranée avec saint Paul

Anniversaire


1972-2012 : les Cahiers Evangile ont 40 ans !

Année liturgique B


Evangile selon saint Marc





Mentions legales popup